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    PETR FOMENKO

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    De l’avis de ses collègues, il peut mettre en scène un carnet téléphonique et le spectacle fera salle comble.

    De l’avis de ses collègues, il peut mettre en scène un carnet téléphonique et le spectacle fera salle comble. Les chiffres des numéros recèlent les sorts des hommes : heureux, malades, potiniers, fiancés, empotés … Il en fera des personnages car Fomenko sait ce que c’est que la vie 
    Petr Fomenko est lauréat de tous les prix imaginables. Sa voie vers la reconnaissance a été longue et difficile.
    L’étudiant de l’Ecole-studio du MKHAT Fomenko considéré en 1953 comme la quintessence de « tout ce qui était nuisible à la grande école du théâtre russe », une sorte d’antiStanislavki a été exclu quand il était en troisième année. Fomenko entre à l’Institut pédagogique tout en restant fidèle à son rêve et fait parallèlement ses études à l’Institut d’art théâtral (GITIS).
    La censure interdit ses premiers spectacles mis en scène aux théâtres moscovites. Les scènes de la capitale soviétique étaient fermées pour Fomenko. Il travaille à Leningrad (aujourd’hui – Saint Petersbourg) et à Tbilissi, capitale géorgienne. Un jour il refuse au banquet après une première à Tbilissi de lever un verre « A la santé de Staline ». C’est sa position de principe. Il dit à haute voix : « Je ne le ferai pas ».
    Au début des années 1990 le bruit court à Moscou des spectacles estudiantins étranges présentés dans un couloir du GITIS. Ils font toujours salle comble, les spectateurs sont assis sur le plancher, sur les genoux, sur les appuis des fenêtres, se tiennent debout. Ce sont les spectacles des étudiants de Petr Fomenko. C’est ainsi que fait ses premiers pas le théâtre professionnel qui s’appelle maintenant « L’atelier Petr Fomenko ».
    « Les acteurs sont effrayants, fugaces et meurtriers; je les adore, ils sont beaux et ahurissants », dit Petr Fomenko de ses élèves.
    Ceux-ci font, quant à eux, part de leurs impressions : « Petr Fomenko est un phénomène spontané, une anomalie », estime le metteur en scène culte Serguei Jenovatch, élève de Fomenko. Il est paradoxal. « Mais » et « bien que » sont ses expressions préférées. Il est un grand hypocrite et provocateur ».
    Fomenko est un homme d’un charme fou. Ayant dépassé de loin ses soixante-dix, il lève un coude comme un hussard, boit 100 grammes de vodka, prend sa guitare et se met à chanter.
    La vie pour lui est un miracle, c’est le leitmotiv de tous les spectacles de Fomenko. Il en a mis en scène plus d’une cinquantaine en Russie et à l’étranger. Ils sont connus aujourd’hui en Italie, en Pologne, en France, en Serbie, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, dans les pays latino-américains, aux Etats-Unis et au Japon.
    Petr Fomenko donne la préférence aux œuvres classiques et est en train de mettre en scène le triptyque d’après les œuvres de Pouchkine.
    « Il ne faut rien effacer de ta vie, dit Petr Fomenko. – En rencontrant un nouvel amour, on n’oublie pas le précédent. Est-ce vraiment possible ? Toutes les pertes, erreurs, mécomptes et défaites sont parfois plus chers que les succès. Or, la période réservée aux mécomptes est très dure et courte. Il faut avoir le temps de les faire quand on est jeune ».

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