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    Notre rubrique s’ouvre sur le festival des arts russes « Ruskoff » à Nice Le sujet suivant

    Notre rubrique s’ouvre sur le festival des arts russes « Ruskoff » à Nice
    Le sujet suivant est consacré à la grande danseuse Galina Oulanova qui aurait eu 100 ans cette année
    Vient ensuite notre récit de la tournée et du programme espagnol unique de la diva russe Lioubov Kazarnovskaïa
    Nous vous proposons en conclusion notre regard sur le célèbre compositeur Maxime Dounaevski qui vient d’avoir ses 65 ans.

    L’hiver français à la russe

    La femeuse Place Massena à Nice a pris les allures d’un village russe en plein Noël. Le Festival des arts et cinémas russes a soufflé du 5 au 13 janvier 2010 ses 11 bougies dans la capitale de la Riviera française.
    750 petits sapins amenés pour l’occcasion ont pris place tout autour d’une petite église, maquette de taille humaine d’Eglise Orthodoxe flanquée d’une patinoire et d’un petit marché où on peut se restaurer et acheter des souvenirs. Tels sont les « décors de rue » destinés à donner au public le goût du spectacle qui se joue dans le Théâtre national de Nice à grand renfort de concerts, de spectacles et de projections de films. « Plus le programme est varié et mieux ça vaut. En plus, le titre du festival fait penser à un nom russe et tout l’événement semble être la fantaisie de quelqu’un qui s’appelle Ruskoff », — explique l’organisatrice du festival Mélania Milbert.
    Notre festival a des facettes multiples. C’est un mélange de genres et c’est fait exprès parce que nous n’insistons jamais sur un genre particulier. Quant au vocable « Ruskoff », il en dit long aux Français, c’est comme Ivanov, Petrov ou Sidorov pour les Russes
    Le clou du festival est la première du spectacle « La Belle au bois dormant » qui a receuilli après trois représentations un retour émotionnel de la critique française qui l’a qualifiée de « bombe du théâtre contemporain ». Ce spectacle est aussi et à juste titre un emblème du festival russe à Nice à en juger par le curieux mélange du tout spectaculaire à commencer par des numéros de cirque risqués et la « chorégraphie extrême » en musique du ballet du même nom de Piotr Tchaïkovski, en passant par le jeu dramatique et les improvisations avec la participation des spectateurs. Tout ce débordement est à mettre sur le compte du jeune mais très demandé metteur en scène de Moscou Vassili Barkhatov et de la troupe du théâtre-cirque « Craque-tout » de Saint-Pétersbourg.
    Vassili Barkhatov pense qu’il est grand temps de présenter le conte de Charles Perrault sur la belle au bois dormant comme une histoire racontant la jeunesse moderne qui se laisse vivre par force d’inertie. Voilà le sujet du spectacle entièrement repensé par le metteur en scène : « La Belle au bois dormant », est à proprement parler, la fille qui n’a rien fait dans la vie parce que les autres ont tout fait à sa place. Elle s’est par mégarde piquée avec une broche, a dormi un siècle durant, puis, allant toujours au fil de l’eau, est tombée amoureuse d’un prince, s’est mariée et a maintenant une belle vie ». Maxime Issaev, peintre-décorateur du spectacle plein d’inventivité, rajoute : « Il faut surtout que le conte favori cesse d’être une histoire ennuyeuse et pleine de poussière ». C’est bien le cas de le dire parce que le spectacle monté par les jeunes comédiens n’a aucune trace de poussière, comme le prouve ce bras mécanique d’un automate à jouets en peluche qui soulève la fille endormie. On propose également au public un concours spontané des « princes » qui se recrutent dans le public et sont invités à faire de leur mieux pour réveiller la flemmarde. Le spectacle se décline ensuite en show éblouissant sons et lumières, en jeu d’instruments à percussion et même en une séance de tir au pistolet.
    Le public est comblé. « Ce festival est vraiement extaordinaire », — répètent d’une seule voix les habitués du Ruskoff. Nous vous proposons d’écouter un morceau de « La Belle au bois dormant » de Piotr Tchaïkovski.

    « Je vous ai tout donné… »

    « Le Lac des Cygnes », spectacle emblématique des ballets classiques russes, ouvre au Bolchoï le festival consacré à Galina Oulanova qui aurait eu 100 ans cette année. Cette danseuse légendaire du XXème siècle qui receuille toujours l’adoration du monde entier, avait en son temps débuté dans ce spectacle de ballet de Piotr Tchaïkovski. La fille-cygne ensorcelée a été pendant plus de 30 ans l’un des meilleurs rôles de Galina Oulanova…
    Le nom de Galina Oulanova est connu même de ceux qui ignorent tout de l’art de ballet. Cette renommée ne tient pas à une singulière virtuosité de sa danse mais à la profondeur des caractères dramatiques qu’elle conférait à ses héroïnes. Son tallent inné d’actrice lui permettait de créer sur la scène des personnages féminins étonnamment inspirés et naturels. Avec elle a commencé l’ère des tournées triomphales des ballets russes à l’étranger dont elle est devenue une figure emblématique. On l’appelait de son vivant la merveille céleste descendue sur Terre et la déesse et on la vénérait comme un idéal sublime et un beau rêve de la perfection. La danseuse elle-même aimait répéter que « ce qu’on a l’habitude d’appeler mystérieusement l’inspration n’est rien d’autre qu’une synthèse du travail et de la volonté, le résultat d’un grand effort intellectuel et physique saturé d’amour ».
    D’ailleurs, Galina Oulanova n’était pas d’un genre loquace, elle parlait peu mais d’une façon imagée. Ce n’est pas pour rien que ses collègues au théâtre l’ont surnommée la grande taciturne. Vladimir Vassiliev, le dernier partenaire scénique de la danseuse au Bolchoï, son grand ami et actuellement président de la fondation Galina Oulanova, — a fait remarquer dans un entretien avec le correspondant de la « Voix de la Russie » :
    Les artistes au talent qui confine à la génialité sont toujours des natures complexes. Même la taciturnité et le repli sur soi ne sont pas du tout les marques du vrai caractère. Je crois au contraire que cette réserve s’alliant au travail intérieur intense et à l’incessante remise en question de sa propre oeuvre, produisaient les résultats aussi étonnants sur la scène. De même que la majorité des grands artistes, Oulanova a été, reste et sera une énigme.
    Trois jours de festival au Bolchoï sont venus clore le cycle d’événements commémoratifs préparé par la fondation Oulanova à l’occasion du centenaire de la naissance de la danseuse qu’on appelait « La Mona Lisa des ballets russes ». Au cours de deux premières soirées les spectateurs ont vu les spectacles favoris de Galina Oulanoca et notamment « Le Lac des Cygnes » et « Giselle » avec la prima du Bolchoï Nadejda Gratcheva et la jeune danseuse-étoile Natalia Ossipova dans les rôles principaux. Le festival s’est conclu par un gala concert composé des premiers actes des trois ballets dans lesuels brillait Galina Oulanova. Les solistes les plus inspirés de deux les plus grands opéras russes, le Bolchoï et le Marriinski, auxquells Oulanova aavait associé son nom, ont rendu ce soir-là hommage à la denseuse. En effet, si le talent de la gande danseuse s’était manifesté au Mariinski, c’est au Bolchoï qu’il s’est pleinement épanoui. C’est ici que s’est terminée sa carrère scénique, c’est ici également qu’elle a travaillé comme chorégraphe répétitrice en affinant le talent des danseurs aussi inédits que Valdimit Vassiliev, Ekaterina Maximova, Lioudmila Semeniaka, Nadejda Gratcheva et Nikolaï Tsiskaridzé… Le nom de Galina Oulanova reste toujours sacré pour eux.
    Parfois je regarde le bas-relief sculpté dans l’ivoire offert par Oulanova à Ekaterina Maximova et moi-même. Il représente la scène de rencontre de Romeo et de Juliette avec cette inscription : « Je vous ai donné tout ce que j’avais ». Et c’est vrai parce que les contacts avec les jeunes lui avaient donné un second souffle.

    Lioubov Kazarnovskaïa – « une fois en Espagne »

    La diva de l’opéra mondial Lioubov Kazarnovskaïa s’est rendue en tournée de dix jours en Espagne. Elle sera entendue par les habitants de Léon et de Ségovie. A Madrid la cantatrice a donné un concert solo au Palais Royal d’El Pardo, l’honneur qui a été pour la premier fois fait à une Russe.
    J’adore l’Espagne et cet amour m’est venu sur un coup de foudre »,- a avoué la cantatrice au correspondant de la « Voix de la Russie » au cours d’un entretien téléphonique pendant qu’elle allait à l’aéroport. Elle a notamment fait savoir qu’elle était heureuse de venir enfin au pays de Servantes en hiver. Selon elle, c’est de la canicule pendant les tournées en Espagne qu’elle gardait l’impression la plus forte.
    C’est à Séville en Andalousie, tout au Sud de l’Espagne. Je tournais dans un film musical dans une scène de Carmen de Bizet. C’était une rude épreuve parce qu’il faisait plus de 50˚ au le soleil. Et puis, comme c’était une scène de la vie des Gitans, on allumé des feux en pleine nature… J’ai déjà fait des prestations en Espagne en chantant le « Requiem » de Verdi dans la ville d’Alicante sur les ruines d’un château ancien et les pierres étaient si brûlantes qu’on se serait cru dans un bain de vapeur. Depuis l’Espagne signifie chaleur pour moi. Heureusement qu’il y fait froid actuellement, aux environs de zéro.
    La cantatrice a préparé pour le public espagnol qu’elle considère comme « chaud et même un peu fou » un nouveau programme qui s’intitule « Une fois en Espagne ». « Je veux montrer aux Espagnols leur pays à travers la musique des compositeurs de différents pays », — dit la diva.
    C’est Mozart dans les opéras « Le mariage de Figaro » et « Don Juan » et Beethoven dans « Fidelio ». Viennent ensuite et tout naturellement Bizet avec « Carmensita », la plus célèbre des Gitanes espagnoles, « Le Barbier de Séville » de Rossini et j’en passe. Parmi les compositeurs russes le programme inclut Dargomyjski avec ses airs de l’opéra « Le Convive de pierre » qui a pour toile de fond l’histoire de Don Juan racontée par Pouchkine et des romances de Glinka. D’ailleurs, l’Espagne est le sujet favori de nombreux auteurs, ce qui a permis de réaliser un bon programme couronné par le charment cycle des « Sept chansons populaires espagnoles » de Manuel de Falla.
    Le talent dramatique de Lioubov Kazarnovskaïa et ses possibilités vocales lui permettent d’interpréter une grande variété d’oeuvres. Au début de sa carrière elle a eu un succès retentissant en interprétant des airs des opéras de Mozart au festival de Salzburg. On l’appelle aussi la meilleure « cantatrice verdienne ». Elle a pris part à un grand nombre de spectacles modernistes et d’avant-garde et enregistré toutes les romances de Tchaïkovski qui sont plus d’une centaine. Kazarnovskaïa a également associé son nom à de nombreux projets musicaux intéressants à l’échelle internationale. La prima donna est récemment devenue la directrice artistique du musée national italien Verdi à Busseto. Elle brûle d’unir les grandes potentialités des interprètes russes et européens pour promouvoir l’art vocal classique.
    En Russie Lioubov Kazarnovskaïa supervise actuellement un projet nouveau de plus qui est la création à Saint-Pétersbourg de « l’Association Mozart ». La présentation du projet aura lieu à Saint-Pétersbourg le 27 janvier, le jour anniversaire du génie autrichien.

    Maxime Dounaevski : un optimiste invétéré

    20 comédies musicales, musique pour une cinquante de films, la popularité et le respect des milieux professionnels sont autant des atouts dont peut se prévaloir le compositeur russe Maxime Dounaevski qui a célébré son 65ème anniversaire le 15 janvier.
    On dit que les enfants des génies sont les mal aimés de la nature. Cette veille vérité s’est avéré fausse dans le cas de Maxime Dounaevski, le fils du grand compositeur soviétique Isaak Dounevski dont les chansons étaient fredonnées par le pays tout entier. Le père était décédé quand Maxime n’avait que 10 ans et il a dû s’imposer tout seul. Son nom de famille retentissant le gênait même parfois parce que le jeune musicien était sans cesse comparé à son père et on racontait volontiers qu’il puisait dans le fonds des manuscrits non publiés d’Isaak Dounaevski. Or, le jeune diplômé du Conservatoire de Moscou a vite fait de prouver à travers ses oeuvres pour le théâtre et le cinéma qu’il était un créateur inédit et au moins aussi éclatant.
    Maxime Dounaevski n’a pas à se plaindre : c’est un compositeur reconnu, sans soucis matériels, le chouchou des femmes. Il en est à son septième mariage et sa propension à se retrouver réuni par des liens matrimonaux fait souvent l’objet de facéties de la part de ses amis et du musicien lui-même. Pourtant, Maxime Dounaeski a plein de réflexions critiques à la veille de sa date anniversaire. Il voit trop de platitude et de mauvais goût dans le show biz russe et n’en est pas content du tout.
    Je refuse généralement quand on me demande de composer une ou deux chansons. C’est que la barre est posée si bas que je n’ai pas du tout envie d’associer mon nom à ces charabias. Pour tut vous dire, le ne fais pas le commerce des chansons. Je n’ai ni tarifs, ni tiroir du bureau d’où je pourrais sortir une chanson à la demande. J’ai néanmoins composé une ou deux chansons qui ne sont pas mal, par exemple, pour la chanteuse Alsou. Mais c’était pour un film.
    Comme le dernier des Mohicains, Dounaevski continue à composer une musique romantique aux accents mélodieux. Il est certain que le temps des belles mélodies reviendra absolument dans les varités russes. Voilà l’explication qu’il donne de leur absence qu’on constate actuellement :
    C’est la faute aux producteurs et directeurs de programmes à la radio qui ont inventé la notion incongrue de « format ». Elle convient sans doute à des fins techniques mais n’a pas du tout sa place dans la création. C’est précisément ce qui sortait du « format », du cadre étriqué qui l’emportait toujours dans la création, dans l’art et même dans le show biz.
    Optimiste invétéré, Maxime Dounaevski aime le beau temps, apprécie les bonnes relations humaines et est certain que l’avenir lui réserve bien des joies. C’est aussi l’opinion du président Dmitri Medvedev qui, dans son télégramme de félicitations à l’occason de l’anniversaire de Maxime Dounaevski, s’est déclaré sûr que le composteur avait beacoup de plans et de projets intéressants en précisant que l’anniversaire offrait une belle occasion de les réaliser.





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