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    Le Berlusconi show

    Le Berlusconi show

    Photo: EPA
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    Tout au long de sa carrière politique, l'un des plus éminents hommes politiques de l'Italie utilisait les médias comme instrument politique. Son départ était également accompagné par un boom médiatique.

    Tout le monde connaît Silvio Berlusconi. Le Cavaliere, âgé de 75 ans est l’un des plus importants hommes d’affaire de l’Italie, qui fait partie des trois plus grandes fortunes d’Italie et occupe la 118e place selon le classement mondial du magazine Forbes avec un capital de 7,8 milliards de dollars. Depuis 2008, il est Premier ministre pour la quatrième fois déjà. Mais toutes ces informations sur Berlusconi ne seront pas complètes si l’on n’évoque pas son talent extraordinaire, autant en tant qu’homme politique italien, mais aussi en tant que personnalité qui fait partie de la politique internationale.

    En 1993, ayant créé en trois mois le mouvement politique «Forza Italia», il a fait prendre à ce parti des places au sein du gouvernement, défendant l’idée d’une réorganisation de la vie politique, économique et sociale du pays. Il prônait les réformes du système électoral, des structures fiscales, administratives, et de l’éducation. Par ailleurs, Berlusconi construisait pendant 15 ans son image politique grâce à la télévision, ayant été l’un des premiers en Europe à changer la manière de former l’opinion publique.

    Associer télévision et politique

    C’est un savoir-faire de Berlusconi : de transformer la politique en show-business, et de devenir soi-même un héros de la télévision pour gagner la popularité de l’audience.

    Les chaînes de la télévision commerciale attirent le spectateur dans le monde de la consommation effrénée, le monde des belles femmes, des footballers riches et des représentants de la classe moyenne qui ont bien réussi dans leur vie. C’est ainsi que Berlusconi a réussi d’éduquer tout une audience de télévision et son électeur modèle – l’homo berlusconiensis. En tant que l’homme d’affaires, élevait ses électeurs grâce à sa holding Mediaset, et en tant que Premier ministre – grâce à la compagnie publique de télé radiodiffusion RAI.  Il n’a jamais oublié une règle essentielle: celle de rester toujours sous les feux des projecteurs.

    Un homme politique audacieux

    En quelques années seulement Berlusconi a crée un nouveau parti «Il Popolo della Libertà». Il a organisé le sommet du G8 dans la province d’Aquila sinistrée par un séisme dans le but de récolter des fonds et reconstruire la ville. Il a accueilli Kadhafi à Rome comme un hôte d’honneur et ensuite a participé à l’opération de l’OTAN contre la Libye. Il était en conflit avec l’UE quand les  sans-abri de l’Afrique du Nord sont arrivés à l'île de Lampedusa.  Il est en même temps soupçonné de la corruption, des liaisons avec des mineures. Ses opposants ont organisé à Rome grâce à l'Internet un «No Berlusconi day», qui a rassemblé la population de toutes les villes italiennes. Et alors que la troisième économie européenne était en train de plonger de plus en plus dans la crise, l'expérience politique et entrepreneuriale de Berlusconi n'a hélas pas suffi pour redresser la situation.

    Bien que la situation soit sérieuse, la démission de Berlusconi s’est transformée en un show. Même The Economist a publié à la une le portrait de Berlusconi avec une inscription par laquelle se terminent les dessins animés de Warner Brothers: «That’s all, folks!».  Maintenant un autre homme politique occupera la place de Berlusconi. Mais Cavaliere aura certainement une place d'honneur dans l’histoire de la politique internationale.

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