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    Le scénario libyen pour le Kazakhstan? (Presse)

    Le scénario libyen pour le Kazakhstan? (Presse)

    Photo: RIA Novosti
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    Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a déclaré l’Etat d&rsquo

    Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a déclaré l’Etat d’urgence dans la ville de Janaozen (ouest du Kazakhstan) qui restera en vigueur jusqu’au 20 janvier 2012, ainsi que le couvre-feu jusqu’au 5 janvier, écrit lundi 19 décembre le quotidien Nezavissimaïa Gazeta. Pendant cette période, les manifestations et autres événements de masse seront interdits dans la ville, la circulation sera limitée et des restrictions frapperont l’utilisation des appareils photo et des vidéos, ainsi que des photocopieuses. C’est ainsi que le gouvernement du Kazakhstan a réagi aux émeutes qui ont éclaté dans l’ouest du pays vendredi et samedi dernier et auraient été, selon une version, déclenchées depuis l’étranger.

    D’une part, l’éruption de colère à Janaozen était facile à prévoir: 1.500 ouvriers du secteur pétrolier sur les 2.000 licenciés pour avoir revendiqué de meilleurs conditions de travail et une augmentation des salaires avaient entamé une action de protestation à durée indéterminée. 
    On ne peut pas dire que le gouvernement n’était pas au courant.

    Toutefois, des négociations discrètes avec les ouvriers ont abouti à un résultat complètement inattendu: les revendications socio-économiques des protestataires ont revêtu un caractère politique allant jusqu’à la démission du président Nazarbaïev.

    D’autre part, à la veille de la fête nationale du Kazakhstan, les réseaux sociaux ont commencé à déborder d’appels aux protestations contre le gouvernement. Ils étaient en partie initiés de l’étranger, et c’est sans doute la raison pour laquelle Facebook et les réseaux similaires sont actuellement bloqués au Kazakhstan, ainsi que la téléphonie mobile. L’explosion sociale à Janaozen s’est produite au moment précis où le président Nazarbaïev inaugurait à Astana l’arc de triomphe consacrée au 20ème anniversaire de l’indépendance du pays. Cette coïncidence laisserait également supposer que les émeutes dans l’ouest du Kazakhstan ont été orchestrées. Les affrontements des manifestants avec la police ont fait 12 morts et près de 100 blessés, dont certains sont dans un état très grave. Au cours d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité, le président Nazarbaïev a approuvé les actions de la police: "Les forces de l’ordre n’ont pas outrepassé leurs compétence et la loi."

    Hier soir, Kalmoukhanbet Kassymov, ministre kazakh de l’Intérieur, a déclaré que la situation à Janaozen était stabilisée.

    "Le conflit de Janaozen couvait depuis longtemps. Il est évident que les forces de l’opposition l'ont exploité pour essayer de manipuler les protestataires depuis Londres. Dès la veille [des événements], les réseaux sociaux regorgeaient d’appels à gâcher la fête de l’Indépendance du Kazakhstan. On décèle derrière ces faits des efforts pour discréditer le gouvernement et provoquer un bain de sang", a déclaré Alexeï Vlassov, directeur du centre d’information et d’analyse de l’Université d’Etat de Moscou.

    Cette opinion est partagée par Iouri Solozobov, directeur des projets internationaux de l’Institut de la stratégie nationale. "J’estime que les émeutes ont été provoquées de l’étranger par des opposants radicaux du président Nazarbaïev. Le fait que cela s’est produit le jour du 20ème anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan est éloquent. Le but de cette provocation indiscutable est de mettre en cause la stabilité intérieure du Kazakhstan", a déclaré Iouri Solozobov.

    En parlant d’opposants radicaux, les experts entendent par là l’ancien gendre du président kazakh et ex-chef du Comité de la sécurité nationale, Rakhat Aliev, ainsi qu’un oligarque important, Moukhtar Abliazov. Les deux se sont brouillés à une époque avec le président kazakh, ont été obligés de fuir le pays et se trouvent actuellement à Londres.

    Dans le même temps, les experts n’excluent pas que des acteurs internationaux beaucoup plus importants que ces deux fugitifs pourraient chercher à déstabiliser le Kazakhstan. "La situation dans la région de la mer Caspienne, notamment sur le littoral pétrolifère et dans les provinces pétrolières pourraient être aggravée par des acteurs extérieurs", estime Iouri Solozobov. 
    Selon l’expert, l’expérience libyenne a démontré qu’un nouveau scénario de déstabilisation des pays riches en hydrocarbures avait été mis au point.

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