Le Président ghanéen plaide pour des réparations et excuses officielles de la part des Européens

© Photo The Presidency Republic of GhanaNana Addo Dankwa Akufo-Addo
Nana Addo Dankwa Akufo-Addo - Sputnik Afrique, 1920, 03.08.2022
Les réparations pour l’Afrique et sa diaspora se font attendre depuis longtemps et il est temps de relancer les discussions sur le sujet, affirme le Président ghanéen Nana Akufo-Addo, selon lequel le continent africain mérite les excuses officielles de la part des nations européennes impliquées dans la traite des esclaves.
Le Président ghanéen Nana Akufo-Addo a réitéré, dans une série de tweets, les grandes lignes de son discours d’ouverture du sommet "Faire progresser la justice: réparations et guérison raciale" à Accra.
"Les réparations pour l'Afrique et la diaspora africaine se font attendre depuis longtemps. Comme on pouvait s'y attendre, la question de la réparation ne devient un débat que lorsqu'il s'agit de l'Afrique et des Africains. Nous pensons que les appels aux réparations pour l'Afrique sont justes", a-t-il avancé.
"Avant même la fin de ces discussions sur les réparations, l'ensemble du continent africain mérite des excuses officielles de la part des nations européennes impliquées dans la traite des esclaves pour les crimes et les dommages qu'elles ont causés à la population, à la psyché, à l'image et au caractère des Africains dans le monde entier", a-t-il renchéri.

Des réparations payées aux esclavagistes, pas aux esclaves

Citant quelques exemples de réparations versées pour étayer son plaidoyer, le Président Akufo-Addo a rappelé que lorsque les Britanniques ont mis fin à l'esclavage, tous les propriétaires d'Africains réduits en esclavage ont reçu une réparation de 20 millions de livres sterling, soit l'équivalent de 20 milliards de livres sterling aujourd'hui, mais que les esclaves eux-mêmes n'ont pas reçu un sou.
Il a rappelé qu’aux États-Unis également les propriétaires d'esclaves ont reçu 300 dollars pour chacun d‘entre eux qu'ils possédaient, mais que les esclaves eux-mêmes n'ont rien reçu.
"Prenez le cas d'Haïti, qui a dû payer des réparations d'un montant de 21 milliards de dollars aux esclavagistes français en 1825 pour la victoire de la grande révolution haïtienne, la première dans les Amériques et les Caraïbes où les esclaves ont été libérés", a-t-il indiqué.

Le succès impossible sans discussion sur la guérison raciale

Selon lui, le moment est venu de relancer et d’intensifier les discussions sur les réparations pour l’Afrique "dont 20 millions de fils et de filles ont vu leurs libertés restreintes et vendues en esclavage".
M.Akufo-Addo a cependant déclaré qu'un tel discours ne serait pas couronné de succès sans des discussions sur la guérison raciale.
Le sommet a été organisé conjointement par la Commission de l’Union africaine, le fonds africain pour la justice transitionnelle, l’Institut afro-américain et Global Black, avec le financement de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur.
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