Échange houleux entre la diplomatie US et un journaliste sur une "invasion" russe de l’Ukraine

© AFP 2022 SUSAN WALSHNed Price, le porte-parole de département d'Etat américain, lors d'une conférence de presse
Ned Price, le porte-parole de département d'Etat américain, lors d'une conférence de presse  - Sputnik France, 1920, 04.02.2022
Face à la demande d’un journaliste d’Associated Press de présenter des preuves de l’information relayée par Washington selon laquelle la Russie prépare une vidéo de prétexte pour lancer une invasion de l’Ukraine, le porte-parole de la diplomatie américaine a expliqué que les autorités du pays protègent la confidentialité de leurs sources.
Après que le Pentagone a accusé Moscou de fabriquer une fausse vidéo imitant une attaque des troupes ukrainiennes contre les russophones habitant en Ukraine, voire contre la Russie, qui pourrait servir de prétexte à une invasion, certains journalistes américains ont mis en doute la crédibilité de ces allégations qui proviennent des services de renseignement.
Interrogé sur la source de cette information lors d’une conférence de presse, le porte-parole du département d'État, Ned Price, s’est référé au gouvernement et aux services de renseignement américains. Le journaliste Matt Lee d’Associated Press, n’a pas été satisfait de cette réponse, qualifiée de simple allégation, et a insisté sur la nécessité de preuves.
De nombreuses demandes de preuves ont été adressées à M.Price, qui a proposé de prendre connaissance d’une transcription d’une réunion portant sur ce sujet.
"Ce n’est pas une preuve", a lancé Matt Lee, rappelant les rapports du gouvernement américain sur la présence présumée d’armes de destruction massive en Irak en 2003, lesquels avaient été utilisés comme prétexte pour une offensive, ainsi que ceux qui prédisaient que Kaboul ne tomberait pas en 2021.
"Je suis désolé que vous n'aimiez pas le contenu, je suis désolé que vous mettiez en doute les informations qui sont en possession du gouvernement américain", a répondu le porte-parole du département d’État. Selon lui, l’impossibilité de présenter des preuves s’explique par la protection des sources:
"Quand nous révélons des informations obtenues par les services de renseignement, nous le faisons de manière à protéger les sources et les méthodes sensibles. Vous savez que nous ne déclassifions l’information que lorsque nous en sommes certains. Si vous doutez de la crédibilité des données du gouvernement américain ou britannique ou d’autres gouvernements et si vous voulez trouver du réconfort dans les informations diffusées par les Russes, с’est à vous de le faire".

Une "vidéo"

Le porte-parole du ministère américain de la Défense a affirmé le 3 février que la Russie avait prévu de diffuser une "propagande très graphique" imitant une attaque orchestrée par Kiev sur le territoire russe ou la population russophone.
Il s’agirait d’images de "cadavres et de comédiens qui représenteraient des personnes en deuil, et des images de lieux détruits ainsi que d'équipements militaires aux mains de l'Ukraine ou de l'Occident", a dit John Kirby. Il a ajouté que les États-Unis pensaient que le plan avait le soutien du Kremlin.
Dans un premier temps, cette accusation a été démentie par le représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov: "La Russie ne fait jamais ce genre de choses". Puis, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, l’a qualifiée de "délire":
"Le caractère délirant de ce genre d’élucubrations qui deviennent de plus en plus nombreuses chaque jour est évident pour tout politologue plus ou moins expérimenté", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision russe REN TV.

Tensions autour de l’Ukraine

Visée par des accusations de vouloir mener des actions "agressives" à l’encontre de l’Ukraine en vue d’une invasion prochaine, la Russie a à maintes reprises assuré ne pas avoir de tels projets. Les autorités russes pointent que l’Occident se sert de ces déclarations pour renforcer sa présence militaire près de la frontière russe. Sous prétexte de soutenir l’Ukraine, l’Otan a déjà fait plusieurs livraisons d’armes à Kiev et déploie ses troupes en Europe de l’Est.
Ayant débuté en novembre, ces tensions ont conduit à des pourparlers tenus entre la Russie, l’Otan et les États-Unis, sur les garanties de sécurité proposées par Moscou, dont la non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan et le non-déploiement de missiles de courte et moyenne portée des deux côtés.
Washington et l’Otan ont fourni leur réponse écrite à Moscou, laquelle semble avoir fuité. Relayés par El Pais, les documents, dont la véracité été confirmée par le département d’État américain, indiquent que l’Occident souhaite un dialogue sur le contrôle des armements, mais ne cède rien sur le principe d’adhésion d’autres pays à l’Alliance, évoquant leur droit de "choisir ou changer leurs arrangements de sécurité".
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