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    Après avoir livré Mladic, la Serbie va-t-elle entrer dans l’UE ?

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    La discussion sur l’activité du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qui s’est déroulée le 6 juin au Conseil de Sécurité de l’ONU a dévoilé de nouveau le rôle contradictoire de cette autorité judiciaire.

    La discussion sur l’activité du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qui s’est déroulée le 6 juin au Conseil de Sécurité de l’ONU a dévoilé de nouveau le rôle contradictoire de cette autorité judiciaire. Le procureur général du TPIY Serge Brammertz a donné une appréciation positive de l’arrestation par les autorités serbes de l’ex-commandant de l’armée des serbes bosniaques, le Général Ratko Mladic, et à son extradition vers la Haye. Selon lui, en livrant le Général, « la Serbie a accompli l’un de ses principaux engagements  internationaux ». Le juriste belge est satisfait de la coopération de la Serbie avec le tribunal de la Haye. Cependant, il a fait comprendre que Belgrade a encore une petite « dette » : arrêter l’ex-leader des Serbes croates, Goran Hadzic. L’arrestation de Hadzic  « doit se dérouler sans retardement », a déclaré Brammertz.

    La tonalité des déclarations du procureur général du tribunal de la Haye au Conseil des ministres de l’ONU permet d’affirmer que les espoirs des autorités serbes concernant l’entrée rapide du pays dans l’Union européenne ne se réalisent pas. La Serbie devra donner des explications à propos de Ratko Mladic et coopérer activement à l’enquête dans le cadre du tribunal de la Haye.

    La décision  définitive  concernant l’adhésion de la Serbie, et d’autres pays balkaniques, à l’UE appartient non pas au Tribunal de la Haye mais à l’UE elle-même. Là, la situation est telle que  même le statut  de candidat officiel ne garantie rien. La Turquie possède ce statut depuis 1999 et rien n’avance. L’adhésion d’Ankara semble aujourd’hui encore plus incertaine qu’il y a 12 ans. En plus, en ce qui concerne l’enquête sur les crimes qui ont eu lieu dans les Balkans, on remarque que les Européens sont beaucoup plus préoccupés  par les Albanais kosovars que par les Serbes bosniaques.  Fin juin, le Conseil de l’Europe  prévoit de revenir sur la question concernant  la « transplantation noire » au Kosovo. « Dans ce cas, Belgrade, le tribunal de la Haye et les chefs de l’UE seront mis en cause », a souligné Elena Ponomareva, expert dans le domaine de la politologie comparative  de l’Institut des relations internationales.

    C’est là l’intrigue principale. Aujourd’hui, certains ne veulent pas connaître la vérité  sur les crimes des séparatistes albanais à Kosovo parce qu’elle peut montrer sous un jour défavorable  les architectes de l’indépendance du Kosovo soit les Etats-Unis et l’UE en tête. C’est pourquoi Washington  et Bruxelles préfèrent porter leur attention sur le général Mladic, que s’occuper de l’enquête approfondie  sur l’implication dans des crimes horribles des autorités actuelles du Kosovo.

    Le général Mladic a le rôle d’une monnaie de change dans les jeux géopolitiques les plus importants.  Mais le fait que la Serbie l’a livré ne signifie pas qu’elle a gagné.

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