Les Tunisiens pailleront la pénurie de saisonniers en France

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Une terrasse parisienne, archives  - Sputnik Afrique, 1920, 03.08.2022
La France a signé un accord avec la Tunisie afin de pallier le manque de main d’œuvre dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Toutefois, cet accord ne fait pas les affaires des patrons tunisiens qui subissent également une pénurie de personnel.
Les premiers candidats devraient poser leurs valises en France cet hiver. Le 29 juin, une convention a été signée entre l’Aneti (Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant) et l’Union de métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). D’une durée de trois ans et reconductible, elle prévoit l’envoi de 4.000 Tunisiens en France afin de travailler sous des contrats d’une durée de cinq mois dans des établissements touristiques.
Ouest-France précise que dans un premier temps, ce dispositif permettra uniquement aux employés expérimentés qui auront fini la saison haute en Tunisie de partir travailler en France. En 2023, il sera étendu aux demandeurs d’emploi tunisiens dont les compétences correspondent aux besoins des employeurs français.
Un serveur d’un grand hôtel de Sousse, une station balnéaire située à 150 km de Tunis, a expliqué au média pourquoi il souhaite partir travailler. Malheureusement, il ne peut pas bénéficier du dispositif, car il travaille en CDI.

"Avec la crise politique (le président a pris les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021, ndlr.), la crise économique, le fait que le secteur touristique connaît des hauts et des bas depuis dix ans à cause des problèmes sécuritaires et du Covid, je trouve qu’il est de plus en plus difficile de vivre en Tunisie", a affirmé le serveur.

Le patronat tunisien fait la grimace

Cet accord ne fait pas des heureux chez les patrons tunisiens. Khaled Fakhfakh, président d’honneur de la fédération tunisienne de l’hôtellerie, a déploré auprès du quotidien une pénurie de personnel dans son secteur.
"Les hôtels tunisiens n’arrivent pas à recruter. Il nous manque environ 50 000 personnes pour la saison", précise M.Fakhfakh.
Il a ensuite reconnu que la précarité du secteur, combinée à la cherté de la vie, décourage les employés. En Tunisie, le salaire est de 143 € mensuels pour 48h hebdomadaires, tandis qu’en France l’accord promet un salaire d’environ 1.470 € net.
Du côté de l’ANETI, Férihane Boussoffara, directrice générale de l’organisme, évoque un accord "gagnant-gagnant" :
"La France a besoin de main-d’œuvre. Nous plaçons des personnes qui sont au chômage ou qui n’ont pas de travail l’hiver chez nous. Ces personnes vont gagner en confiance, en expérience. Et nous montrons qu’une migration légale est possible pour les jeunes.", a déclaré Me Boussoffara.
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