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Le leader sunnite qualifie la Russie « d'ennemi numéro un »

Le leader sunnite qualifie la Russie « d'ennemi numéro un »

© Capture d'écran: YouTube
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« Frères, Moscou est devenu récemment un ennemi de l'Islam et des musulmans, un ennemi numéro un ». Cette déclaration sensationnelle a été faite par l'un des plus célèbres savants sunnites, le théologien cheikh Youssef al-Qardaoui. Ce dernier estime que la Russie est responsable de la mort des civils en Syrie.

Cette déclaration est une menace, en non pas une phrase un peu trop émotionnelle. Le cheikh Youssef al-Qardaoui est l’un des théologiens les plus respectés dans le monde sunnite. Il est le chef spirituel de l'organisation terroriste des Frères musulmans en Egypte, en Syrie, en Libye et dans d’autres pays du monde arabe. Il suffit qu’al-Qardaoui déclare qu’un pays est l’ennemi numéro un pour que tous ses disciples prennent ses déclarations au sérieux.

Al-Qardaoui a écrit plus de 120 livres et a reçu huit prix internationaux pour sa précieuse contribution dans la religion musulmane. Il fait partie aujourd'hui des plus éminents théologiens du monde, occupant la troisième place dans la liste des «100 personnes les plus intelligentes dans le monde », selon le Prospect Magazine britannique et le magazine américain Foreign Policy.

En tant que chef spirituel du mouvement du Hamas, il a soutenu l’activité terroriste la plus efficace et la plus sanglante, celle des kamikazes. « Des milliers de savants musulmans partagent mon opinion », a affirmé al-Qardaoui il y a 8 ans. Même lorsque les attentats suicides ont fait des blessés parmi des civils israéliens, le chef religieux a affirmé dans un entretien à la corporation britannique BBC que « les femmes israéliennes ne sont pas des femmes. Ce sont des soldats »C'est après cette déclaration que le mouvement Hamas est passé à la phase active des opérations en Israël.

Dans un entretien à La Voix de la Russie, Assa Amit, l’ex-colonel des services généraux de sécurité israéliens (Shabak) et actuel consultant des questions de la sécurité internationale, explique que la déclaration du cheikh Youssef al-Qardaoui représente une menace réelle pour la vie des Russes dans le monde entier. « Une telle déclaration hostile est un appel à l’action pour Al-Qaïda, les Frères musulmans et d'autres organisations radicales. C'est un appel d’attaquer les Russes partout dans le monde. Il n'a pas besoin de dire : «Tuez les Russes ». Ils ont leurs messages cryptés. Et la mention « ennemi numéro un » est justement l’un de ces messages qui sous-entend le passage à l’acte ».

Il s'agit de la première déclaration de ce genre contre la Russie. Même Ruhollah Khomeini, le chef de la Révolution islamique de 1979 en Iran ne qualifiait pas la Russie « d'ennemi numéro un », bien qu’il la surnommait toujours comme étant le « petit Satan », après les Etats-Unis et Israël. Beaucoup de théologiens sunnites radicaux se sont abstenus de ce genre de déclarations à l’encontre de la Russie, vu l’aide financière importante que fournissait l'URSS aux pays arabes.

Le cheikh Youssef al-Qardaoui aurait des relations avec Al-Qaïda et d'autres insurgés islamistes en Afghanistan. Mais personne ne pouvait penser que la Russie serait qualifiée d’ennemi par ce théologien réputé.

« J'espère que tous les chefs spirituels des musulmans de Russie vont condamner la récente déclaration d’al-Qardaoui et continueront à adhérer à la politique de paix et de loyauté envers la Russie », a déclaré le cheikh Abdul Hadi Palazzi, secrétaire général de l’Association musulmane de l’Italie dans une interview à La Voix de la Russie.

Palazzi regrette que les idées radicales, qui ressemblent à celles qui datent de l’époque de Mohammed Amin al-Husseini, commencent à dominer dans le monde musulman. Ce chef religieux palestinien, chef de file des nationalistes arabes en Palestine, a soutenu Hitler à une certaine époque. « Le cheikh Youssef al-Qardaoui est également un adepte de la politique d’Hitler. On a l'impression qu'il veut répéter les terribles événements de l'histoire, appelant la Russie « ennemi numéro un », conclut Palazzi. /L

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