Engrais russes et blé ukrainien, un jeu douteux de l’Occident, selon Lavrov

© Sputnik . Eugueniy Odinokov / Aller dans la banque de photosSergueï Lavrov
Sergueï Lavrov - Sputnik Afrique, 1920, 21.07.2022
Face au risque de pénurie de blé, l’Occident mène un jeu "malpropre" autour des céréales ukrainiennes en spéculant sur les sanctions indirectes imposées à la Russie, regrette le ministre russe des Affaires étrangères.
L’Occident tente d’entraîner le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres dans ses jeux autour du blé ukrainien, a déclaré ce mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dans une interview à Sputnik et à RT.
Selon lui, Moscou a plusieurs fois souligné que les sanctions indirectes de l’UE avaient un impact négatif sur les exportations d’engrais russes. En effet, l'Union européenne importe de Russie non seulement du gaz mais aussi des engrais. Or, la Russie, à côté de l'Ukraine, est un producteur clé des engrais phosphatés nécessaires pour de nombreux pays pour assurer de bonnes récoltes.

Un jeu "malpropre"

"Nous avons expliqué durant de longs mois que oui, les engrais mêmes ne tombent pas sous le coup des sanctions mais le fret, l’assurance et la visite par nos navires les transportant dans les ports étrangers, ainsi que la visite de nos ports des navires étrangers en vue de récupérer ces marchandises, tout cela est tombé ensemble sous le premier ou le deuxième paquet [de sanctions]. […] C’est pourquoi on nous ment en pleine face en déclarant que tout cela est faux, c’est malpropre. Malheureusement, ils ont essayé et essaient toujours d’impliquer dans leurs jeux le secrétaire général de l’Onu", a indiqué le ministre.
Les navires russes sont en effet autorisés à entrer dans les ports de l'UE s'ils transportent de la nourriture ou des médicaments. Cependant, les exportations de produits alimentaires en provenance de certains ports russes ont été bloquées par des courtiers car des ports pourraient appartenir indirectement à des entreprises publiques russes que Bruxelles a sanctionnées.

La famine en Ukraine ne fait pas peur à l’UE

En mai dernier, les réserves de blé qui y étaient conservées ont commencé à être exportées vers les pays d’Europe par des itinéraires alternatifs à la mer Noire, minée par l’armée ukrainienne près du littoral de ce port important. Ce sont l’UE et les États-Unis qui ont insisté sur cette exportation, en impliquant l’Onu dans ce processus. Les Nations unies ont ainsi prié le Kremlin d’organiser des couloirs humanitaires pour ces céréales, en échange d’un desserrement des sanctions concernant les exportations d’engrais potassiques.
En attendant, en Ukraine, la menace d’un manque de blé à l’intérieur du pays reste réelle, vu que la récolte risque d’être dérisoire sur fond des hostilités en cours.
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