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    Syrie : des chars contre les manifestants

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    145 personnes sont mortes et des centaines sont blessées : voici le bilan de l’offensive lancée dimanche dernier par l’armée syrienne contre les manifestants. C’est le plus lourd bilan en termes de victimes depuis le début du mouvement de contestations à mi-mars.

    145 personnes sont mortes et des centaines sont blessées : voici le bilan de l’offensive lancée dimanche dernier par l’armée syrienne contre les manifestants. C’est le plus lourd bilan en termes de victimes depuis le début du mouvement de contestations à mi-mars.

    C’est à Hama que le nombre de tués est le plus grand - 113 personnes, rapporte la chaîne télé « Al-Jazzera ». Depuis un mois cette quatrième ville de Syrie est encerclée par l’armée. Dimanche dernier, celle-ci a lancé une offensive en envoyant des chars dans les rues qui ont attaqué en provenance de quatre directions différentes. Les chars détruisaient les barricades érigées par les habitants, leurs mitrailleuses tiraient à l’aveuglette. Les autorités expliquent cette offensive par la nécessité de supprimer les extrémistes armées qui terrorisent la population et ont essayé à prendre d’assaut des bureaux d’établissements publics et des postes de police. Cependant c’est à Hama que se déroulent depuis quatre mois les manifestations antigouvernementales les plus importantes les manifestants exigeant le départ du président syrien. Le 8 juillet dernier les ambassadeurs américain et français s’étaient rendus à Hama après quoi les autorités syriennes ont accusé les Etats-Unis et la France d’une ingérence dans les affaires intérieures du pays et les ambassades américaine et française à Damas ont fait l’objet d’attaques.

    Le Secrétaire Général des Nations Unies a condamné les agissements des autorités syriennes à Hama et appelé à cesser les violences. Selon le ministre des Affaires Etrangères allemand, Guido Westerwelle, l’Union Européenne a l’intention d’élargir les sanctions à l’encontre de la Syrie. Avec les Etats-Unis et d’autres pays dont la Turquie, l’Allemande a mis à l’étude un plan d’actions qui aurait permis de faire pression sur la Syrie. En parallèle, l’Allemagne et l’Italie ont demandé la convocation du Conseil de Sécurité de l’ONU pour se pencher sur le cas syrien. Au micro Boris Dolgov du Centre des études arabes et islamiques auprès de l’Institut des études orientales :

    « Le scénario libyen est possible mais a peu de chances de se réaliser. En Libye l’opération militaire de l’OTAN se poursuit mais l’opposition est loin de la victoire. Il est peu probable qu’une autre aventure de la sorte soit lancée en Syrie. Mais cette possibilité n’est pas écartée. Elle sera probablement explicitée au Conseil de sécurité mais je ne crois pas qu’une résolution semblable à celle sur la Libye, sera adoptée. La majorité des Syriens n’ont pas intérêt à voir tomber le régime de Bachar el-Assad ».

    Ce sont les « Frères musulmans », les séparatistes kurdes et les immigrés syriens à l’étranger qui ont intérêt à ce que la situation en Syrie évolue suivant le scénario libyen. Ils sont présents en Jordanie, en Turquie, au Liban et dans certains pays occidentaux. Les extrémistes armées agissant en Syrie comptent sur un soutien de l’extérieur, ajoute Boris Dolgov.

    Début juin un projet de résolution condamnant les agissements des autorités syriennes, a été proposé au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il n’y a pas eu de vote. La Russie et la Chine ont déclaré de vouloir utiliser leur droit de veto pour éviter le scénario libyen en Syrie.  

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