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Macron lorgne-t-il vers la droite en soutenant les écoles chrétiennes d'Orient?

© AFP 2022 LUDOVIC MARIN Emmanuel Macron en visite dans une église de Mossoul
 Emmanuel Macron en visite dans une église de Mossoul - Sputnik France, 1920, 03.02.2022
Emmanuel Macron a annoncé doubler les fonds de soutien aux écoles chrétiennes du Moyen-Orient. Un geste non dénué d’opportunisme, à quelques mois des élections, selon certains.
Alors que les indices de sa prochaine entrée en campagne se multiplient, entre nouveau site Internet et affichages nocturnes, Emmanuel Macron tente de charmer l’électorat de droite. Le 1er février, le chef de l'État a notamment annoncé un doublement de l’aide au financement des écoles chrétiennes d’Orient, en partenariat avec l’association L’Œuvre d’Orient.
Un geste sans doute teinté d’arrière-pensées, alors que Valérie Pécresse et Éric Zemmour ont eux aussi évoqué le sort des chrétiens d’Orient ces derniers mois, se rendant d'ailleurs tous deux en Arménie.
Au-delà de l’action humanitaire, le Président tente donc de charmer une partie de l’électorat chrétien de droite, comme l’explique à France 24 Mihaela-Alexandra Tudor, maître de conférence en sciences de la communication et média à l'université de Montpellier.
"Le message d'Emmanuel Macron est conçu comme une contre-attaque face aux candidats de droite et d'extrême-droite. Il cherche à nourrir son bilan face aux discours très forts portés par l'extrême-droite sur la laïcité dans un contexte de risque d'attentats islamistes", souligne ainsi la spécialiste.
Les chrétiens d’Orient ayant été la cible de groupes comme Al-Qaïda* ou Daech*, ce soutien rentre aussi "en écho avec la lutte menée par l'État français contre le terrorisme et la défense de valeurs démocratiques", ajoute l’experte en communication.
Emmanuel Macron a par ailleurs remis la Légion d’honneur à Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’association L’Œuvre d’Orient, le 1er février. Le chef d’État avait déjà tenté quelques incursions en la matière, se rendant par exemple dans une église ravagée de Mossoul, en août dernier.
De son côté, Valérie Pécresse avait entrepris le voyage à Erevan fin décembre, visite que lui avait d’ailleurs reproché le Président azéri Ilham Aliyev. Éric Zemmour avait fait le déplacement quelques jours plus tôt, qualifiant l’Arménie de "nation chrétienne au milieu d’un océan islamique".

Un Président qui se droitise?

Depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron semble vouloir donner des gages à l’électorat de droite. Début janvier, le chef d’État était ainsi passé à l’offensive sur la sécurité lors d’un déplacement à Nice, annonçant un budget accru de 15 milliards d'euros sur cinq ans.
Le Président a également tenté de muscler son logos sur l’immigration, appelant à réformer l’espace Schengen, qu’il souhaite doter d’un nouveau conseil, lequel rassemblerait les responsables européens autour d'un coordonnateur. Ce 2 février, Emmanuel Macron a par exemple admis que l’immigration pouvait servir "d’arme hybride" pour déstabiliser les États, dans un discours à Tourcoing.
Un virage à droite qui semble trouver un écho chez certains élus locaux. Plusieurs maires tenant des bastions de droite ont ainsi annoncé qu’ils parraineraient Emmanuel Macron en 2022. Si le ralliement de Christian Estrosi, édile de Nice, était attendu, celui d’Hubert Falco, maire de Toulon, a surpris.
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