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    Aujourd’hui au sommaire : Le musée d’art contemporain fête son anniversaire Le

    Aujourd’hui au sommaire :

    Le musée d’art contemporain fête son anniversaire
    Le peintre russe Zinaïda Sérébriakova
    Festival de musique « L’hiver russe »
    Et enfin, le fesival international « Stalker » consacré aux droits de l’homme

    Le musée d’art contemporain de Moscou fête son dixième anniversaire

    Le dixième anniversaire du Musée d’Art contemporain de Moscou a été maqué par une semaine remplie d’expositions et de rendez-vous avec les artistes. La nouvelle exposition du musée « La journée des portes overtes » fait le point de la décennie
    L’exposition occupe un des trois sites du musée. C’est l’ancien domaine d’un marchand (fin du XVIIIème siècle) en plein centre de Moscou construit sur les plans du célèbre architecte Matvéï Kazakov. Le musée ne dispose pas pour l’instant de locaux permanents si bien que ses collections qui comptent plus de 10 000 oeuvres des maîtres russes et étrangers ne peuvent se visiter qu’à l’occasion des expositions provisoires. Dans ces conditons « La journée des portes ouvertes » s’incrit dans le prolongement du processus de « réconciliation » de l’édifice ancien avec les oeuvres d’art actuel qui y sont exposées, — déclare le curateur du projet Youri Avvakoumov. « Il faut entrer en dialogue avec cet édifice, l’un des plus beaux de l’ancienne rue Petrovka, — pense Youri Avvakoumov parce qu’il n’est pas question de toucher à ce monument d’architecture. Adapter la vieille maison pour en faire un musée d’art contemporain n’est pas du tout une tâche facile. La maison avec ses fenêtres, niches, colonnes et enfilades de salles, c’est avant tout une symétrie qui est présente un peu partout. Par contre, la galerie d’art contemporain devrait plutôt avoir l’air d’une boîte blanche et plus elle ressemble à une boîte mieux ça vaut. Cet édifice est devenu blanc il y a quelques années suite à une rénovation entreprise pour en faire un musée. Fort heureusement, les travaux n’ont pas abouti sur une boîte mais une certaine contradiction n’en demeure pas moins. L’apparition du musée ressemblait à s’y méprendre à l’apparition d’une image sur une photo en cours de développement. Il fallait surtout comprendre les particularités de cet édifice et les solutions associées à l’exposition des collections d’art contemporain aparaissaient à mesure que nous apprenions son histoire », — fait remarquer Youri Avvakoumov.
    Le rez-de-chaussée qui servait intitialement de bureaux et de locaux de commerce est désormais réservé aux oeuvres traitant de la vie des mégapoles modernes, aux réflexions des artistes au sujet du glamour et aux tableaux dans le style de pop art. Le premier étage avec ses salles d’apparat abrite les oeuvres qui soulèvent les grands problèmes d’actualité comme la guerre, la mondialisation, les utopies et les anti-utopies ou la spritualité. C’est ansi que l’ancienne salle de bals avec ses arcs et balustrades a conservé son espace unique. On y a regroupé les grands portraits et compositions d’Alexandre Vinogradov, Vladimir Doubossarski, Valery Kochliakov, Oleg Koulik, Timou Novikov, Youri Chabelnikov et Sergueï Choutov comme pour faire des « révérences » ironiques en direction du « Grand Art » classique. Les salles du deuxième étage qui avaient lontemps servi d’appartements, racontent maintenant des aventures amoureuses et abritent des « études » consacrées aux manifestations de nostalgie et d’oubli.
    La construction de l’exposition s’articule autour d’en enchaînement libre des espaces. Les portes de communications ont été retirées de leurs gonds mais sont restées à côté des jambages comme pour symboliser l’ouverture du processus historique contemporain. Elles jouent en même temps un rôle utilitaire en servant de panneaux d’affichage qui renseignent sur l’histoire de l’édifice et sur plus de 200 artistes qui exposent au musée.

    Zinaïde Sérébriakova — un art fait de charme et de simplicité

    Zinaïda Sérévriakova est la première femme russe qui avait associé son nom à l’histoire de la peinture mondiale. La semaine dernière nous avons célébré le 125ème anniversaire de la naissance de cette artiste célèbre dont les oeuvres se vendent ces derniers temps très cher aux adjudications internationales.
    En 1910 Zinaïda Sérébriakova que personne ne connaît à l’époque présente à Moscou une série de ses oeuvres dont l’Autoportrait à la toilette peint à l’huile qui fait une véritable sensation. Le tableau représente une jeune femme radieuse en train de peindre ses cheveaux devant un miroir. Derrière la fenêtre on voit un paysage d’hiver alors qu’une sensation de chaleur et de fête se dégage de la pièce et de la table de toilete avec ses bibelots baroques, flacons de pafums et bougies allumées… Les professionnels sont subjugués par l’originalité de la composition. Sérébriakova parvient à reproduire le regard de la femme qui se regarde dans la glace avec une précision telle qu’aucun spectateur ne remarque même pas l’absence de celle-ci. Après l’exposition le tableau est acquis par la galerie Tretiakov, ce qui devient une sensation de plus! Lydia Iovleva, conservatrice de la galerie Tretiakov affirme que les plus grands musées du monde se targuent aujourd’hui d’avoir dans leurs collections des oeuvres de Zinaîda Sérébriakova.
    Son art apparaît de plus en plus important à mesure que le temps passe, — pense Lydia Iovleva. Nous savons tous à quel point ont flambé les prix de ses euvres aux enchères internationales. Nous savons aussi qu’il existe une belle collection d’oeuvres de Sérébriakova en France et qu’on envisage même d’organiser un Musée d’art russe à Paris au départ de cette collection.
    Issue de deux grandes familles artistiques russes Benois et Lanceray, elle était tout simplement condamnée à devenir peintre. Son oncle Alexandre Benois qui dirigeait l’association « Le monde de l’art » aimait répéter en plaisantant que tous les membres de la famille naissaient un crayon à la main. En effet, alors qu’elle était toute petite, Zinaïda passait des heures à dessiner des fleurs et des animaux domestiques, a facilement maîtrisé la peinture à l’aquarelle au point que les adultes ne se lassaient pas d’amirer la pureté et l’éclat des couleurs sur ses dessins d’enfant.
    Elle prend le nom de Sérébriakova après avoir épousé l’ingénieur Boris Sérébriakov. Avant de contracter l’heureux mariage, le couple a dû surmonter certaines diffifultés parce que Zinaïda était catholique. Depuis elle ne jurait que par sa famille et ses quatre enfants.
    La révolution de 1917 met un terme à la vie heureuse du couple. Le domaine de Neskoutchnoïé au voisinage de la ville de Kharkov où elle avait passé les meilleures années de sa vie, est brûlé. En 1919 Boris Sérébriakov est emporté par un typhus et Zinaïda reste seule avec les enfants qu’elle a parfois du mal à nourrir. Elle décide d’aller en France pour gagner de l’argent. Elle croit en 1924 qu’elle reviendra bientôt mais la vie en décide autrement. Aidée par la Croix Rouge elle n’emmène avec elle que ses deux enfants et conserve la nationalité soviétique jusqu’au début de la Seconde guerre mondiale en espérant récupérer ses deux enfants restés en Russie. Mais pendant l’occupation de la France elle doit choisir entre le passeport français et le camp de concentration nazi si bien que les liens avec la patrie se trouvent rompus pendant de longues années.
    L’oeuvre de Sérébriakova est plutôt bien étudiée aujourd’hui. Les albums, monographies et la correspondance de l’artiste ont fait l’objet de nomreuses publications. Mais il reste encore de nombreux tableaux et oeuvres graphiques « disséminés » à travers les collections privées qui n’ont jamais été exposés, c’est pourquoi chaque année apporte sa moisson de surprises. Il y a deux ans le public russe a pu pour la première fois pu admirer une série de six panneaux allégoriques que Sérébriakova avait peints il y a plus de 70 ans pour la villa d’un de ses admirateurs français. Les héritiers du propriétaire avaient longtemps dissimulé cette unique série monumentale de Sérébriakova. La peinture monumentale de Sérébriakova a des allures d’une découverte, — pense la critique d’art du Musée russe de Saint-Pétersbourg Evguenia Petrova, — d’autant plus que ces travaux confirment son excellence dans le genre aussi complexe que le « nu ».
    Le « nu » en Russie était le propre des peintres de l’Académie des Beaux-Arts qui exposaient dans les salons, alors que ce genre ne se rencontrait que très rarement dans la peinture réaliste russe. Sérébriakova est une artiste inédite en ce sens.
    A la différence de ses nombreux contemporains, Zinaïda Sérébriakova peignait toujours d’après nature. Elle ne s’intressait qu’à ce qu’elle pouvait voir elle-même en rejetant les expériences artistiques en tous genres. Elle s’accomodait parfaitement des traditions et de l’expérience des vieux maîtres dont elle appréciait surtout le Français Watteau et le Russe Vénetsianov.
    Sérébriakova est redevenue célèbre dans sa Patrie déjà à l’époque soviétique, notamment dans les années 1960 pendant le « dégel » idéologique, quand s’est produite une amélioration des relations avec la France. Elle a eu la chance d’avoir vécu jusqu’à ses expositions personnelles à Moscou et Saint-Pétersbourg. Elle ne pouvait pas y venir à cause de son grand âge mais était heureuse de se savoir exposée en Russie. Zinaïda Sérébriakova est décédée en 1967 à Paris et a été inhumée selon le rite orthodoxe au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

    Le festival de l’Hiver Russe se démultiplie

    Les fêtes du Nouvel An à Moscou s’accompagnent traditionnellement du « Festival de l’Hiver Russe ». Ce doyen des festivals se tient pour la 46ème fois et se prolongera jusqu’au dix janvier.
    Le Nouvel An en Russie est fêté en famille, c’est pourquoi tous les musiciens russes qui donnent des concerts rentrent ces jours-ci chez eux pour célébrer la fête en famille et rencontrer absolument leur public à l’occasion du festival de l’Hiver Russe. Les Moscovites ont également la possibilité d’admirer les prestations des musiciens venus des quatre coins de la Russie et des vedettes étrangères. Rien qu’à regarder les affiches, on est impressionné par la quantité des grands noms, alors que les programmes sont faits pour répondre à tous les goûts, depuis les symphonies jusqu’au rock ethno en passant par le spectacle de ballet féérique « Casse-noisettes » et les prestations de la troupe mondialement célèbre des danses folkloriques sous la direction d’Igor Moïsseev. L’orchestre de l’opéra Mariinski sous la baguette de Valéry Gerguiev sera l’un des premiers à accueillir l’Hiver Russe à Moscou avec la symphonie « Les songes d’hiver » de Piotr Thaïkovski. Nous vous proposons d’écouter un fragment de cette oeuvre.
    Ces jours-ci les musiciens mettent un soin particulier à construire leurs programmes.
    La quantité des bals qui se tiennent dans les salles de concerts est une autre particularité de l’Hiver Russe. Un de ces évènement est organisé par le violoniste et chef d’orchestre Edouard Gratch qui participe depuis toujours au festival. C’est d’ailleurs ce que dit l’affiche qui annonce un « Bal traditionnel du Nouvel An avec Edouard Gratch ».
    Les bals plaisent à tout le monde, — dit le musicien. – Je crois que le 3 janvier nous jouerons pour la 11ème fois si mes calculs sont exacts. Les bals du Nouvel An ont leur spécificité. Vous comprenez bien que je ne pourrai pas interpréter, par exemple, la musique d’Isaac Dounaevski ou la « Sérénade de la vallée ensoleillée » de Glen Miller à l’occasion d’un autre concert. C’est ce genre de musique de divertissement haute en couleur qui convient le mieux pour les fêtes. Tous les musiciens qui montent sur la scène portent d’ailleurs un masque pour bien marquer qu’il s’agit d’un bal…
    La longue histoire du festival est pleine de triomphes et de désillusions mais cette fois le public ne risque pas de faire un mauvais choix en venant à n’importe quel concert.

    Le festival « Stalker » — rendre le monde meilleur

    « Aujourd’hui il faut surtout faire des films sur l’homme contemporain avec ses besoins, ses problèmes et ses valeurs morales », — pense Marlen Khoutsiev, président du jury du festival international « Stalker » qui s’est déroulé à Moscou.
    Ce festival dédié à la défense des droits de l’homme se tient en Russie pour la 15ème année consécutive. Il s’agit là des années qui ont profondément marqué la vie nationale d’où les changements d’accents dans son programme. De la position politiquement engagée et du combat contre le culte de la personnalité et le totalitarisme, le destival évolue vers les problèmes moraux et pshychogiques auxquels est confronté chaque individu. « Après tout, la mission du cinéma consiste à éveiller les bons sentiments, à faire réfléchir les gens, à leur inculquer le sentiment de compassion », — pense Malren Khoutsiev.
    Certes, le festival s’est donné et se donne toujours cette tâche, — dit le réalisateur. – Je suis peut-être un idéaliste mais je suis certain qu’il existe un retour en ce sens que tout ce qui se fait dans le domaine de l’art sérieux et de la culture plus généralement se répercute sur le climat social et sur le devenir de la société. La vérité biblique « l’homme ne vit pas seulement du pain » n’a rien perdu de son actualité…
    Plus de 80 films de fiction et documentaires ont été projetés dans les salles de cinéma de Moscou en l’espace de six jours. Le festival s’était ouvert sur la cérémonie de remise des prix spéciaux portant également le nom de Stalker et destinés à récompenser les personnages des films documentaires.
    Les organisateurs ont attribué un mot d’ordre à chaque jour du programme. Ainsi, les partenaires canadiens du Stalker ont présenté des films sur le thème « La bonne volonté et le volontariat : rendre le monde meilleur! ». Des films s’attachant à défendre les droits des femmes et des enfants ont été projetés sur proposition du bureau de représentation de l’ONU en Russie. La direction du Haut commissaire de l’ONU pour les réfugiés en Russie a suggéré comme sujet « le cinéma à la défense des droits des réfugiés ». Le public a pu ensuite voir les films des jeunes cinéastes consacrés aux droits de l’homme. Toutes les séances étaient gratuites et ceux qui n’ont pas pu y assister auront la possibilité de voir les films dans le cadre du programme « Les échos du festival Stalker » à Moscou et dans d’autres villes de la Russie. « Je pense que nous servons là une bonne cause qui doit se perpétuer », — est certain le président du jury Marlen Khoutsiev.

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