Votre inscription a été enregistrée avec succès!
Merci de cliquer sur le lien envoyé par courriel sur

Prix, offre, retards: Trenitalia pourra-t-elle s’imposer face au TGV?

Chemin de fer - Sputnik France, 1920, 18.12.2021
S'abonner
Ce samedi 18 décembre, le réseau ferré à grande vitesse français voit le Frecciarossa italien briser le monopole de la SNCF avec ses TGV. L’opérateur italien qui a réorganisé son offre commerciale ces derniers mois va-t-il réussir son pari?
Aujourd’hui, Trenitalia entre dans l’histoire ferroviaire française pour la deuxième fois. Il y a 10 ans, le 11 décembre 2011, Trenitalia faisait parler d’elle via sa filiale Thello en ouvrant sa ligne de trains de nuit entre Paris et Venise, mettant ainsi fin au monopole de la SNCF sur les trajets internationaux. Cette fois-ci, la compagnie transalpine s’attaque au secteur des trains à grande vitesse en proposant des trajets entre Paris et Lyon en Frecciarossa, le TGV italien. Et pour montrer sa volonté de s’imposer, Trenitalia peut compter sur son matériel roulant. Si lors de la période Thello elle s’était appuyée sur les vieillissants trains Intercity Notte ayant servi de longues années sur le réseau ferré de nuit transalpin, on aurait pu penser la voir utiliser les ETR 500 (Electro Train Rapide) de seconde génération produits par AnsaldoBreda (aujourd’hui Hitachi Rail Italy) qui ont été mis en service sur le réseau ferré italien entre 2006 et 2008. Il n’en sera rien puisque les modernes ETR 1000 de dernière génération, produits conjointement par Hitachi Rail Italy et Bombardier circuleront sur le réseau à grande vitesse français. Il faut noter que ce train circulera également en Espagne via la filiale Iryo, à partir de 2022 entre Madrid et Barcelone.

Quelle offre est proposée par Trenitalia?

Pour le moment, l’offre proposée par Trenitalia concerne la ligne Paris-Milan. Elle se compose de deux allers-retours quotidiens avec des arrêts à Lyon, Chambéry, Modane et Turin. Le directeur de Trenitalia France Roberto Rinaudo a assuré auprès de Franceinfo que l’offre sera complétée courant 2022.
"Notre objectif est de renforcer cette offre avec trois allers-retours additionnels entre Paris et Lyon. Ce développement est prévu le plus tôt possible, normalement, dans la première moitié de l'année 2022."
Trois classes seront proposées avec des niveaux de service allant crescendo en qualité. Si la classe dite "Standard" propose le Wi-Fi et un accès à la restauration à bord, les classes supérieures proposent des services inédits. La classe "Business" propose une place dans un large fauteuil en cuir avec une collation offerte. Enfin la classe "Executive" propose uniquement dix places, mais avec un fauteuil inclinable et pivotable avec le service restauration en open-bar. Il faut ajouter que ces derniers clients auront accès à une salle de réunion à bord du train qui dispose de tous les appareils d’une salle de réunion classique, ce qui en fait la particularité de ce train.
Trenitalia précise par ailleurs sur son site que les classes "Standard" et "Business" se divisent chacune en deux sections pour s’adapter au mieux à tous les publics. Pour les plus bruyants, des voitures dites "Allegro" permettront aux voyageurs de communiquer librement avec leur famille et leurs amis tandis que des voitures "Silenzio" seront destinées aux publics désirant voyager dans le silence.

Quels prix attendent les voyageurs?

Sur son site, Trenitalia propose un prix d’appel de 23€ en classe "Standard" et de 29€ en classe "Business". Or, lorsque l’on consulte le site de la compagnie ferroviaire, les tarifs sont autres. En effet, la compagnie transalpine propose un tarif à partir de 49€ pour le trajet inaugural du 18 décembre à 7h34, tandis que pour le train de 15h16, il faudra débourser 39€. Pour pouvoir se rendre à Milan, il faut payer 69€ pour le trajet inaugural et 49 € pour le second train de la journée. Par conséquent, pour pouvoir bénéficier du tarif d’appel à 29€, il va falloir réserver en avance et descendre à Lyon Part-Dieu. Par exemple, le train du 30 décembre qui part de Paris à 7h26 propose un tarif à 29€ au moment où ces lignes sont écrites.

Des retards à l’ordre du jour?

Il faut noter que la compagnie transalpine est coutumière des retards dans son pays. En 2018, Trenitalia a vécu une année noire avec 61,1% des trains étant arrivés à l’heure ou ayant connu un retard inférieur à cinq minutes contre 67,4% en 2017 selon Il Sole 24. On peut remarquer que ce chiffre est en constante baisse puisqu’en 2014, ce même taux de ponctualité atteignait 72%. C’est dans ce contexte que le nouvel administrateur de Trenitalia, Gianfranco Battisti, a exigé auprès de RFI (Réseaux ferrés italiens) des mesures pour endiguer ce phénomène. Parmi les mesures, une refonte des horaires et le report des travaux de manutention sur les lignes ont été mis en place. Si les résultats ont semblé commencer à porter leurs fruits en janvier 2019 avec un taux de ponctualité remonté à 63%, on ne dispose pas de données suffisantes pour l’année 2020. En effet, Trenitalia n’a pas rendu public le pourcentage de ponctualité des trains à l’arrivée.
Dans son rapport sur la qualité des services de l’entreprise en 2020, on peut constater que les retards de plus de 5 minutes impliquant les trains internationaux au départ étaient de 20% contre 23% en 2018 selon un rapport interne publié cette même année . Quant aux retards à l’arrivée, 98,5% étaient inférieurs à une heure pour un retard moyen de 7,5 minutes. En 2018, ce chiffre était similaire avec 98,3% de trains accusant des retards de moins d’une heure pour un retard moyen constaté de 7,7 minutes. Il faut par ailleurs préciser que les suppressions de trains en Italie sont fréquentes. En 2020, Trenitalia a enregistré 8,3% de trains internationaux supprimés alors que 6,3% des trains à moyenne et longue distance ont connu le même sort. Cela s’est fait ressentir par ailleurs sur le taux de satisfaction des clients qui affiche 79% en matière de ponctualité. Cependant, il faut prendre en compte la crise du Covid-19 qui a affecté ces chiffres puisque lors de l’année 2018, l’entreprise n’a connu que 1,68% de trains internationaux supprimés ainsi que 0,76% sur les trains à longue et moyenne distance.
Un nouvel opérateur italien à qui Pierre Farandou, PDG de la SNCF, a souhaité la bienvenue le 15 décembre dernier au Sénat. Pendant ce temps, Trenitalia a préparé dans ses ateliers de Naples une livrée spéciale pour le lancement de sa ligne en France.
Fil d’actu
0
Les plus récents d'abordLes plus anciens d'abord
loader
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала