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Le projet SCAF prêt à redécoller? Un prototype de moteur à l’essai

© AFP 2021 ERIC PIERMONTMaquette grandeur nature du Système de Combat Aérien Futur (SCAF-FCAS)
Maquette grandeur nature du Système de Combat Aérien Futur (SCAF-FCAS) - Sputnik France, 1920, 12.01.2022
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Le programme du futur avion de chasse européen (SCAF) a pris un peu plus de consistance avec l’essai d’un prototype de moteur, selon la Direction générale de l’armement. Les errements politiques continuent néanmoins de handicaper le projet.
Toujours tiraillé entre les intérêts français et allemand, le projet européen du SCAF (système de combat aérien du futur) s’est offert une bouffée d’oxygène avec l’essai d’un prototype de moteur pour son avion de combat.
Un "essai unique, de haute technicité" a en effet été réalisé sur ce qui pourrait devenir le moteur du nouveau chasseur européen, annonce la Direction générale de l’armement (DGA) dans un communiqué. C’est l’aboutissement de cinq ans de développement.
Le moteur testé est dérivé de celui du Rafale. L’essai en question portait sur des critères thermiques. Il a nécessité l’emploi d’une peinture thermosensible, appliquée sur les aubes de la turbine. Ses changements de couleur permettent de mesurer la température et donc de dresser la "cartographie thermique" du moteur. Un procédé délicat et rarement mis en œuvre, d’après la DGA.
"Cette peinture est très fragile: par sa composition, elle ne peut subir qu’une seule sollicitation thermique. Ensuite, elle perd ses propriétés. Par conséquent, ce type d’essai est très rare; le dernier en date à DGA Essais propulseurs remonte à l’année 2010", explique la direction dans son communiqué.
Le programme a été dirigé par le groupe Safran. D’autres essais doivent avoir lieu pour éprouver la fiabilité et la durée de vie de ces aubes de turbine en leur infligeant notamment un vieillissement accéléré.

Lutte d’influence

Malgré ses avances technologiques, l’avenir du SCAF reste incertain. Depuis plusieurs mois, le projet pâtit d’une lutte d’influence entre Berlin et Paris. L’Allemagne souhaite entrer dans le secret des brevets français, ce qui hérisse le poil de Dassault, en pointe sur le projet, avec Safran et Thales.
En juin dernier, la presse allemande avait d’ailleurs jeté un pavé dans la mare en dévoilant deux rapports de la Bundeswehr mettant en cause le "positionnement trop fort" de la France sur le projet et suggérant un rééquilibrage dans le leadership.
Un accord avait malgré tout été signé en août, entre Paris, Berlin et Madrid, pour engager 3,6 milliards d'euros dans la prochaine phase du projet, s’étendant jusqu’en 2024. Cinq milliards supplémentaires doivent être alloués à l’horizon 2027, alors que le programme ne devrait pas être finalisé avant 2040.
Dernièrement, la potentielle acquisition de F-35 américains par l’Espagne et l’Allemagne, en vue notamment de perpétuer le parapluie nucléaire de l’Otan, a encore mis du plomb dans l’aile au programme SCAF.
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