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    Le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy

    Le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy

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    Le président Sarkozy n’y va pas par trente-six voies et ne mâche pas ses mots. Dans son interview qu’il avait accordé hier à « Figaro-Magazine » il a déblayé le terrain et, pour ainsi dire, jeté les grandes lignes de son programme présidentiel au cas où tout de même il se déciderait à bien vouloir prendre part à la course.

    Eh bien, Malbrouk s’en va-t-en guerre, c’est  à dire Sarkozy démarre et rentre dans les lards. Ainsi il propose de durcir le ton à l’égard des immigrés illégaux. Il se prononce contre le rassemblement familial de ceux qui n’ont pas les moyens de pourvoir à ses propres besoins et qui seraient obligés de vivre aux crochets de la société française. Il se penche également sur ces 10 p.c. de citoyens au chômage et articule en toutes lettres un projet de loi sur la réorientation professionnelle des désoeuvrés ne trouvant pas de débouchés sur le marché de travail. Et qu’est-ce qu’il leur propose? Mais tout bonnement une formation avec embauche immédiate selon leur nouvelle qualification. Sarkozy se prononce également contre le statut légal de l’euthanasie. Il entend s’opposer fermement aux mariages homosexuels et plaide le bon sens et la raison. Il va sans dire que ce programme va à l’encontre des propositions d’un François Hollande qui, lui, veut, par exemple, accorder aux résidents étrangers un droit de vote aux élections municipales.

    Tout en décortiquant le programme du président sortant, nous avons voulu tâter le pouls de la société française et, pour ce faire, nous nous sommes adressés à Philippe Comte, un universitaire, maître de conférences à Paris-1, Panthéon, Sorbonne.

    Voix de la Russie : Monsieur Comte, pourriez-vous nous dire en tant que citoyen français et universitaire ce que vous pensez de ces idées présentées par Nicolas Sarkozy. Peuvent-elles être acceptées par la société française ? Croyez-vous que cet ébauche de programme pourrait être approuvé par les électeurs ?

    P.C. Dans cette panoplie qui est annoncée des mesures – je répète ce sont les mesures de bon sens qui rejoignent les sentiments de beaucoup de gens ici – par exemple, le refus de l’euthanasie – la loi Leonetti d’avril 2005 paraît être raisonnable. La question de la non-régularisation des étrangers en situation irrégulière pourrait faire consensus quoique de façon plus limitée. Il s’agit bien des étrangers entrés sur le territoire récemment et de façon complètement illégale. Je crois que tout le monde comprendra  que tout pays… Bon, je suis beaucoup plus dubitatif sur le chômage. Je crois que c’est pas une bonne idée de donner la formation aux chômeurs. Je ne suis pas certain que certains chômeurs arrivés à un certain âge puissent se former à nouveau. C’est pas toujours facile. Et puis de toute façon cela ne fait que prendre le problème à la queue du problème, n’est-ce pas ? Lorsque les gens sont déjà au chômage. Je crois que la plupart de Français ont appris mais peut-être non de l’apprivoiser mais en tout cas de la percevoir de façon lucide et puis vu le train auquel vont les choses et surtout au train de l’économie mondiale parce que l’économie française est désormais intégrée à l’économie mondiale… Vous voyez,  pour vous répondre, c’est une réponse un peu prudente mais moi je ne crois pas aux solutions-miracle.

    Il est normal qu’un Président en exercice et futur candidat, fasse des propositions aux Français. Tout Président doit le faire. Et tout candidat en tout cas. Maintenant vous savez quand on réfléchit un peu à l’Histoire de la France, à l’évolution politique, on se rend compte qu’au fond la France est gouvernée au centre entre guillemets. Pas au centre politique mais il y a une sorte de permanence dans la gestion de ce pays, peut-être qu’elle vient de son histoire, une sorte de sagesse profonde, une grande habitude, une grande habitude, une grande tradition. Mais en même temps au fond il y a quelques écarts de temps en temps commis par tel ou tel président. Même si l’on prend effectivement le Président Sarkozy, il est plus le même maintenant à la fin de son septennat… Il y a un Sarkozy d’aujourd’hui qui n’est pas le même, qui est différent du Sarkozy d’il y a cinq ans.

    Comme on le voit, une partie de Français au moins approuve et applaudit. Cette droite dure, la dextre de Nicolas qui peut s’abattre sur les questions difficiles dispute l’auditoire à Marine Le Pen qui, elle accuse carrément l’UMP de lui faire barrage dans sa quête des voix des notables. On sait que, pour pouvoir se faire candidat à la présidentielle, il incombe à réunir 500 signatures des élus du peuple. Or, Marine en a 385 justement. Et elle met sur la sellette le parti au pouvoir en courant au scandale. Selon elle, dans la meilleure tradition des démocraties contrôlées, on fait pression sur les maires en leur proposant de se garder bien de prêter leur soutien au Front National.

    Quoi qu’il en soit la droite a bien de l’ascendant sur la société française et cela n’étonne guère vu l’état des choses.

    L’Institut pour la Justice, un organisme du type Association Loi 1901, nous raconte des cas épouvantables des tortures et mises à mort des simples citoyens attaqués par les soi-disant jeunes des villes-dortoirs à ne citer que l'enlèvement du jeune Ilan Halimi. Il fut mis à mort dans des conditions d'une violence à faire hurler les pierres par un groupe de jeunes de banlieue qui se nommaient eux-mêmes « le Gang des Barbares ». Ils avaient torturé ce garçon pendant trois semaines, attaché nu sur une chaise dans une cave, un sac sur la tête. Le pire cependant, se produisit durant le procès, où le chef du gang, Youssouf Fofana, continua à se moquer ouvertement des parents et des juges, à expliquer combien il était fier de ses actes. Il a même prononcé de très graves menaces à l'égard des jurés lors des audiences au tribunal.

    Malgré donc l'absence de remords et l'atrocité du crime, la plupart des coupables sont aujourd'hui libres et la Justice a commencé à libérer ceux qui portent la plus lourde responsabilité.

    On comprend que des cas comme celui-ci et qui se multiplient à travers la France, n’appellent pas les Français à la clémence et font durcir le ton aux politiques responsables dont Nicolas Sarkozy. 

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