Flambée historique des prix du gaz en Europe après un hiver déjà rude

© Sputnik . Pavel Lvov / Aller dans la banque de photosUne usine de transformation de gaz russe (archive photo)
Une usine de transformation de gaz russe (archive photo)  - Sputnik France, 1920, 02.03.2022
Sans surprise, les prix du gaz continuent à flamber dans le sillage des hostilités en Ukraine et des sanctions antirusses. Les contrats à terme ont atteint des niveaux jamais vus.
Comme redouté par plusieurs pays européens, les cours du gaz naturel recommencent à grimper, en marge d’une situation géopolitique tendue. Le Dutch TTF, hub de référence en la matière, a même atteint un plus haut historique ce 1er mars. Ses contrats à terme pour avril se sont envolés jusqu’à 2.226 dollars pour 1.000 mètres cubes, selon l’ICE Futures de Londres. Soit une hausse de 60% par rapport à la clôture de la veille.
Si les cours ont ensuite reflué vers les 1.950 dollars, la volatilité des prix continue d’inquiéter les investisseurs. L’opération militaire en Ukraine et les sanctions antirusses sont évidemment au cœur des débats.
Plusieurs compagnies gazières européennes comme Shell, BP ou Equinor ont déjà fait savoir qu’elles se désengageaient de Russie, retirant leurs billes dans le capital des entreprises russes. Le français TotalEnergies, très présent dans l’exploitation du gaz en Arctique, s’est montré moins radical, excluant cependant de lancer de nouveaux projets dans le pays.
Nord Stream 2 - Sputnik France, 1920, 28.02.2022
Opération militaire russe en Ukraine
L’Allemagne laisserait une "échappatoire" pour le futur de Nord Stream 2
L’Allemagne a également décidé de suspendre la certification du gazoduc Nord Stream 2 le 22 février. Berlin avait déjà joué cette petite musique en novembre dernier, provoquant là aussi une hausse temporaire des cours.

Difficile recherche de fournisseurs

Certains États européens avaient déjà dit craindre une flambée des prix du gaz, dans le sillage de ces sanctions. Le Premier ministre italien avait en particulier rappelé que son pays dépendait du gaz russe à plus de 45%.
Face à la hausse des cours, plusieurs pays européens tentent d’ailleurs de chercher d’autres fournisseurs que la Russie. Le groupe Engie, qui a participé au financement du Nord Stream 2, a annoncé augmenter ses achats de gaz norvégien. L’Algérie s’est également dite prête à soutenir ses partenaires européens au cas où la situation s’aggraverait.
Fin février, les principaux pays exportateurs de gaz avaient néanmoins admis qu’il serait difficile d’augmenter rapidement les volumes vers l’Europe, si le gaz russe venait à faire défaut. Les membres du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) s’inquiétaient déjà d’une faible visibilité sur les prix.
Le marché de l’énergie est également déstabilisé par la montée en flèche des prix du pétrole. Le baril de Brent a même dépassé les 110 dollars ce 2 mars, une première depuis 2014. Les principales bourses européennes, en chute libre après l’annonce des sanctions antirusses, continuaient d’évoluer dans le rouge ce 2 mars.
Le marché des cryptomonnaies semble être le seul à tirer son épingle du jeu dans cette sinistrose ambiante. Certains investisseurs voient en effet dans le Bitcoin et ses acolytes des modes de paiement alternatifs, après le bannissement de la Russie du système bancaire Swift.
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