Donbass - Sputnik Afrique, 1920, 21.07.2022
Donbass. Opération russe
La Russie a lancé le 24 février 2022 une opération militaire en Ukraine pour protéger les habitants du Donbass.

La campagne controversée d’enrôlement sape le moral dans les rangs de l’armée ukrainienne

© AP Photo / Evgeniy MaloletkaUkrainian servicemen ride atop an armored vehicle with a Ukrainian flag, on the outskirts of Donetsk, Ukraine
Ukrainian servicemen ride atop an armored vehicle with a Ukrainian flag, on the outskirts of Donetsk, Ukraine - Sputnik Afrique, 1920, 26.07.2022
Face aux lourdes pertes sur le champ de bataille, le pouvoir ukrainien mène une campagne d’envergure pour enrôler des hommes. Or, les méthodes choisies par le pouvoir ukrainien pour compléter les rangs de l’armée semblent démoraliser les soldats qui aiment leur service, écrit le New York Times.
Plusieurs vidéos circulent ces derniers mois sur des réseaux sociaux montrant la police ukrainienne chasser des hommes dans la rue pour les recruter dans l’armée. D’après le New York Times, cet enrôlement de force, mesure "prévisible pour un pays en guerre", donne pourtant des résultats négatifs.
Fin juin, une pétition a été publiée sur le site du Président ukrainien. Signée déjà par plus de 25.000 Ukrainiens, le seuil pour obliger Volodymyr Zelensky à y répondre, le document demande l'interdiction de délivrer des convocations aux points de contrôle, stations-services et autres lieux publics.
"Il y a beaucoup de volontaires motivés qui ont une expérience du combat, mais qui ne peuvent pas rejoindre le service, car dans de nombreux endroits, on a recruté dans la rue des gens qui n'ont pas d'expérience ", lit-on dans la pétition.
Le quotidien américain a parlé à Volodymyr Marchenko, agriculteur de 48 ans qui a servi cinq mois dans un bataillon de la Défense territoriale. Il s'est enrôlé dès le début du conflit et a été envoyé au combat en tenue de ville et chaussures ordinaires, ce qui lui a occasionné des engelures aux orteils.
"Il n'y a personne pour nous remplacer. Il y a trop peu de monde. C’est très dur pour les gars psychologiquement. Il y a aussi une désillusion face à un système qui rejette certains qui veulent se battre, tout en accueillant d'autres qui ne le veulent pas et ne sont pas qualifiés ", se plaint-il.

Un processus de recrutement qui démoralise

Le New York Times cite en outre des officiers qui estiment que convoquer des hommes ne voulant pas servir fait baisser le moral de ceux qui se sont porté volontaires. C’est notamment le cas du sergent Valeriy Markus qui évoque un exemple des visiteurs d’une salle de machines à sous qui ont reçu des convocations au bureau de recrutement lors d’un raid des commissaires militaires.
"Je suis fier de mon service militaire et je suis indigné que ma profession soit réduite au niveau de punition pour ces salauds", souligne-t-il avant d’ajouter que "les officiers qui risquaient leur vie étaient démoralisés par un processus de recrutement chaotique qui attirait des recrues peu qualifiées ou peu enclines à servir".
Le quotidien constate finalement que même si les Ukrainiens "ont fait preuve d'une solidarité remarquable avec des centaines de milliers de volontaires pour l'armée régulière", ces chiffres ne sont pas suffisants pour faire face aux pertes qui, selon les responsables du pays, ont culminé ce printemps à 100 tués et près de 400 blessés par jour.
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