Une Polonaise enceinte de jumeaux meurt après qu’un avortement lui a été refusé

© Sputnik . Alexeï Vitvitski / Aller dans la banque de photosDes manifestantes contre la législation anti-IVG en Pologne, à Varsovie, le 8 mars 2021
Des manifestantes contre la législation anti-IVG en Pologne, à Varsovie, le 8 mars 2021 - Sputnik France, 1920, 27.01.2022
Des médecins ont refusé de mettre un terme à la grossesse d’une Polonaise de 37 ans, qui venait pourtant de perdre le premier de ses jumeaux. La jeune femme a finalement perdu le second, avant de décéder.
Alors qu’Emmanuel Macron veut profiter de la présidence française pour inscrire l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, en Pologne la situation continue d’interroger.
Alors que le pays a serré la vis en matière d’IVG, une autre Polonaise a trouvé la mort après qu’un avortement lui a été refusé. Agnieszka, jeune femme de 37 ans, était enceinte de deux jumeaux, a expliqué sa famille dans un message Facebook.
Elle avait été admise à l’hôpital de Czestochowa, après s’être plainte de douleurs abdominales et de vomissements. Les médecins se sont d’abord voulus rassurants, lui affirmant qu’une grossesse gémellaire entraînait parfois ce genre de complications.
Mais le 23 décembre, les examens ont révélé que son premier jumeau était décédé. Les soignants ont alors refusé d’enlever le fœtus mort, conformément à la loi polonaise, attendant de voir comment évoluait l’autre.
"Ils ont attendu que les fonctions vitales de l'autre jumeau s'arrêtent d'elles-mêmes. Agnieszka a porté un enfant mort dans son utérus pendant encore sept jours. La mort du deuxième des jumeaux n'est survenue que le 29 décembre 2021", explique ainsi le communiqué de la famille.
Le cauchemar s’est alors poursuivi, puisqu’il a fallu attendre encore deux jours pour extraire les deux fœtus morts. La jeune femme a finalement contracté une septicémie et son état a empiré dans les semaines suivantes, nécessitant un transfert vers un autre hôpital. Elle est finalement décédée le 25 janvier.
Sa famille accuse aujourd’hui le gouvernement polonais d’avoir "du sang sur les mains", critiquant également le Tribunal constitutionnel et les responsables politiques ayant durci la législation sur l’avortement.
En France, l’eurodéputée Manon Aubry a évoqué la mort de la jeune femme de 37 ans, accusant l’Union européenne d’être "impuissante" à protéger les droits des femmes.

Situations polonaise et européenne

En janvier 2021, le Tribunal constitutionnel polonais avait rendu un arrêt interdisant l'interruption volontaire de grossesse en cas de malformation grave du fœtus. L’avortement s’est de fait restreint aux grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste. La mesure avait entraîné une série de manifestations dans le pays.
En novembre, les mobilisations avaient été relancées après le décès d’une autre femme enceinte, porteuse d’un fœtus malformé. Le gouvernement polonais avait également été critiqué pour avoir proposé des "chambres à pleurer", à destination des femmes enceintes, peu après l’arrêt du Tribunal constitutionnel.
Ce 18 janvier, l’élection à la tête du Parlement européen de la Maltaise Roberta Metsola, connue pour ses positions anti-IVG, avait également ravivé les débats sur le droit à l’avortement.
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