Convoi de la liberté, une police trop musclée? L.Kebbab tacle le silence de la hiérarchie policière

© SputnikL'atmosphère ce 12 février sur les Champs Élysées lors de la mobilisation du Convoi de la liberté à Paris
L'atmosphère ce 12 février sur les Champs Élysées lors de la mobilisation du Convoi de la liberté à Paris - Sputnik France, 1920, 14.02.2022
De nombreuses vidéos d’interventions policières ont tourné sur les réseaux sociaux lors du Convoi de la liberté. La syndicaliste Linda Kebbab dénonce un silence de la hiérarchie policière qui pourrait laisser des traces.

"Il faut communiquer auprès de la population", résume Linda Kebbab.

La policière et déléguée nationale d'Unité SGP Police-FO est en colère: alors que la police est assaillie de critiques au lendemain du Convoi de la liberté, l’heure est au silence au sein de la hiérarchie policière. Une situation que la policière a bien connue. "Cela avait été trop honteusement visible lors des Gilets jaunes où ce sont les syndicats de police qui ont fait le tour des plateaux télés pour expliquer comment ça se passait [sur le terrain, ndlr]", fustige la syndicaliste au micro de Sputnik. L’enjeu: protéger les policiers de la vindicte populaire… et pousser les politiques à prendre leurs responsabilités.

"Ce sont les syndicats qui doivent encore faire le sale boulot, or [la hiérarchie policière] a des porte-parole, des responsables de la communication, mais on se demande ce qu’ils font", déplore-t-elle.

Faire preuve de pédagogie aurait pourtant été bien utile, tant certaines vidéos diffusées sur les réseaux sociaux à l’occasion du samedi 12 février ont choqué les internautes. Notamment, celle montrant un policier pointer son arme sur un automobiliste, place de l'Étoile à Paris.
Pour ce dernier fait, le préfet de police de Paris Didier Lallement a fait "diligenter une enquête administrative interne", a indiqué sur Twitter la préfecture de police. Une justification trop maigre, selon Linda Kebbab: "On a tous observé un refus d’obtempérer, les conditions d’exercice sont bien réglementées par le code de sécurité intérieur, après c’est l’enquête qui dira les choses mais de prime abord, cela semble être carré".

Plus de pédagogie, plus de "sérénité"

La policière regrette que l’insitution n’ait pas pris les devants pour expliciter ce qu’est un refus d’obtempérer, et ce que les policiers sont autorisés à faire dans ce cadre.

"Quand des images peuvent être interprétables, il est nécessaire de donner des explications sur l’action de la police, d’apporter de la pédagogie et de la sérénité à la population", fait valoir Linda Kebbab.

Sous peine que tout cela "participe" à la détérioration de l’image de la police. "C’est comme dans toute relation humaine, s’il n’y a pas de communication entre la police et la population, on laisse place aux inquiétudes et aux questions". Des incompréhensions qui se sont d’ailleurs exprimées sur les réseaux sociaux, où certains internautes accusaient la police d’avoir dressé des contraventions pour le simple fait d’arborer des drapeaux français.
Des accusations qu’auraient pu éviter l’institution policière, appuie Linda Kebbab, en détaillant par exemple le "cadre" de ces verbalisations. En l’occurrence, durant une manifestation interdite.
Reste que la gestion du maintien de l’ordre durant ces Convois de la liberté pourrait laisser des traces, surtout après la crise des Gilets jaunes. À l’image de la vidéo montrant un membre des forces de l’ordre frapper violemment à coup de matraque un manifestant, ou encore celle d’un policier brisant la vitre d’un automobiliste qui a refusé de libérer la circulation.
"Ce qui est important c’est de savoir ce qu’il se dit sur les ondes et quelles sont les instructions qui sont données", veut rappeler Linda Kebbab. "Sauf que même sur ça il n’y a pas d’explications auprès de la population. Le donneur d’ordre ne vient jamais donner les raisons de ses ordres", constate la policière.

"On est républicain. On doit respecter les règles et l’ordre édicté, quel que soit le politique à la tête. Le républicanisme c’est faire fi de ses propres convictions pour se plier à l’instruction. Ce n’est pas aux syndicats de police de l’expliquer, c’était à l’institution de le faire et encore une fois elle a été défaillante", conclut Linda Kebbab.

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