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Le retrait français du Mali pourrait booster le terrorisme, alerte la Russie

© AP PhotoForce Barkhane au Mali
Force Barkhane au Mali - Sputnik France, 1920, 27.12.2021
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Le Kremlin s’attend à une recrudescence d’activités terroristes au Mali suite au désengagement de l’armée française. Une violence que les autres forces régionales auront sans doute du mal à endiguer.
Alors que le Mali a tenté de clore la polémique sur la présence d’une société militaire privée russe sur son sol, Moscou s’inquiète de son côté de l'après-Barkhane. Le retrait militaire français, annoncé en juin dernier, pourrait en effet déboucher sur un déferlement de violences, a averti Piotr Ilitchev, directeur du département des organisations internationales du ministère russe des Affaires étrangères.
"La clé du renforcement de la sécurité au Sahel réside au Mali. Mais la réduction progressive de l'opération Barkhane par Paris, accompagnée du retrait de l'armée française de trois bases militaires de Tessalit, Kidal et Tombouctou, pourrait provoquer une recrudescence des activités terroristes dans le pays", a ainsi déclaré le responsable à Sputnik.
Les forces conjointes du G5 Sahel, organisation réunissant plusieurs puissances régionales comme le Burkina Faso ou le Tchad, ne devraient pas être en mesure de repousser cette menace, a ajouté Piotr Ilitchev. La Task Force Takuba, émanation de l’Union européenne, pourrait elle aussi être débordée.
Il faut dire que le Mali reste l’un des théâtres les plus meurtriers pour les forces transnationales. Du côté de l’Onu, 28 Casques bleus ont ainsi été tués et 165 blessés en 2021 dans le cadre de leur opération de maintien de la paix, soit le plus lourd bilan depuis quatre ans.
L’avancée du terrorisme est par ailleurs facilitée par un contexte politique chaotique, dans un pays qui a connu deux coups d’État en un an, comme n’a pas manqué de le rappeler Piotr Ilitchev.
"Profitant de la faiblesse du pouvoir étatique, des problèmes politiques et socio-économiques internes, des contradictions interethniques, l'internationale terroriste multiplient les actions subversives", a expliqué le diplomate de haut rang.

Macron court après la montre

Malgré ce redéploiement de l’opération Barkhane, la France souhaite continuer à faire résonner sa voix dans le concert diplomatique. Mais le climat entre Paris et Bamako n’a jamais semblé aussi délétère. Attendu dans la capitale malienne le 20 décembre, Emmanuel Macron y a annulé sa visite, officiellement en raison du contexte sanitaire.
Un déplacement avorté qui tombe au plus mauvais moment, la France étant engagée dans une "course de vitesse" pour doubler la Russie dans la région, comme l’expliquait récemment à Sputnik Emmanuel Desfourneaux, directeur de l'Institut afro-européen de Paris.
"La France s'est trop investie militairement et ne souhaite pas laisser ce pays entre les mains des Russes. Ce serait d'ailleurs un coup dur qui mettrait en cause sa présence militaire au Sahel et plus particulièrement dans les pays du G5", déclarait ainsi l'analyste.
Emmanuel Macron comptait notamment faire de l’Afrique l’une des priorités de la présidence française de l’UE, qui démarrera le 1er janvier.
Le chef d’État français est également pressé par les prochaines échéances électorales. Plusieurs candidats à la présidentielle ne l’ont d’ailleurs pas attendu pour se positionner sur la crise au Sahel.
Ce 23 décembre, Éric Zemmour s’est ainsi rendu sur une base des forces françaises de Côte d'Ivoire, manifestant son soutien aux soldats français déployés à l’étranger, en particulier à ceux de l’opération Barkhane. Une visite qui n’a d’ailleurs pas été du goût du ministère des Armées.
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