Riyad a-t-il décliné des demandes de Washington au profit de l'alliance pétrolière avec Moscou?

Extraction de pétrole - Sputnik France, 1920, 18.02.2022
En pleine crise internationale liée à l'Ukraine et avec les nombreuses menaces de sanctions contre la Russie, accusée d’intentions belliqueuses, l’Arabie saoudite a refusé la demande de Joe Biden d’augmenter la production de pétrole en vue de faire baisser les prix, qui battent des records aux États-Unis.
Les cours du pétrole sont directement liés à la situation en Ukraine et aux incessantes accusations des États-Unis, qui assurent que Moscou s’apprête à attaquer son voisin et le menacent de nouvelles sanctions en cas de guerre. Prédite pour le 16 février, l’agression n’a jamais eu lieu mais les médias occidentaux continuent de brandir la "menace russe", ce qui influe les marchés.
Le Président américain a appelé à plusieurs reprises les producteurs du golfe Persique à augmenter la production de pétrole pour réduire les prix de l'essence. Le problème devient de taille aux États-Unis, où les prix ont doublé depuis le début de la pandémie. La hausse des prix de l'énergie a alimenté l'inflation et nui à la popularité de M.Biden, note le Wall Street Journal. Ces appels se sont intensifiés lorsque les prix du pétrole ont atteint 100 dollars le baril pour la première fois en près de huit ans, souligne le quotidien.

Une alliance avec Moscou

Cependant, malgré la demande explicite formulée par Joe Biden, l’Arabie saoudite a refusé d’augmenter la production de pétrole en vue de faire baisser les prix. Pour l'instant, le plus grand exportateur mondial de brut s'en tient donc à la Russie, constate le WSJ.
En effet, la hausse des cours du pétrole a mis Riyad devant un dilemme: aider l’Occident en pompant plus de brut ou soutenir une alliance pétrolière vieille de cinq ans qui profite à Moscou aux dépens de Washington, précise le journal.
En réponse à Washington, les Saoudiens ont déclaré qu'ils ne pomperaient pas plus que ce qui était convenu l'année dernière dans le cadre d'un accord entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Russie. Il permet une hausse de production au niveau de 400.000 barils par jour chaque mois.
Potentiellement, l'Arabie saoudite peut d’ailleurs faire baisser les prix car elle ne produit pas son pétrole à pleine capacité, qui est d'environ 12 millions de barils par jour, rappelle le WSJ.

Un marché incertain

Des responsables américains et européens ont déclaré que des sanctions contre les industries pétrolières et gazières russes n'étaient pas envisagées pour le moment, reconnaissant que de telles mesures entraîneraient une croissance des prix insoutenables. Selon des experts cités par le WSJ, les sanctions occidentales en examen pourraient couper environ 7% de l'approvisionnement mondial en pétrole.
Entre-temps,mercredi, le Brent, le baril de référence, a bondi de 1,6% à 94,81 dollars, la hausse cette année a été de 22%. La pandémie de Covid-19 a également troublé l’offre et la demande dans le secteur de l’énergie et engendré une incertitude, liée notamment aux différentes restrictions imposées.
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