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    Aujourd’hui nous feront le bilan de l’année qui s’achève

    Aujourd’hui nous feront le bilan de l’année qui s’achève en vous propsant les sujets sivants :
    Le roman de Dmitri Gloukhovski « Métro 2034 », le best seller russe de 2009 qui s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires, raconte la vie de l’humanité après l’holocauste nucléaire
    L’année 20009 qui s’achève a été l’Année internationale Gogol. Nous reparlerons de la vie de Nikolaï Gogol et de la dimension actuelle de ses oeuvres
    L’année prochaine marque le 150ème anniversaire de la naissance d’un autre grand écrivain russe Anton Tchékhov, la date à laquelle sont associés de nombreux projets

    Dimitri Gloukovski entre le blog internet et son « univers » a lui

    « Métro 2034 » est incontestablement le plus populaire des romans russes qui ont vu le jour en 2009. Il a été tiré à plus de 300 000 exemplaires en surpassant les auteurs comme Victor Pelevine et Boris Akounine. Mais ce n’est pas l’unique occasion de parler de Dimitri comme de l’écivain de l’année qui a fait une entrée fracassante dans la vie culturelle russe
    Le nouveau roman de cet auteur âgé de 30 ans s’inscrit dans le prolongement de son « Métro 2033 » et traite de la vie souterraine de l’humanité après l’holocauste nucléaire. Les premiers cent mille exemplaires du livre se sont vendus en moins d’une semaine et il a fallu deux petits mois pour vendre les 250 000 restants. Son roman « Métro 2033 » publié deux ans plus tôt est aujourd’hui réédité avec une régularité enviable si bien que son tirage global s’élève déjà à 500 000 exemplaires. Il a été traduit dans des dizaines de langues et la société américaine THQ se prépare à lancer en février prochain un jeu vidéo inspiré du roman. Pourtant des dizaines de maisons d’édition ont d’abord refusé de publier le livre du jeune journaliste Dmitri Gloukhovski sous prétexte qu’il était « hors format ». Pris de désespoir, le jeune auteur a décidé de s’éditer soi-même. Il a pulié le texte sur Internet, sur sa page dans Livejournal et le site gratuit qu’il avait crée lui-même. Il ne voulait qu’une chose, se faire connaître et avoir un retour des lecteurs. Cette tentative désespérée s’est révélée payante comme procédé de marketing original. C’est que, à la différence des auteurs qui publient à titre grâcieux sur Internet des chapitres de leurs nouveaux livres dans le but d’appâter le public (en espérant bien entendu qu’il y aura un jour un tirage papier), son procédé était réellement inédit. Devenu populaire et régulièrement publié, Dmitri n’a pas renoncé pour autant à cette pratique qu’il a continuée avec ses romans « Métro 2034 » et « Le Crépuscule ».
    Il faut improviser, — déclare Gloukovski avec assurance. Je crois qu’à mon âge j’ai encore la possibilité d’explorer de nouvelles pistes au lieu de m’accrocher au moindre gain. Qui sait, je pourrai peut-être mettre au point de nouvelles formules d’édition et de marketing. Alors le fait que mes textes soient accessible à tous en régime on-line ne me gêne pas du tout du moment que j’avais dès le début opté pour la gratuité. Les gens qui ne veulent pas payer pour le bouquin n’ont qu’à le consulter sur Internet. Je suis « pour ».
    Dmitri Glkouvski n’a aucune crainte de perdre les lecteurs en puissance. Au contraire, il considère la publication gratuite sur Internet à la fois comme un test drive et une publicité. A son avis l’interactivité a plus de côtés positifs que négatifs. Disons seulement que grâce à l’implication des lecteurs, le premier livre de Gloukovski lâché dans le monde virtuel, s’est finalement doté d’une suite et d’une fin différente. Dans sa première version le héros périssait, ce qui suscitait des protestations des milliers d’internautes. L’auteur était submergé de leurs messages qui demandaient de remanier la fin du roman. Et comme beaucoup d’entre eux avaient eu le temps de devenir ses coauteurs, il a décidé d’aller au-devant des souhaits des lecteurs. « Je n’ai aucune expérience de construction du métro, je n’ai pas fait mon service militaire, je ne suis pas un économiste non plus, — raconte Dmitri, — alors j’ai forcément commis des erreurs et des imprécisions. Mais j’ai pu « relever » les réactions des gens justement parce que le livre était publié chapitre par chapitre. J’ai découvert qu’il y avait parmi les lecteurs des constructeurs de métro, des conducteurs de trains, des militaires et des membres des forces spéciales… Ils corrigeaient mes erreurs et donnaient leurs prévisions en me faisant profiter de leur expérience collective »
    Aujourd’hui il est considéré comme un des meilleurs jeunes écrivains européens. Il a conçu son monde postapocalyptique du Métro à l’âge de 17 ans, et 13 ans plus tard, était prêt à devenir producteur et coordinateur créatif du grand projet « Univers du Métro 2033 » auquel il a convié les écrivains débutants « accrochés » par le thème d’une civilisation issue de l’holocauste nucléaire. Dimitri n’a pas oublié ce que coûte aux jeunes de « percer » et est prêt à leur venir en aide.
    Je recevais de nombreux messages de ceux qui voulaient compléter mon monde ou raconter celui qu’ils avaient inventé eux-mêmes. Alors j’ai décidé de lancer un projet qui démarre en décembre avec le livre de Vladimir Berezine « Les panneaux routiers » qui sera rejoint en janvier par « Peter » de Shimoun Vrotchek… Il y aura donc un roman écrit par un auteur de talent tous les mois. Je crois que ce sera une bonne impulsion à la fois pour les auteurs et pour le développement de ce monde afin de transformer l’histoire locale de « Métro 2033 » de Moscou en un véritable univers postnucléaire.
    Rien d’étonnant à ce que Dmitri Gloukhovski qui raisonne aujourd’hui uniquement à l’échelle de « l’univers » ait décidé de rompre avec le journalisme. C’est en ces termes qu’il explique son choix à ses collègues d’hier : « C’est seulement cette année que je suis venu à l’idée de renoncer à tout ce qui m’empêche d’écrire mes livres. Tout individu dispose d’un temps déterminé pour se réaliser et, soit vous passez des années à réaliser vos propres fantaisies, soit celles des autres. Jusqu’à tout récemment, dans mon métier de journaliste, je travaillais pour les autres. Maintenant j’ai la chance de me consacrer à ce que j’ai inventé moi-même et à ce qui m’intéresse ».

    L’année s’achève mais la présence de Gogol se fait toujours sentir

    L’année qui s’achève s’est déroulée sous une belle étoile. C’était l’année internationale de Gogol proclamée par décision de l’UNESCO pour célébrer le bicenteinaire de la naissance d’un des plus grands écrivains russes.
    Gogol est synonyme de diversité et de multiplicité ce qui prenait parfois des accents farfelus en cette année jubilaire. Les racines ukrainiennes de l’écrivain ont, par exemple, servi de prétexte aux autorités de l’Ukraine contemporaine pour faire des déclarations fracassantes comme quoi Nikolaï Gogol serait un classique ukrainien mais, tout compte fait, de langue russe.
    La multiplicité de Gogol est à l’image de la multiplicité de l’existence humaine qui transcende son oeuvre. D’ailleurs, la personnalité de Nikolaï Gogol est en elle-même une sorte de modèle artistique à dimensions multiples parce qu’il est autant le créateur de ses personnages que « le personnage du Créateur » (c’est-à-dire de Dieu). C’est l’inteprétation que donne de la figure de l’écrivain l’homme des lettres de Moscou Vladislav Otrochenko dans son cycle d’essais littéraires sous le nom de « Gogoliane »
    Gogol ne pouvait pas écrire méthodiquement plusieurs pages par jours commandées par son éditeur. Sa création puisait sa source dans un élan d’inspiration poussé à son extrême, — raconte Vladislav Otrochenko. – La vie et la mort de Gogol et le destin qu’il a connu après la mort, tout s’inscrit dans le dessein du Créateur. Gogol est un personnage du Seigneur ou, en d’autres mots, le personnage unique d’une littérature sublime créée parfois par la vie elle-même.
    Le regard introspectif porté sur Gogol met en évidence un autre sujet très contesté qui est lié à sa grande religiosité. L’édition en 17 volumes des oeuvres de Gogol publiée par la Patriarchie de Moscou inclut outre ses écrits spirituels des « résumés » des Écritures des Saints pères. Gogol apparaît ainsi dans le cadre étriqué d’un prédicateur chrétien. Le même accent a été fait par Igor Zolotoussiki, spécialiste reconnu de l’oeuvre de Gogol dans la série télévisée « Justifier Gogol » ou par la réalisatrice Natalia Bondartchiouk dans son film « Gogol vu de près ». Mais la plupart des spécialistes voient tout d’abord en Gogol « un écrivain de génie ». C’est aussi ce que pense Youri Mann, fin connaisseur de la vie et de l’oeuvre de Gogol et scientifique de rayonnement international.
    L’interprétation artistique de Gogol s’est incarnée tout au long de l’année dans un foisonnement de formes. Les spectacles et les films sortis à l’occasion de l’année anniversaire ne sauraient être qualifiés que de « baume sur le coeur » pour reprendre l’expression d’un personnage de l’écrivain. Même ceux qui ne s’étaient jamais intéressés à Gogol se sont attaqué à ses oeuvres, comme le réalisateur Vladimir Bortko avec son film inspiré de la nouvelle de Gogol « Tarass Boulba ». Ces « novices » sont plus difficiles à découvrir sur la scène théâtrale où Gogol avait depuis longtemps élu domicile. Outre « Le Révizor », « Le Mariage » et « Les Joueurs » dans les mises en scène nouvelles et les adaptations théâtrales de ses nouvelles, Gogol nous a été révélé dans sa dimension de traducteur dans la pièce du comédiographe italien Giovanni Giraud « L’Ajo nell’imbarazzo » (Le Gouverneur dans l’embarras » mise en scène à Saint-Pétersbourg. La traduction est de Nikolaï Gogol qui aimait bien Giraud sauf que dans sa tradiction, c’est « Le Menin dans l’embarras » parce qu’aux temps de Gogol on appelait menins les gouverneurs auxquels on confiait les garçons de famille.
    L’année Gogol s’achève mais ses personnages immortels nous obsèdent par milliers au quotidien. Pour s’en convaincre il suffit de visiter à Moscou l’exposition des poupées en porcelaine consacrée aux personnages de Gogol qui en disent long sur la nature humaine révélée par l’écrivain. Tenez, le voilà, le personnage principal du célèbre roman « Les Ames Mortes ». C’est le fameux chevalier d’industrie Pavel Tchtchikov tout sourire dans son costume d’origine « habit airelle à chevrons » qui ressemble à s’y méprendre aux vestons couleur framboise des nouveaux riches russes des années 1990!…
    La maison-musée de l’écrivain où on peut rester indéfiniment sous l’emprise du génie gogolien a enfin ouvert à Moscou.

    Un Tchekhov connu et inconnu

    L’année 2010 qui s’annonce est celle du 150ème anniversaire de la naissance du grand écrivain russe Anton Tchekhov et les événements consacrés à cette date sont déjà au menu du calendrier culturel russe. En voici certains d’entre eux qui se dérouleront à Moscou.
    « Aujourd’hui nous avons plus besoin de Tchekhov qu’il y a cent ans », — pensent les auteurs du grand projet historique et documentaire qui est l’exposition sous le nom de « Tchekhov. Une pièce inachevée ». L’exposition fait penser à un spectacle avec ses trois salles et trois actes et Tchekhov, écrivain, dramaturge et médecin, en qualité de personnage principal. Les autres « personnages » sont les membres de sa famille et des personnalités de la culture de son temps. Ce spectacle inédit se déroule dans les décors de ses pièces, des documents authentiques et des objets ayant appartenu à l’écrivain et d’autres raretés. Cet effort permet de révéler la personnalité de Tchekhov dans toute sa diversité. Un exemple, Tchekhov voyageait toujours avec un coffre devenu maintenant une pièce d’exposition. Un de ces voyages a été un véritable acte de civisme parce de sa popre initiative et au prix des diffiultés énormes Tchekhov a traversé toute la Russie pour gagner l’île de Sakhaline en Extrême-Orient. Il s’y occupait du recensement de la population, faisait parsonnellement le tour des maisons et a rempli des milliers de fiches qui se sont conservées jusqu’à nos jours. Alors qu’il était médecin pratiquant dans la région de Moscou, Tchekov a pu un jour enrayer la progression du choléra.
    C’est sans doute pour cela que Tchekhov connaissait si bien ce que le juriste et l’homme des lettres Anatoli Koni avait formulé en ces termes : « Une vie vécue au quotidien dont personne ou presque ne comprend la cruelle ironie intérieure ». Cette connaissance sous-entend probablement le phénomème Tchekhov, comme l’a fait remarquer Alexandre Roubtsov, un des organsateurs de l’exposition.
    On connaît bien cet aphorisme : « Pendant que les gens prennent du thé, il y a ailleurs des coeurs qui se brisent », — dit Roubstov. — La vie incroyablement complexe des persionnages tchékoviens se dissumule derrières les scènes de la vie de tous les jours. Savoir déchiffrer les sous-entendus du texte tchékovien, c’est l’exercice le plus difficile que nous fait faire sa dramaturgie connu sous le nom de « nouveau drame ». Il fallait le repenser de fond en comble et c’est comme ça qu’on voit apparaître l’art de metteur en scène.
    Tchekhov a fait son entrée dans le cinéma il y a un siècle avec l’adaptation de sa nouvelle « La Chirurgie ». Le festival « Tchekhov dans le cinéma » qui se déroule actuellement à Moscou nous fait découvrir les films tout récents des réalisateurs russes, comme « Le Rocher » d’Alexandre Sokourov. Il s’articule autour de Tchekhov qui revient du néant dans les années 1990 pour passer une nuit dans sa maison du bord de la mer Noire dans la ville de Yalta. Au début de cette histoire mystérieuse l’écrivain ne se ressemble pas et ne commence à « coller » sur son image familière que l’on connaît à travers les photos qu’à la suite d’un processus lent et laborieux. Son fameux pince-nez est le dernier trait qui permet de l’identifier infailliblement… Pour comprendre l’idée de Sokourov, il faut sans doute rappeler qu’atteint de tuberculose, Tchekhov part en 1904 se soigner à l’étranger. Or, dans ces lettres il parle sans cesse de rentrer à la maison. Ce mot s’assimilait pour lui à la négation de la mort. Dans son film Sokourov semble réaliser ce que Tchekhov n’a pas pu faire de son vivant : il le fait revenir chez lui, dans sa maison…
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