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    MOSCOU-KIEV : UN « ARMISTICE PETROLIER »

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    La Russie et l’Ukraine se sont mis d’accord au sujet du transit de pétrole vers l’Europe en 2010. Le ministère russe de l’Energie a confirmé mardi la signature des suppléments au contrat.

    La Russie et l’Ukraine se sont mis d’accord au sujet du transit de pétrole vers l’Europe en 2010. Le ministère russe de l’Energie a confirmé mardi la signature des suppléments au contrat. Les détails ne sont pas pour le moment révélés, mais dès à présent il est clair que le prix du transit du pétrole russe vers l’Europe augmentera.
    Moscou a prévenu lundi la Commission Européenne que le flux de pétrole transité par l’oléoduc « Droujba » vers trois pays européens – la Slovaquie, la République Tchèque et la Hongrie – risquait de diminuer, voire de tarir. Cela parce que la compagnie « Ukrtransnafta » a annoncé sa volonté de revoir les modalités du contrat, signé en 2004.
    Finalement Moscou et Kiev ont débouché vers une entente en moins de 24 heures. Seule l’information fournie par la partie ukrainienne permet pour le moment de juger de la nature de l’accord. « Ukrtransnafta » et « Transneft » russe passeront à des paiements en euros pour le transit de pétrole, réglés jusque là en dollars. Le tarif du transit en 2010 sera haussé d’environ 21 %.
    Les nouvelles conditions du contrat ne peuvent pas se répercuter sur le prix du pétrole pour les clients européens. C’est la Russie qui perd à cause de ces modifications, et sans doute, elle prendra à l’avenir des mesures adéquates, estime Igor Tomberg, expert du Centre des études énergétiques à l’Institut de l’Economie mondiale et des relations internationales auprès de l’Académie des Sciences de Russie.
    La Russie perd cet argent, parce qu’il fait partie du prix du pétrole. Celui-ci est assez bon, mais du moment qu’il commencera à baisser, cela provoquera une nouvelle crise. Le prix pour les consommateurs en Europe ne doit pas être majoré, étant donné que les contrats sont déjà conclus. On verra quelle sera la réaction du côté russe.
    A première vue, tout s’est arrangé : les parties se sont mis d’accord, la guerre du pétrole, qu’on attendait de la part de Kiev au lieu de celle, traditionnelle du gaz pour la fête du Nouvel An, n’a pas éclaté. Or tout n’est pas si simple. Le représentant du président d’Ukraine pour la sécurité énergétique Bogdan Sokolovski, qui annonçait les résultats des pourparlers, a réservé à la fin un peu de fiel pour gâter beaucoup de miel. L’avertissement au sujet des possibles à-coups dans les livraisons de pétrole, adressé par Moscou à la Commission Européenne a été appelé par lui « un show politique ». De cette façon, les risques politiques en matière de transit des hydrocarbures restent toujours assez élevés, a dit à notre correspondant Konstantin Simonov, directeur général du Fonds de la sécurité énergétique nationale.
    En même temps, les choses n’iront pas jusqu’à un conflit grave, estime l’expert. Puisque la Russie a fait d’importantes concessions à l’Ukraine justement pour exclure une telle évolution. Et pourtant les concessions présentes ne résolvent pas le problème des pays de transit à risques. Les analystes sont, donc, convaincus qu’on devra revenir à ces questions après les présidentielles de janvier en Ukraine.

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