Les non-vaccinés ne sont pas prêts à se laisser "emmerder" par Macron

© SputnikManifestation devant le Sénat contre la vaccination obligatoire, 12 octobre 2021
Manifestation devant le Sénat contre la vaccination obligatoire, 12 octobre 2021 - Sputnik Afrique, 1920, 05.01.2022
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En plein débat parlementaire sur le pass vaccinal, Emmanuel Macron s’est permis de qualifier d’"irresponsables" les Français n’ayant toujours pas reçu de sérum anti-Covid. Des propos jugés "lunaires" par les premiers concernés.

"Je suis maintenant dans l’état d’esprit où j’ai envie d’écrire à l’Élysée afin de leur demander si j’ai le droit de ne plus payer l’URSAFF de mes salariés, les charges de mon entreprise, etc., vu que je ne suis plus un citoyen."

Paul, un entrepreneur basé dans l’Yonne (89), n’en croit toujours pas ses oreilles: dans une interview donnée au Parisien, Emmanuel Macron a déclaré avoir envie d’"emmerder" les non-vaccinés, en "limitant pour eux, autant que possible, l’accès aux activités de la vie sociale". "Et donc on va continuer de le faire jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie", a-t-il avoué. Le chef de l’État est d’ailleurs allé beaucoup plus loin en estimant que les non-vaccinés étaient des "irresponsables". "Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen", a argué Emmanuel Macron.
Au micro de Sputnik, Carmen, une jeune francilienne de 26 ans, s’insurge contre cette accusation. Elle fait valoir que pour continuer à mener une vie sociale, les non-vaccinés "se font tester tout le temps, contrairement aux vaccinés". De son côté, Paul ne décolère pas. L’Icaunais juge les propos du Président tout simplement "lunaires".

"C’est incroyable qu’un Président puisse se permettre de dire des choses pareilles. Qu’il aille au bout de ses convictions: soit il oblige à la vaccination, soit il se tait", fustige le quadragénaire.

Dans le cas où cette sortie médiatique serait un calcul politique, la stratégie du chef de l’État pourrait ne pas avoir les effets escomptés. "J’étais déjà très ancré dans l’idée de ne pas me faire vacciner à cause de la propagande gouvernementale et des effets secondaires que l’on peut constater autour de nous, là c’est rédhibitoire", confesse Marc-Antoine, 61 ans, habitant dans la région Bourgogne–Franche-Comté.

Un non-vacciné n’est "plus un citoyen"

Une position que partage Carmen. Si la Francilienne souligne en effet qu’elle n’a "pas doute que le vaccin serve à prévenir contre les cas graves et protège les personnes âgées et à risque", reste qu’elle s’interroge également sur les effets secondaires. "Autour de moi, j’ai des connaissances, la trentaine, qui ont eu des réactions après l’injection, donc je ne sais pas comment mon corps va réagir", précise la jeune femme. Des craintes que le gouvernement aurait pu dissiper après un an de campagne de vaccination, sauf que Carmen indique qu’elle ne "fait pas confiance à l’État", notamment à cause de "toute la communication qui est faite autour du Covid-19".
L'Assemblée Nationale - Sputnik Afrique, 1920, 05.01.2022
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Pourtant, tous nos interlocuteurs ont déjà eu le Covid-19, parfois à plusieurs reprises et à des niveaux plus ou moins graves. Ces expériences pourraient-elles les pousser à la vaccination? Rien n’est moins sûr, concède Paul. "Je l’ai attrapé en décembre dernier, j’ai eu un peu de fièvre, ça m’a couché une journée. Mais j’ai eu une grippe avant, en comparaison j’ai beaucoup plus souffert de la grippe, donc me faire vacciner ne m’a même pas effleuré l’esprit", se remémore-t-il.

Les propos de Macron "rédhibitoires"

"J’ai eu deux fois le Covid. Une première fois en décembre 2020, j’ai ressenti de la fatigue et j’ai perdu le goût et l’odorat, mais rien de bien méchant", assure Carmen. "Quant à la seconde, j’ai été aussi très fatiguée, j’ai aussi fait une crise d’angoisse, car je craignais une embolie pulmonaire", détaille la jeune femme. Cependant pour elle aussi, hors de question de se faire inoculer dans un futur proche.

"Comme j’ai eu le Covid, j’ai encore quelques mois de sursis afin de voir si les mesures vont s’alléger", glisse la Francilienne. "Par ailleurs, mon corps a déjà réussi à développer des anticorps naturels, donc je ne vois pas pourquoi je m’injecterais le vaccin."

"Dès lors qu’il y a un traitement qui fait l’affaire, je pense que le vaccin n’est pas nécessaire", affirme Marc-Antoine. Il explique que lors de sa deuxième contamination, en mai 2021, où il a eu des détresses respiratoires importantes, "j’ai pu suivre immédiatement ou presque le traitement à base d’Ivermectine et Azithromycine et cela m’a guéri en 48 h", certifie le sexagénaire. Un protocole d’ailleurs suivi par Nicolas Dupont-Aignan, comme il le déclarait sur son compte Facebook. "En quelques jours, j’étais remis sur pied, grâce aux soins précoces qui, malheureusement, ne sont pas à la portée de tous les Français, car il n’y a que certains médecins qui les prescrivent", a assuré le président de Debout la France le 20 décembre dernier.
Néanmoins, ces deux médicaments ne font pas l’unanimité dans la communauté scientifique pour lutter contre le Covid-19. À l’image de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a mis en garde contre l’usage de l’ivermectine à tous les stades de l’infection au coronavirus, excepté pour des essais cliniques.
Au-delà de leurs appréhensions, la coercition que devrait exercer le pass vaccinal, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, finira-t-elle par les pousser dans leurs derniers retranchements? Paul et Marc-Antoine sont catégoriques: leur position ne bougera pas d’un iota. Carmen, elle, prévient que dans son cas, "cela va être difficile" de résister:

"Ils nous emmerdent bien, cela fonctionnera. Si je n’avais pas eu le Covid-19, j’aurais fini par me faire vacciner, parce que je dois prendre le train, l’avion, c’est compliqué."

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