L'ex-ambassadrice de France en Russie remet en question la version de Kiev de la frappe à Elenovka

© Sputnik / Aller dans la banque de photosLe centre de détention d'Elenovka visé par une frappe ukrainienne le 29 juillet 2022
Le centre de détention d'Elenovka visé par une frappe ukrainienne le 29 juillet 2022 - Sputnik Afrique, 1920, 31.07.2022
Une ancienne ambassadrice de France en Russie a remis en question le fait que la frappe contre des prisonniers ukrainiens, qui attendaient un procès pouvant aboutir à une condamnation à mort, était faite par la Russie ou les Républiques du Donbass. Selon elle, cela n'était pas nécessaire de les tuer de cette manière.
La Russie et les Républiques du Donbass n'avaient aucune raison valable de lancer une frappe sur la maison d’arrêt provisoire à Elenovka, dans la République populaire de Donetsk (RPD) où étaient détenus des prisonniers de guerre ukrainiens, a estimé auprès de BFM TV le 30 juillet Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie.
Selon elle, les prisonniers, accusés notamment d’activités terroristes, attendaient le début du procès, qui aurait pu aboutir à des condamnations à mort.
"Ce n’était pas nécessaire de les exécuter comme ça", a ainsi dit Mme Bermann en notant que c’était quand même "une affaire assez mystérieuse".
En outre, le colonel Michel Goya, s'est également demandé sur BFM TV si la frappe, comme le prétend la partie ukrainienne, pouvait avoir été organisée par les forces pro-russes.
Selon lui, "on ne voit pas très bien maintenant pourquoi les Russes" ou leurs alliés "auraient bombardé une prison qu’ils contrôlent", alors qu'un procès se préparait.

Frappe contre des prisonniers ukrainiens

Le 29 juillet, le ministère russe de la Défense a annoncé que l’armée ukrainienne avait attaqué aux missiles HIMARS la maison d’arrêt provisoire n°120 à Elenovka, dans la République populaire de Donetsk (RPD), qui abritait 193 prisonniers ukrainiens, principalement des membres du régiment nationaliste Azov.
Le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline, estime que cette frappe de précision était appelée à empêcher les prisonniers de témoigner sur leurs crimes de guerre.
L’état-major général ukrainien nie pour sa part avoir bombardé la maison d’arrêt et rejette la responsabilité sur les forces russes, sans toutefois fournir de preuves.
Selon un bilan rendu le 30 juillet par le ministère russe, la frappe a fait 50 morts, dont 48 ont été tués sur place et deux autres ont succombé à leurs blessures avant d’arriver à l’hôpital. En outre, 73 personnes ont été grièvement blessées.
Le Comité d’enquête de Russie a ouvert une enquête pénale.
De plus, l’Onu s’est dite prête à envoyer un groupe d’experts pour enquêter sur les circonstances du bombardement, d’après Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général de l'Onu.
Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала