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    L’Union Européenne ressemble à l’Hôtel California

    L’Union Européenne ressemble à l’Hôtel California

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    La semaine promet d’être tumultueuse pour l’UE. L’événement principal sera le sommet des 7 et 8 février à Bruxelles, axé sur le projet de budget pour les années 2014-2020. Les hommes politiques européens cherchent à anticiper sur l’événement. Ainsi, le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy s’est déjà arrangé pour produire une impression favorable sur la chancelière allemande Angela Merkel. A la conférence de presse conjointe de mardi à l’issue des pourparlers entre les chefs de gouvernement des deux pays, Mme Merkel a noté : « J’ai eu l’impression que tout le Cabinet, y compris le Premier ministre, travaille en vue de résorber le chômage, de faire fonctionner les réformes structurelles, et de faire en sorte que l’Espagne occupe sa place parmi les Etats forts »

    Les députés du Parlement Européen eux aussi essayeront d’anticiper sur les débats imprévisibles au sommet de l’UE. Sa session plénière s’est ouverte le lundi 4 février, et durera jusqu’au 7. Le président de la Commission Européenne José Manuel Barroso cherchera à convaincre les députés d’appuyer le document final, qui est, d’ailleurs, encore au stade de la mise au point.

    Au sein de l’UE, les divergences portent essentiellement sur la question « économiser » ou « investir ». Le président français François Hollande, qui intervient également devant les députés du Parlement Européen, veut, lui, revoir la priorité donnée aux mesures d’austérité dans l’économie. Or les « piliers » économiques de l’UE, notamment, l’Allemagne, les Pays-Bas et les pays scandinaves sont persuadés que les nouvelles injections financières dans les pays à problèmes de feront que gonfler de nouvelles bulles spéculatives. Récemment, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a publié une lettre ouverte explicitant « comment rendre possible sur la base de la concertation mutuelle la sortie du régime des engagements européens partagés – y compris la zone Schengen, la zone euro et l’Union Européenne elle-même ». D’après lui, l’UE évoque l’Hôtel California immortalisé par la célèbre chanson du groupe The Eagles, où vous pouvez régler la note, mais que vous ne pouvez jamais quitter ».

    « Ces craintes sont justifiées. Qui plus est, il est fort possible que la zone euro change de configuration. On a beaucoup discuté dans l’UE de la nécessité d’accepter au sein de l’UE les pays dits « faibles ». Je n’exclus donc pas une telle éventualité.

    La deuxième signature en bas de la lettre ouverte du Premier ministre néerlandais est non moins évocatrice. Elle à appartient Jeroen Dijsselbloem, ministre des Finances des Pays-Bas et chef de l’Eurogroupe. Son prédécesseur à ce poste Jean-Claude Junker soulignait la nécessité de conserver la zone euro dans sa configuration actuelle. En conséquence, un tel « roque » peut augurer une nouvelle donne au sein de l’ensemble de l’UE en faveur des partisans de la « ligne dure », conduits par l’Allemagne », explique le professeur Boris Roubtsov, de l’Académie des Finances de Russie. T

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