Les étudiants russes, ukrainiens et biélorusses ont "toute l'aide et le soutien possible" en France

© AFP 2022 DAMIEN MEYERUn étudiant français
Un étudiant français - Sputnik France, 1920, 02.03.2022
De nombreux étudiants russophones sont inquiets de l’impact des événements d’Ukraine sur leurs études. En France, les établissements joints par Sputnik affirment leur apporter soutien logistique et aide psychologique.
Qu’en est-il du sort des étudiants russes au sein d’universités européennes par ce temps mouvementé? La communauté universitaire a été inquiète suite aux récents propos de Tatiana Moskalkova, élue déléguée aux droits de l'homme de la Douma auprès du président russe. Elle annonçait vouloir prendre "des mesures sans précédent pour protéger les droits des étudiants russes qui sont expulsés des universités en France, en République tchèque, en Belgique et dans d'autres pays européens en raison de la situation en Ukraine".
En réaction, de nombreuses écoles et universités russes ont affiché leur volonté de recevoir les étudiants "expulsés".
Nous avons pu recueillir quelques réactions d’universités françaises qui sont tout de même rassurantes. Plusieurs d’entre elles, interrogées par Sputnik, ont nié l’intention de prendre les décisions si radicales. Ainsi, la direction de la communication de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne nous informe:
"Au contraire, notre université a réaffirmé son soutien aux étudiants ukrainiens, russes et biélorusses et nous allons leur apporter toute l'aide et le soutien possible. Plusieurs dispositifs spécifiques sont en cours de déploiement au sein de l'université en matière d'aide financière d'urgence et d'accompagnement psychologique. Les étudiants d'origine ukrainienne, d'origine russe ou biélorusse pourront solliciter ces dispositifs."
La vague de rumeurs et la réaction de Mme Moskalkova sont parti d’un cas isolé dans l’École supérieure d’économie de Prague (VŠE) où, le 24 février dernier, le professeur Martin Dlouhý a appelé sur les réseaux sociaux "au boycott des étudiants russes, puis a supprimé le message". La direction de la faculté a d’ailleurs assuré que l’enseignant n’avait aucun étudiant russe dans ses cours et qu’elle "soutient toujours intensivement les relations amicales entre tous les États et nations grâce à une vaste mobilité internationale des étudiants et des universitaires".
Une voiture de police - Sputnik France, 1920, 02.03.2022
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Aujourd’hui, Tatiana Moskalkova a déclaré avoir "envoyé des lettres aux recteurs des universités européennes pour défendre les droits" des étudiants russes.
"Il faut garder à l'esprit que la responsabilité collective est illégale et injuste, une personne ne devrait être tenue responsable que pour des actes concrets", a-t-elle noté.
D’après nos informations, une réunion d’étudiants a été initiée par le président d’Avignon Université le 1er mars dernier. Le ton des propos était largement le même: "Vous êtes nos étudiants, nous vous protégerons et vous soutiendrons si nécessaire", ont annoncé les organisateurs. L’administration de l’établissement a confirmé oralement qu’elle "ne va expulser personne, ni expulser personne du pays, ni retirer des bourses" avant d’offrir "une aide financière à ceux qui ont des problèmes avec transfert d’argent depuis la Russie", ainsi qu’une aide "avec le job étudiant si besoin".

Le programme Erasmus toujours maintenu

Par ailleurs, la représentation russe du programme éducatif de l'Union européenne Erasmus+ assure, à en croire la presse, que "les universités russes et européennes ne cessent pas leur interaction au sein du programme, mais des cas individuels de départ de Russie d'étudiants étrangers sont enregistrés".
"Toutes les universités russes soutiennent leurs étudiants [étrangers, ndlr], sont en contact permanent avec eux. Tout refus de coopérer ne peut qu'être regretté, car l'importance de la coopération dans le domaine de l'éducation et de la science est évidente", a précisé aux médias russes Olga Oleïnikova, directrice du bureau russe d’Erasmus+.
Elle a confirmé que certains étudiants "qui ont terminé la période d'études" en Europe dans le cadre des programmes de mobilité "rencontrent des problèmes avec les cartes bancaires" russes: ils ne peuvent ni retirer d'argent liquide, ni effectuer d'achats sur Internet. Par ailleurs, comme de nombreux vols vers la Russie ont été annulés pour le mois de mars, "les étudiants essaient de rentrer en avion via des pays tiers".
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