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    Le printemps arabe long d’une année

    Le printemps arabe long d’une année

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    Le «printemps arabe» et la succession des révolutions qui ont conduit au changement des régimes dans plusieurs pays de l'Afrique et des pays du Proche-Orient a commencé il y a un an jour pour jour par l’immolation publique du Tunisien Mohammad Bouazizi.

    Cela fait un an que la population du continent africain reste toujours secouée et en Tunisie, qui se trouve en période de formation des organes de pouvoir nouveaux, ce processus s’accompagne par des interminables grèves et manifestations.

    «La misère et l’arbitraire de la police» - c'est l’explication que ce Tunisien a donné à son acte public d’immolation par le feu. Les conséquences de ce geste de désespoir ont provoqué une réaction en chaîne des millions de mécontents. Les actions de protestation à Tunis qui se sont soldés par des dizaines de tués ont contraint le président Ben Ali de s’enfuir en Arabie saoudite. Les peuples des pays voisins ont vu qu’on pouvait démonter un régime qui semblait récemment immuable, même si on devait le faire au prix des sacrifices et des bouleversements. La mouvement de contestation a rapidement gagné l’Égypte, la Syrie, le Bahreïn, le Yémen et le Libye.

    Une démocratie à l'occidentale?

    «La révolution de jasmin» en Tunisie a montré les tendances de l’évolution des états d’Afrique du Nord et du Proche-Orient s’ils optaient pour une démocratie du type occidental, - a noté le politologue Roustem Vakhitov dans son interview à Voix de la Russie. «Ce genre de démocratie exprime dans l’idéal la volonté de la majorité en Orient arabe qui a les sentiments pro-islamistes. Dans ce contexte, la montée au pouvoir du parti islamiste pour le moment modéré d’Al Nakhda en Tunisie a confirmé les craintes de nombreux politologues. Les conclusions qu’on peut en tirer sont décevantes pour ceux qui ont transformé les valeurs libérales et démocratiques en une «vache sacrée». Force est de constater que dans certaines régions de notre planète les régimes laïques ne peuvent se maintenir au pouvoir que sous forme de dictatures militaires, celles précisément qui avaient existé avant la révolution. Le démantèlement de ces dictatures qu’on peut qualifier d’éclairées et de pro-occidentales, donnera le pouvoir à la rue arabe ouvertement pro-islamiste, ce qui va complètement change la donne».

    En même temps, estime l’expert, les pays occidentaux ont fait tout le possible pour déstabiliser les pays de la région. «Ils s’ingéraient activement dans la politique arabe. Il suffit de rappeler à ce titre l’opération plus que violente de la coalition occidentale en Libye. Ils poursuivent toujours cette politique en semblant oublier que la conception occidentale de l’ordre mondial est loin d’être toujours partagée en Orient».

    En réalité ce n’est un secret pour personne, l’Occident y poursuit ses propres objectifs géopolitiques. «Nous voyons comment les forces extérieures s’efforcent en permanence de prendre sous leur contrôle cette vague des mécontentements objectifs et des facteurs économiques qui a provoqué la colère des peuples», précise Humer Issaev, qui dirige le Centre de Saint-Pétersbourg spécialisée dans l’étude du Proche-Orient contemporain. «Le printemps arabe a donné de nouvelles leçons en rappelant en même temps quelques vérités élémentaires. Premièrement, l’inamovibilité des régimes et de leurs leaders conduit aux révoltes et aux renversements de situation. Deuxièmement, le pouvoir n’est pas en mesure de contrôler la propagande des sentiments révolutionnaires et l’auto-organisation de la population via Internet. Et enfin, le niveau de vie médiocre et le chômage des jeunes deviennent dans le monde contemporain un puissant catalyseur d’activité politique. Quant à ses résultats, ils sont souvent détournés à leur profit par les tierces forces».

    «Le printemps arabe» a sonné le glas des régimes dans quatre pays, à savoir, la Tunisie, l’Égypte, la Libye et le Yémen. Mais l’instabilité qui se manifeste dans les autres pays de la région et notamment en Syrie fait douter que ce phénomène appartient déjà au passé. Les états d’Afrique du Nord formeront tôt ou tard les nouveaux modèles d’administration et les nouvelles structures politiques intérieures. Il faut surtout éviter que ce processus conduise à un bain de sang.

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