Ecoutez Radio Sputnik
    Les rebelles syriens veulent un islam mondial sur la terre

    Les rebelles syriens veulent un islam mondial sur la terre

    Photo : EPA
    Actualités
    URL courte
    0 7 0 0

    Alors que le président français, François Hollande, PS, avec son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, PS, veulent donner des armes aux rebelles syriens, la rédaction allemande de la Voix de la Russie « Stimme Russlands » a accueilli le témoignage d'un journaliste allemand qui a passé six mois en Syrie avec les rebelles, dont plusieurs semaines dans la prison du gouvernement Assad et qui, après avoir été libéré au début du mois de mars par l'intervention directe du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, témoigne de la vie au quotidien en Syrie et que les rebelles, sans en connaître les véritables raisons, veulent annexer tous les pays et y placer leur islam radical une fois la Syrie vaincue dans le but d'un islam mondial.

    Les médias français ont parlé en deux ou trois lignes du reporter Billy Six, 26 ans, qui a passé douze semaines dans une prison du régime Assad en omettant de réaliser un entretien avec lui pour savoir ce qu'il se passe réellement en Syrie. C'est que le reporter allemand peut déranger si les médias français écrivent ce qu'il a vu et entendu en Syrie et plus largement sur ce qu'il sait sur les responsables politiques européens dont des politiques allemands du parti des Grünen qui à l'image de Hans-Christian Ströbele, éminence grise des Verts allemands tout comme Cohn Bendit, pour les Verts français, sont selon l'emploi de ses termes des « agents du système». Les médias d'outre-Rhin se moque de ce jeune reporter et tente de le discréditer car il n'a pas de diplôme en journalisme et n'est, donc, pas passé par le moule traditionnel de la corporation et surtout car il ne répète pas ce que les journalistes racontent. « Les médias occidentaux sélectionnent l'information et ne montrent que le sang en Syrie. Dans certains endroits en Syrie je n'ai pas eu l'impression que le pays se trouvait en guerre ». Le magazine Focus va même jusqu'à écrire que de toutes les façons, Billy Six, n'étant pas un vrai journaliste, il ne pouvait pas obtenir un visa pour la Syrie et qu'il n'avait rien à faire là-bas. Pendant que des journalistes diplômés écrivent des articles sur la Syrie de leur bureau en recopiant les dépêches de l’AFP, Billy Six, lui, a été voir sur le terrain.

    Ströbele, ami de Cohn Bendit

    Juste avant de partir en Syrie, Billy Six a publié en mai 2012 Le feu follet vert un livre-enquête sur le rythme de vie d'une des têtes idéologiques du mouvement écologiste die Grünen, Hans-Christian Ströbele, ami historique et politique de Cohn Bendit et de Joschka Fischer. On apprend, par exemple, que l'édile transporte son vélo dans sa voiture pour venir au Bundestag après avoir garé son véhicule à quelques mètres de là, juste pour l'image écolo. Ayant mené une enquête dans le voisinage de Ströbele, Billy Six a reçu la visite de la BKA (service de la police luttant contre les terroristes comme la RAF) qui lui a demandé de stopper ses recherches sur la figure emblématique des Grünen car « cela ne se fait pas de poser des questions sur le train de vie d'un député. Ströbele est une figure intéressante de la Realpolitik. Il se présente comme un homme de gauche et obtient des voix car il paraît sincère. A y regarder de plus près, on obtient une image tout à fait différente. Hans-Christian Ströbele est propriétaire de biens immobiliers et il habite dans le quartier noble de Berlin au lieu de vivre dans Kreuzberg comme tout le monde le pense. Il se fait passer pour un pacifiste malgré sa récolte d'argent au profit des rebelles de l'Amérique Latine. Hans-Christian Ströbele exige de la transparence de la part des autres mais il refuse de donner lecture des dossiers le concernant sur la période de la RAF. Le plus important est de le considérer comme agent du système et non pas comme un opposant », explique Billy Six qui montre aussi son talent de journaliste d'investigation chez lui en Allemagne.

    Islam mondial

    Billy Six est parti en Syrie car il voulait voir la réalité du terrain en ayant assez d'écouter des reportages incohérents ou contradictoires sur le conflit. « Certains ne voudront pas me croire mais la vie au quotidien fonctionne bien dans certaines parties du pays même si à partir du mois d'octobre les coupures de courant sont devenues plus fréquentes. Certains jours je n'avais pas l'impression d'être en zone de guerre. Il y avait toujours assez à manger. Les petits magasins sont restés ouverts. Les gens étaient toujours gentils et serviables. Le prix de l'essence et de la nourriture a plus que doublé. La vie est devenu aussi cher qu'en Allemagne ». Billy Six est allé avec un visa en Syrie mais à la frontière syrienne les soldats syriens ont refoulé le journaliste indépendant afin de ne pas mettre en danger sa vie. Il est finalement parti en Syrie en suivant des opposants au gouvernement Assad et a partagé le quotidien de ceux que nos médias nomment les rebelles durant ces longues semaines. « Le groupe des rebelles parle de la victoire de l'islam et que la confiance en Allah prime sur tout. Les jeunes combattants ont parlé différemment une fois entre quatre yeux. Ils ne comprennent pas le sens de la guerre et souffrent de la situation. Les Sunnites, cependant, sont majoritaires et forment un gouvernement selon leur représentation. C'est la religion qui les oblige à agir. Les rebelles n'ont pas de raison théologique issue de l'islam pour mener le combat. Le cheikh et d'autres personnes leur expliquent constamment l'utilité du combat et pourquoi c'est vital pour l'islam de faire la guerre et de mourir en martyr. Lors de mon périple en Syrie je n'ai pas vu d'armes de l'OTAN. Ils avaient des armes de l'armée irakienne ou des armes prises aux soldats ou dans les réserves délaissées par l'armée d'Assad. A plus de 30 % les bombes larguées par les avions d'Assad n'explosent pas au sol. Les rebelles les dégoupillent et se servent des explosifs pour en faire d'autres. Leur production d'armes est artisanale. De toute façon les rebelles considèrent que les forces de l'OTAN sont les alliés d'Israël et ils ne sentent pas du tout aidés par eux. Les journalistes occidentaux participent à la désinformation en diffusant des images sélectives de combats. Ils veulent montrer du sang. Parmi les rebelles j'ai rencontré un Indonésien, un Libyen, un combattant de l'Arabie Saoudite ».

    Avenir de la Syrie

    « Selon moi la Syrie va devenir comme la Yougoslavie et se briser en plusieurs États. On n'aura les Alavites près de la mer, l’État Kurde, les Druzes. Les Chrétiens n'auront rien car ils n'ont pas de point d'ancrage géographique spécifique. La même chose s'est passé pour les Chrétiens d'Irak. Le but des Islamistes est de conquérir après la Syrie Israël et l'Arabie Saoudite pour construire au niveau mondial l’État islamique ».

     

    Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

    Règles de conduiteDiscussion
    Commenter via FacebookCommenter via Sputnik

    Grands titres