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Deliveroo contraint de s’expliquer après la mort d’un mineur à Lille

Lille - Sputnik France, 1920, 13.01.2022
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La mort d’un cycliste de moins de 18 ans équipé d’un sac de livraison Deliveroo à Lille pose de nouveau question sur les pratiques de travail dissimulé auprès des plateformes de livraison. L’entreprise affirme que le mineur ne pouvait pas travailler pour elle.
Un accident tragique est survenu le 11 janvier à Lille: un cycliste mineur s’est fait écraser par un poids lourd. Selon 20 minutes, l’adolescent avait 16 ans; d’après La Voix du Nord, 17 ans. La victime portait un sac de Deliveroo.
L’accident s’est produit au moment où le camion était dans une file de voitures à l’arrêt. Au moment de redémarrer à petite vitesse, il aurait écrasé le vélo, sans le voir. Le conducteur du camion a été placé en garde à vue. D’après La Voix du Nord, aucune trace d’alcool n’a été trouvée dans son sang.

"On n’autorise pas le travail des mineurs", insiste pour sa part Deliveroo, contacté par 20 minutes, sans donner plus de détails.

L’entreprise indique avoir "pris attache avec les enquêteurs".

Piste d’un livreur fantôme?

Bien qu’il n’y ait pas d’information officielle sur le sujet, il n’est pas exclu que la victime ait pu faire partie de livreurs fantômes, c’est-à-dire quand des comptes officiels sont "prêtés" à des tiers non déclarés.

"La plupart des livreurs travaillant de cette manière sont sans papier, précaires. Il y a aussi beaucoup de mineurs et ce n’est pas nouveau", déplore Édouard Bernasse, secrétaire général du Collectif des livreurs autonomes de plateformes (Clap) auprès de 20 minutes.

Il explique que dans ce cas, le titulaire du compte prend une commission de 30% ou plus sur le montant des courses et reverse le reste au livreur fantôme.

Moyens de lutter

Bien qu’Uber, Deliveroo et Stuart s'engagent à ne faire travailler que des autoentrepreneurs de 18 ans et plus, plusieurs témoignages les contredisent.

"Tout le monde fait ça. Dans mon groupe de potes, on est quatre ou cinq à avoir commencé à 15 ou 16 ans", témoignait déjà en 2019 le jeune livreur Abdel, croisé par Libération dans le XXe arrondissement de Paris.

C’est justement pour lutter contre ce phénomène que le ministère du Travail et des Transports a tenu en septembre 2021 une réunion avec les plateformes de livraison comme Frichti, Deliveroo, Stuart ou encore Uber Eats. Les entreprises ont proposé plusieurs actions, dont la reconnaissance faciale, déjà utilisée par Uber Eats, ou les contrôles de données bancaires des coursiers. Les plateformes ont également avancé une "charte d'engagement" intégrant des actions communes de lutte contre les fraudes.

"Réalité de ce monde"

Le drame a engendré de vives réactions sur les réseaux sociaux.
"Deliveroo, que faisait un mineur à livrer l'une de vos commandes?", interroge le Collectif des livreurs autonomes de plateformes (Clap).
"Deliveroo devra s'expliquer: comment un mineur a-t-il pu s'inscrire sur cette plateforme? L'exploitation de mineurs et de sans-papiers, c'est la réalité de ce monde", lance quant à lui Julien Poix, conseiller régional dans les Hauts-de-France.
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