"D.J. Jean-Mi gère les platines": appels à la démission de Blanquer suite à ses vacances à Ibiza

© AP Photo / Kamil Zihnioglu Jean-Michel Blanquer
 Jean-Michel Blanquer - Sputnik France, 1920, 18.01.2022
Plusieurs responsables politiques et syndicats d’enseignants réclament la démission du ministre de l’Éducation nationale qui d’après les révélations de Mediapart se trouvait en vacances à Ibiza lorsqu'il a dévoilé, au dernier moment, le nouveau protocole sanitaire pour les écoles jugé très complexe. Le ministère tente de s’expliquer.
Rentrée compliquée pour Jean-Michel Blanquer. Le protocole sanitaire annoncé par le ministre au dernier moment le 2 janvier, puis ses multiples adaptations, suscitent l’incompréhension des enseignants. Une situation qui s’est envenimée quand le 17 janvier Mediapart a révélé qu’au moment de l’annonce des nouvelles règles sanitaires pour la rentrée des classes, le ministre se trouvait en vacances à Ibiza.
Le protocole en question a été dévoilé par Blanquer dimanche 2 janvier dans une interview au Parisien, soit au dernier jour des vacances scolaires, dont des mesures ont été jugées comme étant inapplicables par plusieurs directeurs, enseignants et parents, notamment le parcours de dépistage des élèves en cas de Covid-19 dans la classe. Les écoles n’ont pas eu assez de temps pour se préparer. Puis, le 7 janvier, le protocole a été assoupli par le ministre, avant que, le 10 janvier, un nouvel ajustement soit annoncé par Jean Castex. Ainsi, en à peine une semaine depuis la rentrée, les règles ont changé trois fois. Cette énième adaptation a poussé les fonctionnaires de l’Éducation nationale à faire grève le 13 janvier.

Explications du ministère

Suite à ces révélations, le ministère a apporté des précisions. Début janvier, Jean-Michel Blanquer était "dans un cadre privé pour quatre jours de vacances", précisait-il le 17 janvier à l’AFP, ajoutant que le fait de donner une interview au Parisien en visio "n'a rien d'extraordinaire".
Quant au court laps de temps entre les annonces et la rentrée des élèves, le ministère a renvoyé la balle au Haut conseil à la santé publique qui "a rendu son avis le dimanche à 17h00, le protocole est décidé dans le cadre général et il a ensuite été décliné pour les écoles".

"Qu'il [Jean-Michel Blanquer] ait été à distance ou pas ne change rien", insiste le ministère de l’Éducation nationale.

Le ministre n’a pour sa part pas encore réagi.

Appels à la démission

Plusieurs responsables politiques réclament depuis la démission de Jean-Michel Blanquer.
C’est le cas du candidat écologiste Yannick Jadot qui reproche au ministre l’organisation d’"un coup médiatique les pieds dans le sable".
"Le niveau d’impréparation sur les protocoles remet en cause sa fonction", ajoute-t-il dans un autre tweet. Le 13 janvier, le jour de la grève des enseignants, l’écologiste a évoqué "le mépris affiché par le ministre Blanquer vis-à-vis des enseignants, des parents d’élève et des élèves".
Florian Philippot, chef de file des Patriotes et candidat à l’élection présidentielle, ainsi que François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine et également candidat, demandent eux aussi la démission du ministre.
La candidate socialiste et maire de Paris Anne Hidalgo ne compte pour sa part pas exiger sa démission, mais elle dénonce la "désivolture et la légèreté" de Jean-Michel Blanquer.

"Il a le droit de prendre des vacances, mais c'est vrai que c'est très désinvolte. En plus, ce protocole qu'il a écrit, rédigé, adressé un dimanche soir, la veille de la rentrée, sans que personne ne soit prévenu ou associé en amont, apprendre qu'il le fait depuis Ibiza, voilà la légèreté avec laquelle il traite sa fonction, les enseignants et les parents d'élèves", lâche-t-elle ce 18 janvier sur LCI.

Le porte-parole de la campagne de la candidate Valérie Pécresse, Othman Nasrou, estime que le ministre de l’Éducation doit "s’expliquer sur les circonstances et les raisons de ce fiasco".

"D.J. Jean-Mi"

Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale ainsi que plusieurs députés LFI ont joint la demande de démission, parfois avec humour.
Des syndicats des enseignants ont également réagi. La CGT-Éduc’ation a ironisé sur le "49-ème protocole dans l’Éducation nationale", qualifiant le ministre de D.J. qui "gère les platines" à Ibiza. Enfin, la Confédération nationale des travailleurs-Solidarité ouvrière (CNT-SO) a rappelé qu’une nouvelle journée de grève des enseignants est prévue ce 20 janvier.
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