Ecoutez Radio Sputnik
    Vente d'armes à la Géorgie : un cauchemar de Iouchtchenko

    Vente d'armes à la Géorgie : un cauchemar de Iouchtchenko

    Photo: RIA Novosti
    Actualités
    URL courte
    0 4 0 0

    L'ex-président ukrainien Viktor Iouchtchenko peut être poursuivi dans le cadre de l'enquête sur les ventes d'armes à la Géorgie.

    Cette perspective a lieu d'être, estime Valeri Konovaliouk, chef de la commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'affaire. Mais le parquet général de l'Ukraine ne confirme pas les propos de l'élu: il n'y a pas eu de nouvelles affaires sur les ventes d'armes.

    Le parquet précise qu'aucun procès pénal contre les acteurs de cette affaire n'a été lancé, mais ce pour l'instant, fait-on une réserve. Il s'agit de l'affaire lancée il y a quelques années pour vente des systèmes de missiles anti-aériens Buk par l'Ukraine en 2005. L'état-major russe affirme que c'est par ces missiles-là qu'ont été abattus les quatre avions des forces armées de la Russie lors du conflit en Ossétie du sud. Le député Konovaliouk, en s'appuyant sur les résultats de l'enquête, affirme que ce marché avait été conclu illicitement. Selon Konovaliouk, au moment de la vente les systèmes anti-aériens étaient en service et défendaient l'espace aérien de l'Ukraine et, donc, leur vente à la Géorgie affaiblissait la défense de l'Ukraine. Si cela s'avère vrai, alors tout est très sérieux.

    Les actions de Iouchtchenko, selon la commission parlementaire, sortaient du cadre du bon sens. Il désorganisait les forces armées ukrainiennes en rendant à la Géorgie les types d'armes les plus efficaces, et ce quasiment pour rien. La commission a établi qu'en vendant les armes d'un montant total de 2 milliards de dollars, l'Ukraine n'a reçu que 200 millions. Selon les députés, les ventes d'armes que Iouchtchenko contrôlait personnellement témoignent de la corruption.

    La commission avait transmis les résultats de l'enquête au parquet général de l'Ukraine encore en 2009. Mais ce n'est que maintenant, après le changement des autorités, que l'affaire peut avancer, estiment les députés. Les propos du politologue ukrainien Vadim Karassev.

    "Il y a eu une masse de déclarations et démentis. Mais les autorités ukrainiennes d'alors, le président Iouchtchenko et le ministre de la Défense Ekhanourov ont fait des affirmations publiques que les ventes d'armes à la Géorgie jusqu'à l'août 2008 s'étaient déroulées en accord avec la législation ukrainienne et les accords internationaux. Alors, voyons maintenant à quel point ces affirmations des anciennes autorités ukrainiennes étaient véridiques."

    Quelque allure que prenne cette affaire, il est toutefois extrêmement peu probable que Iouchtchenko soit poursuivi par la justice. Les propos du politologue ukrainien Vitali Koulik.

    "On a découvert des faits témoignant d'infractions à la législation ukrainienne, à savoir la mise hors service des systèmes de missiles anti-aériens Buk et leur vente à la partie géorgienne. Mais le plus probablement on va reporter toutes les accusations contre le bouc émissaire qui avait signé les documents de mise hors service et de vente à la Géorgie des Buk sur l'ordre verbal des autorités. D'autre part, on peut, bien sûr, parler de la responsabilité morale et politique des anciennes autorités pour le réarmement de la Géorgie à la veille du conflit en Ossétie du sud. Mais cela n'implique pas une responsabilité pour Iouchtchenko ou autres anciens hauts fonctionnaires.

    Les ventes d'armes conclues dans le cadre de l'amitié entre Iouchtchenko et Saakachvili ont porte à l'Ukraine un préjudice, résume la commission de la Verkhovna Rada. Le pays a perdu son argent et son prestige. Et Iouchtchenko, disent les députés, doit en porter la responsabilité personnelle.

    Lire aussi:

    Le saviez-vous? Les Grecs antiques parlaient ukrainien (ou pas)
    «S'allier avec les USA fut la plus grande erreur de la Géorgie»
    Les chars américains sont toujours en Géorgie: août 2008 n'a pas servi de leçon
    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik