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    Géorgie : une désillusion

    Géorgie : une désillusion

    Photo: RIA Novosti
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    La «révolution des roses» a eu lieu en Géorgie il y a sept ans. Elle a amené au pouvoir l’actuel président Mikhaïl Saakachvili.

    La «révolution des roses» a eu lieu en Géorgie il y a sept ans. Elle a amené au pouvoir l’actuel président Mikhaïl Saakachvili. Depuis, le pays a évolué: après avoir nourri de grands espoirs engendrés par la révolution, il en est arrivé à la désillusion et la déception face au régime de Saakachvili.

    Nino Bourdjanadze, ancienne proche du président Saakachvili et présidente du parlement géorgien, aujourd’hui l’une des opposantes au pouvoir en place, dit au quotidien russe «Vremya Novostei» que les promesses données au peuple n’ont pas été tenus, qu’il n’y a pas de démocratie ni de liberté de presse ou de l’indépendance de la justice, que les élites sont toutes corrompues. Sur trois millions de Géorgiens 1,8 millions vivent au-dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi il est inutile de parler des réformes ou des progrès, estime Nino Bourdjanadze.

    La réévaluation de la «révolution des roses» va de pair avec la déception. Si auparavant elle était présentée comme une protestation des masses populaires, aujourd’hui elle est qualifiée de coup d’État. Shalva Natelashvili, leader du parti d’opposition «Parti travailliste de Géorgie», considère que la «révolution des roses» était «conçue et financée par les organismes politiques américains ce qui permis à l’actuel président Mikhaïl Saakachvili d’accéder au pouvoir de façon illégitime».  Shalva Natelashvili souhaite créer une commission d’enquête pour élucider les circonstances du coup d’État de 2003:

    «Une commission d’enquête qui sera créée à notre initiative, enquêtera sur toutes les circonstances du coup d’État qui a eu pour conséquence l’accès au pouvoir des aventuriers. C’est grâce à eux que la Géorgie est écrasée et ravagée aujourd’hui. D’autant plus que les chefs d’orchestres et des producteurs de Washington se tiennent prêts, nomment de nouveaux leaders des partis d’opposition, créent, soutiennent, financent, font réaliser les sondages qui garantissent une côte de popularité élevé à ces leaders d’opposition».

    Ajoutez-y une politique extérieure d’aventurier qui a abouti à l’agression contre l’Ossétie du Sud en août 2008. Ce que Saakachvili a apporté à la Géorgie est négatif, estime le directeur adjoint de l’Institut des États membres de la CEI Vladimir Jarikhine:

    «C’est pourquoi je dirais que tout ce qui s’est passé est certainement négatif. Négatif pour le pays, pour son avenir, pour ses habitants».

    Aujourd’hui la Géorgie reste l’un des derniers piliers de la guerre froide, estime l’ancienne présidente du parlement géorgien Nino Bourdjanadze qui est actuellement fait partie de l’opposition. «Saakachvili et sa rhétorique sont aujourd’hui relégués au rang des anachronismes. La politique mondiale a évolué de façon radicale or il est resté coincé dans l’époque de la guerre froide», déclare-t-elle. Nino Bourdjanadze est l’une des organisatrices de l’Assemblée populaire qui se tiendra le 25 novembre prochain à Tbilissi. Les autorités n’ont pas autorisé de l’organiser dans un stade ou le Palais des sports. C’est pourquoi 12,5 mille délégués se réuniront jeudi boulevard Roustavelli en plein cœur de la capitale.

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