Un étage de fusée incontrôlable s’écrasera sur la Lune

© Sputnik . Anton Denissov / Aller dans la banque de photosLa Lune
La Lune - Sputnik France, 1920, 04.03.2022
Un étage de fusée percutera la face cachée de la Lune ce vendredi 4 mars, hors de portée des télescopes au sol et au centre d’un différend sur le pays qui l’a lancé, selon le site Space. La collision va former un nouveau cratère sur la surface lunaire.
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Un débris de fusée s’abîmera ce vendredi 4 mars sur la face cachée de la Lune, rapporte le site Web Space, citant des experts. Cet accident involontaire se produira à 12h25 GMT (13h25 à Paris).
Scientific American suggère que l'impact se produira près du cratère Hertzsprung de 570 kilomètres de large.
Space indique que l’accident sera le premier cas d’impact involontaire sur la surface lunaire. L’accent est mis sur le qualificatif "involontaire", car la Lune abrite déjà un grand nombre de débris d’appareils résultant d’alunissages échoués, ainsi que d’appareils qui s’y sont posés en mission.
Jonathan McDowell, astrophysicien au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, a expliqué à Sputnik que l’événement était intéressant parce qu’il montrait à quel point étaient faibles nos capacités de mesurer les objets éloignés par rapport à ceux qui se trouvaient à une orbite basse.
Quant à la fréquence de telles collisions, il avance que cela se passe environ une fois tous les dix ans avec des débris gravitant en orbite haute.

Les pistes américaine et chinoise examinées

Fin janvier, l’astronome Bill Gray, créateur du logiciel Guide permettant de surveiller les objets à proximité de la Terre, affirmait qu’il s’agissait de l’étage supérieur de la fusée américaine Falcon 9 lancée en 2015, pour ensuite changer d’avis et désigner la fusée chinoise Chang’e-5 lancée en 201.
L'US Space Command du département américain de la Défense a confirmé mardi que l'étage supérieur chinois de la mission lunaire de 2014 n'avait jamais désorbité, sans pour autant confirmer que ce même objet allait s'écraser sur la Lune.
Un point de vue que Pékin ne partage pas. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin a déclaré en février que d’après les données chinoises, Chang’e-5 est entrée dans l’atmosphère terrestre et a complètement brûlé.

"L’effet sera le même"

Bill Gray et son collègue astrophysicien Jonathan McDowell conviennent que, quel que soit le propriétaire, les effets de la collision seront les mêmes.
"L'effet sera le même. Cela laissera un petit cratère de plus sur la Lune", estime Jonathan McDowell.
La Lune n'a pas d'atmosphère, elle est donc sans défense contre les astéroïdes et les comètes. Maintenant, avec les débris laissés par l’activité humaine dans l'espace, la possibilité que de nouveaux cratères apparaissent sur sa surface augmente.
En 2019, 23.000 fragments artificiels d'un diamètre supérieur ou égal à 10 centimètres étaient en orbite autour de notre planète.
Depuis le début de l'ère spatiale à la fin des années 1950, les pays du monde entier ont lancé plus de 4.700 missions liées à l'espace, laissant derrière eux à la fois un héritage de réalisations technologiques humaines et une traînée de déchets en orbite.

Garder des traces

Les débris spatiaux ne feront que se multiplier au cours des siècles à venir.
"Nous sommes maintenant à une époque où de nombreux pays et entreprises privées envoient des appareils dans l'espace lointain. Il est donc temps de commencer à en garder une trace", expose Jonathan McDowell.
"Pour le moment, il n'y a personne, juste quelques fans pour s’en occuper pendant leur temps libre."
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