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    EN IRAN, ON EXIGE DES CHANGEMENTS

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    Les derniers événements en Iran ont suscité une grande résonnance dans le monde. Nos auditeurs s’y intéressent également.

    Les derniers événements en Iran ont suscité une grande résonnance dans le monde. Nos auditeurs s’y intéressent également. L’orientaliste Vladimir Sajine, un spécialiste sur l’Iran, répond aux questions de l’observateur de la « Voix de la Russie » Evgueny Krychkine.
    Vladimir, la situation en Iran est caractérisée par l’approfondissement du fossé entre les pouvoirs et l’opposition. Ces derniers jours, les manifestations de protestation se multiplient. Comment cela s’explique, à votre avis ?
    Avant tout, par une hausse de mécontentement par la politique du gouvernement d’Ahmadinejad. Cela concerne plusieurs questions : la vie politique, économique, les problèmes internes. L’opposition comptait sur la victoire, car, selon ses données, plus de la moitié de la population iranienne qui compte 72 millions, se prononce contre Ahmadinejad. Mais celui-ci est resté à son poste. L’opposition croit que les résultats étaient truqués. Donc, après les élections, des désordres dans le pays ont éclaté : avant tout, dans les grandes villes, puis, dans les petites, dans des villages. Les autorités ont pris des mesures dures pour combattre l’opposition. Pourtant, en automne, l’opposition a consolidé ses rangs. Elle élabore une nouvelle tactique face aux circonstances qui changent.
    Vous voulez dire que dans ce cas il s’agit non de lutte entre les élites (ce qui a lieu également) ? Donc, à la base des événements actuels, il y a des causes plus profondes qu’il ne semble ?
    Bien sûr, pendant toute l’histoire de la République Islamique qui compte une trentaine d’années, cette lutte entre les élites avait lieu. Les élections ont aiguisé la lutte. C’était dangereux pour le régime. Pourtant, il faut dire que cette lutte se passe dans le cadre de la structure de la République Islamique, défini à l’époque par l’ayatollah Khomeiny, son fondateur.
    Vous voulez dire que les bases du régime islamiques ne faiblissent pas ?
    Pas pour le moment. Mais l’élargissement des protestations risque de sortir du cadre de la République Islamique iranienne, alors, la lutte pourra viser non les leviers de gestion du pays, mais la liquidation du régime en gros.
    Récemment, Téhéran a souligné que des forces extérieures seraient impliquées dans les derniers événements ?
    Du point de vue idéologique et informationnel, une ingérence existe. Il faut dire que les Iraniens profitent de l’occasion qui se présente parfois d’écouter et de regarder des programmes étrangers. Les antennes satellite sont défendues dans le pays. L’Internet est contrôlé. D’ailleurs, c’est une autre raison de mécontentement.
    Vladimir, comment voyez-vous le résultat de cette lutte ? Elle s’éteindra petit à petit, comme c’était le cas cet été, ou bien, elle a d’autres perspectives ?
    Je pense que pour le moment, l’opposition est trop faible pour réaliser ces objectifs. Je le répète, il s’agit mainbtenant de la lutte dans le cadre du régime islamique. Mais il me semble que la flamme du mécontentement ne pourra plus être éteinte. Les dirigeants iraniens devraient tirer des leçons de l’histoire de leur pays.

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