Restrictions Covid: "On a divisé la population entre les bons Canadiens et les mauvais"

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Administration d'un vaccin (image d'illustration) - Sputnik France, 1920, 29.01.2022
Un convoi de chauffeurs routiers canadiens contre la politique sanitaire se dirige vers la capitale. Un "moment tournant" de la crise du Covid, selon Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada.
Cela pourrait bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase et causer un déluge de problèmes à Justin Trudeau. Jusqu’au 15 janvier, les camionneurs qui transportent des aliments et des marchandises vers et à travers le deuxième plus grand pays du monde, étaient autorisés à traverser la frontière américano-canadienne sans avoir besoin d’être entièrement vaccinés.
Mais d’un trait de plume, le cabinet Trudeau a imposé une quarantaine de deux semaines et un test PCR à tous les camionneurs canadiens non vaccinés qui rentrent au pays de l’érable. De plus, les chauffeurs routiers étrangers –américains, mexicains ou autres– non ou partiellement vaccinés sont désormais refoulés à la frontière et renvoyés aux États-Unis, confirme l’Agence des services frontaliers du Canada.
Maintenant, les camionneurs contre-attaquent avec le "Convoi pour la liberté 2022". De partout dans le pays, des milliers de chauffeurs routiers se sont rassemblés pour converger à Ottawa les 28 et 29 janvier. Ils exigent la fin de l’obligation vaccinale et des restrictions sanitaires à l’échelle nationale et prévoient de rester en place jusqu’à ce que leurs demandes soient satisfaites.
Un camion - Sputnik France, 1920, 27.01.2022
Ottawa se prépare à l’arrivée de milliers de camionneurs contre l’obligation vaccinale - vidéo
Actif sur les réseaux sociaux, le groupe a jusqu’à présent recueilli un total de 5,1 millions de dollars canadiens auprès de donateurs du monde entier via la plateforme GoFundMe. Des fonds destinés à compenser les frais de déplacement des camionneurs inscrits au convoi et dont le reliquat sera reversé à une association d’anciens combattants, expliquent les organisateurs.
Maxime Bernier, ancien ministre canadien des Affaires étrangères et de l’Industrie, chef du Parti populaire du Canada, considère la manifestation de ce week-end comme un point marquant dans l’histoire de la pandémie au Canada: "Cela ne réglera pas tout, mais ce n’est pas un mouvement égoïste, c’est pour mettre fin à l’ensemble des mesures draconiennes mises en place":
"Les sondages démontrent que la population en a marre. Les camionneurs vaccinés sont solidaires des camionneurs non vaccinés. Trudeau essaie de jouer avec les chiffres et de dire que c’est un mouvement de dissidents non responsables, mais ce n’est pas du tout la réalité et je pense qu’il va s’apercevoir de cela ce week-end à Ottawa."
Malgré le passeport vaccinal, qui devait permettre aux gens de retrouver leur "vie d’avant", de nombreux lieux comme les restaurants ou les salles de sport restent fermés. Et des conditions particulières s’appliquent maintenant aux non-vaccinés même sur les biens dits "essentiels".
"Dans les grandes surfaces comme Walmart où il y a une section pharmacie, une personne non vaccinée sans passeport vaccinal doit aller dans une file spéciale. Un employé doit venir et lui demander pourquoi il veut aller chez Walmart. La personne a seulement le droit d’aller dans la section pharmacie et on va l’escorter", constate Maxime Bernier, soulignant l’absurdité de la situation.
Le chef du Parti populaire du Canada caractérise la politique du gouvernement fédéral de "ridicule":
"Au tout début de la pandémie, les camionneurs étaient des travailleurs dits essentiels. On avait fermé les frontières entre le Canada et les États-Unis dès le début de la pandémie, mais les camionneurs pouvaient passer et ils n’étaient pas vaccinés. Maintenant que l’on a un variant beaucoup moins dangereux, on dit à ces chauffeurs routiers qu’ils sont un danger public pour la population s’ils ne sont pas vaccinés. Pourtant ils sont seuls dans leur camion et ils ne rencontrent pas la population."
L’ancien ministre canadien se veut quand même optimiste, il estime que "le bon sens commence à dominer au Canada":
"Ces derniers mois, on a divisé la population entre les bons Canadiens (ceux qui sont vaccinés) et les mauvais (ceux qui ont décidé de garder leur libre choix de ne pas se faire vacciner). On a discrédité ces gens-là. Maintenant, on sent que le discours politique commence à changer un peu car la tendance dans les sondages change."
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