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    Il ne peut pas y avoir de bons talibans

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    Le début de l'évacuation des troupes américaines de l'Afghanistan promis par Washington pour le milieu de 2011 peut être retardé. Tels sont les pronostics, parus dans les média américains suite au limogeage du général américain Stanley  McChrystal, qui commandaient les forces internationales en Afghanistan après ses propos explosifs tenus dans la presse à l'encontre de plusieurs fonctionnaires de la Maison Blanche. Le général avait été nommé à ce poste il y a exactement un an.

    Le scandale impliquant McChrystal a mis à nu les profondes contradictions entre les directions civiles et militaires des Etats-Unis au sujet de la stratégie à suivre en Afghanistan. Une approche plus modérée sur fond des pertes croissantes des effectifs convient-elle vraiment ou bien doit-on plutôt relancer des opérations sur tous les fronts, pour achever l'écrasement des talibans ?

    Tant que la discussion se poursuit au sommet, les services américains des arrières, ont compris depuis longtemps, comme il s'avère, à quel point est bonne la paix avec les talibans, qu'ils payent pour faire passer sans encombres des chargements militaires. Les contrats pour leur transport ont été conclus avec des sociétés afghanes. Mais comme le constate le nouveau rapport du Congrès, les sommes du budget militaire des Etats-Unis sont empochées par des chefs militaires talibans, contrôlant les routes.

    Par ailleurs, le président afghan Hamid Karzaï a déjà mis le cap sur un rapprochement avec les talibans, ligne approuvée début juin par la Jirga (Assemblée traditionnelle des doyens).

    Le MAE de Russie a exprimé sa préoccupation au sujet des tentatives de Kaboul d'ouvrir un dialogue avec les leaders du mouvement Taliban. Le travail ponctuel en vue d'une réinsertion des talibans repentis ne doit pas être remplacé par une réhabilitation de tout leur mouvement et une tolérance retrouvée envers leur  idéologie radicale, lit-on dans le communiqué. Partager les terroristes en bons et méchants est théoriquement possible, mais dans la pratique est très dangereux, est persuadé l'expert à l'Institut de la CEI Andreï Grozine.

    Au bout du compte les réhabiliter c'est reconnaître que toutes leurs activités ont été avant et seront à l'avenir légales. Ils auront ainsi les mains déliées, un sentiment du tout permis. Ceux qui cherchent à commencer un dialogue avec de bons terroristes finissent par devenir leur cible. Le même M. Karzaï, quand il évoque la nécessité de blanchir Mollah Omar, poursuit ses buts purement politiques, en s'efforçant à consolider ses positions politiques faibles à l'intérieur du pays et à montrer aux militaires étrangers qu'il était une personnalité politique indépendante.

    L'expert avertit qu'une fois au pouvoir, les talibans évinceront le même Karzaï et ceux qui ne partagent pas les valeurs du Taliban plus que douteuses pour eux. Et alors les pays voisins de l'Afghanistan se heurteront à une nouvelle explosion de tendances radicales des islamistes locaux. En fait, cela menace de déstabilisation toute la région.

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