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    Afghanistan: l'heure a sonné?

    Afghanistan: l'heure a sonné?

    Photo: EPA
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    Lors de sa visite surprise à Mazar-i Charif en Afghanistan, la chancelière allemande Angela Merkel a fait une déclaration équivoque concernant le retrait des forces internationales. «Il y a des réussites, mais elles ne permettent pas de dire: oui, nous allons atteindre les objectifs d'ici 2014. Cependant, nous avons de la volonté et nous allons agir», cite les propos de Madame chancelière le quotidien allemand DerSpiegel.

    Angela Merkel a rectifié une erreur en confirmant la date du retrait des troupes. Mais il y a une question qui se pose: est-il possible de terminer la mission en Afghanistan sans plonger le pays dans le chaos et la guerre civile et sans le risque du retour des talibans?

    Après la tragédie qui s'est éclatée dans le province de Kandahar – un militaire américain a massacré seize personnes civils dont plusieurs enfants – cette question est plus que jamais d'actualité. L'Américain qui souffre des troubles psychologiques, est en fait vétéran de la guerre en Irak. Qui donc est envoyé par Washington dans quatre coins de la planète pour, arme dans les mains, instaurer la démocratie à l'américaine? «Quoi qu'il en soit, fait remarquer un autre quotidien allemand Der Standard, la haine des Afghans à l'égard de l’Occident ne fait que grandir, les talibans se renforcent et les militaires des forces internationales sont de plus en plus perçus comme maniaques et tueurs des enfants par la population afghane». A noter que  le même article met en doute la version officielle de la tragédie de Kandahar. Témoignages des survécus et  opinions d'experts à l'appui, le journaliste affirme qu'il y avait tout un groupe de soldats sous l'emprise de l'alcool. Les experts militaires ne croient pas, quant à eux, qu'il est possible de se rendre seul en une nuit dans deux villages situés à deux kilomètres de distance, tirer sur les gens et ensuite brûler les corps.

    Dans une récente interview, Thomas Konnings, ex-envoyé onusien en Afghanistan et président du comité des droits de l'homme et du comité de la défense du Bundestag allemand, a fait preuve de franchise.

    «J'ai peur qu'il sera impossible de continuer à retenir cette explosion de la haine. Ce qui s'est passé est tout simplement odieux. Cet incident montre que la coalition internationale n'a plus rien à faire en Afghanistan. Ni les opérations militaires, ni l'envoi de contingents supplémentaires, ni la prolongation de la mission ne servent plus à rien. Rangin Spanta, conseiller du président Karzai pour les questions de sécurité, m'a dit un jour qu'aucun Etat n'était capable de supporter une occupation ou autre chose de la sorte pendant plus de dix ans. C'est le cas de l'Afghanistan. Cela est absolument vrai. Il est l'heure de quitter l'Hindou Kouch».

    L'heure approche, en effet. Elle peut encore être retardée de force mais rien ne pourra l'arrêter.

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