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La Russie quitte officiellement le traité Ciel ouvert

© Sputnik . Maxime Blinov / Aller dans la banque de photosLe Kremlin et le ministère russe des Affaires étrangères (archive photo)
Le Kremlin et le ministère russe des Affaires étrangères (archive photo) - Sputnik France, 1920, 18.12.2021
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N’ayant pas obtenu les garanties des pays membres du traité Ciel ouvert de ne pas transmettre de données de reconnaissance à Washington qui s’en est retiré en 2020, la Russie quitte officiellement le traité ce 18 décembre. Son intérêt risque de se détériorer en raison de la perte de 80% de sa couverture suite au retrait de Moscou et Washington.
Plus d’un an après le retrait des États-Unis du traité Ciel ouvert, la Russie l’a officiellement dénoncé ce 18 décembre. Cette décision a été prise après que les alliés de Washington, membres du traité, ont refusé de garantir que les données recueillies lors des vols de reconnaissance effectués au-dessus du territoire russe ne seraient pas transmises aux États-Unis.
La Russie a cependant "fait tout son possible" pour chercher des compromis, a souligné le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié le 18 décembre.
Par ailleurs, certains pays membres ont opté pour un soutien de leurs alliés au lieu de contribuer aux intérêts de la sécurité internationale, a pointé l’institution.
"Leur soutien au traité Ciel ouvert s’est cantonné à des déclarations stériles […]. Toutes ces circonstances ne nous ont pas laissé le choix. Elles ont conditionné la sortie de la Russie du traité. Nous ne pouvons pas et n’allons pas négliger les intérêts de la sécurité nationale."
Ministère russe des Affaires étrangères
Moscou a également estimé que l’efficacité du traité allait drastiquement chuter, la zone de sa couverture diminuant de 80% environ. Elle a toutefois fait preuve de son estime envers les États signataires ayant pris la décision d’y rester et leur a souhaité de mener un travail constructif et fructueux. La responsabilité de la détérioration du fonctionnement du traité a été totalement imputée à Washington.
Acté sur "un faux prétexte", ce retrait a été qualifié en 2020 par la diplomatie russe d’une "autre étape de démantèlement de l’architecture de sécurité internationale". Auquel s’ajoute le retrait américain de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien en 2018 et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) en 2019.
Signé en 1992, le traité Ciel ouvert octroie aux États signataires le droit de survoler la totalité du territoire des États parties pour surveiller leurs activités militaires. Washington l’a ratifié en 1993, Moscou en 2001. Avec leur retrait, il compte désormais 32 États parties dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, la Turquie, ainsi que d’autres pays européens.

Accusations de Washington

Annonçant en mai 2020 leur retrait du traité, les États-Unis avaient accusé la Russie de ne pas le respecter. Parmi les accusations formulées qui ont été rejetées par la Russie, figure son refus d’autoriser les vols d’observation dans la zone de dix kilomètres le long de sa frontière avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, des régions considérées par Washington comme faisant partie de la Géorgie.
Pour sa part, Moscou a plusieurs fois rappelé qu’il reconnaît leur souveraineté depuis 1992 et le postulat du traité selon lequel les vols d’observation sont interdits à une distance de moins de 10 kilomètres des frontières des États non signataires du traité Ciel ouvert, comme c’est le cas de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
Washington avait également manifesté son mécontentement concernant la restriction mise en place par Moscou sur la portée des vols au-dessus de la région de Kaliningrad, exclave russe en Europe, limitée à 500 kilomètres.
En réponse à cette revendication, la Russie a fait valoir que ce régime de vols était identique à celui introduit par les États-Unis pour l’Alaska. En outre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait noté que toutes les restrictions permettaient toutefois aux partenaires occidentaux de la Russie de "couvrir 90% du territoire de la région de Kaliningrad".

Retrait des deux pays

La participation de Washington au traité Ciel ouvert a pris officiellement fin le 22 novembre 2020, six mois après son annonce faite par Donald Trump. Une dizaine de pays dont la France l’ont regretté.
Un mois plus tard, le ministère russe des Affaires étrangères avait envoyé aux pays participants au traité une note sur la nécessité d’octroyer à la Russie avant le 1er janvier 2021 des garanties de non-transfert de l’information obtenue au cours des vols de surveillance aux États ne faisant pas partie du traité.
L’institution leur a également demandé de confirmer la possibilité d’effectuer sans obstacle des vols de surveillance russes au-dessus de leurs territoires, sites militaires américains compris au sein des pays membres.
En l’absence d’accords avec ceux-ci, la Russie a entamé en janvier 2021 la procédure de sortie ayant abouti à la signature d’une loi correspondante en juin par Vladimir Poutine. Faisant le bilan de sa participation au traité, Moscou a fait état de 646 missions d’observation, un nombre record en comparaison avec celles effectuées par tous les pays membres. La Russie a accepté 449 vols réalisés au-dessus de son territoire sur un total de 1.580 vols accomplis dans le cadre du traité.
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