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    Russie-Géorgie : pas de normalisation diplomatique possible actuellement (officiel géorgien)

    Russie-Géorgie : pas de normalisation diplomatique possible actuellement (officiel géorgien)

    Photo : RIA Novosti
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    Zourab Abachidzé, représentant spécial chargé de la normalisation des relations avec la Russie, a évoqué dans un entretien exclusif accordé à La Voix de la Russie les relations russo-géorgiennes aujourd’hui et la recherche de nouveaux points de contact.

    La Voix de la Russie. Monsieur Abachidzé, vous avez déclaré que Tbilissi était prêt à entamer la deuxième étape de la normalisation des relations entre la Géorgie et la Russie. Toutefois, j’aimerais d’abord évoquer la première étape, l’étape économique. Les principaux problèmes des relations russo-géorgiennes sont-ils résolus ?

    « J’aimerais dire quelques mots à propos du 5e anniversaire de cette guerre tragique. Je pense que longtemps encore nous ne pourrons nous entendre avec la Russie sur l’évaluation de ces événements. Mais nous avons adopté une position en vertu de laquelle nous devons regarder vers l’avenir et avancer à petits pas grâce au dialogue entamé l’année dernière. En ce qui concerne la première étape, nous avons dès le début défini les problèmes tels que le rétablissement des liens commerciaux et des liaisons de transport, ainsi que les problèmes humanitaires et culturels. Nous avons accompli un progrès considérable et convenu de ne pas aborder les « thèmes délicats ». En effet, nous nous rendons bien compte que la Russie a l’intention de continuer à reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. La Géorgie, par contre, restera intransigeante sur ce sujet. Toutefois, il faut essayer d’aller de l’avant et de regarder vers le futur. L’étape suivante sera sans doute plus compliquée, car les questions deviendront plus complexes.»

    LVdlR. Ainsi, toutes les questions ne sont pas réglées sur le plan économique ?

    « En ce qui concerne les exportations, elles sont en passe de se rétablir. Les activités commerciales russes n’ont jamais été confrontées à aucun problème en Géorgie. Près de 200 sociétés russes sont implantées ici. La Géorgie a aboli le régime des visas avec la Russie dès 2011. En ce qui concerne nos activités commerciales, elles étaient affectées par des restrictions qui sont levées au fur et à mesure. Nous voulons être pragmatiques et réalistes et rechercher des points de contact avec la Russie et des intérêts communs.»

     

    LVdlR. Peut-on citer un délai précis pour le rétablissement des relations diplomatiques ?

    « À l’étape actuelle, nous ne pouvons pas étudier cette question. Si nous optons pour la normalisation des relations diplomatiques avec la Russie, ceci voudrait dire que nous reconnaissons l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Ce que nous ne pouvons pas faire. Si notre dialogue s’avère fructueux, notre ordre du jour comportera la normalisation des relations. Mais aujourd’hui, c’est tout simplement impossible. Après la reconnaissance de l’indépendance de ces régions, un cercle vicieux s’est formé et personne ne peut le briser. Nous cherchons justement la sortie. Notre dialogue créera une ambiance sereine et positive pour cela. Le premier ministre russe a accordé un entretien circonstancié à la télévision géorgienne. C’est sa deuxième intervention devant les caméras au cours des 6-7 derniers jours : le premier entretien était accordé à la télévision russe, et le second à la télévision géorgienne. Tous les problèmes ont été évoqués. Il est clair que cela exerce un impact sur l’opinion publique.

    Le principal, c’est que le sentiment de haine soit inexistant entre nos deux peuples. Aujourd’hui, le nombre de touristes russes en Géorgie ne cesse de croître. La file des voitures russes s’allonge à la frontière. Les touristes arrivent et leur nombre a augmenté de 30-40 %.»

     

    LVdlR. Est-ce que vous vous attendez à des changements dans la politique étrangère de la Géorgie et plus particulièrement dans les relations avec la Russie après les élections présidentielles dans votre pays ?

    « Notre politique extérieure est déjà définie à de nombreux stades. Notre peuple s’est déjà exprimé lors de referendums. Nous prônons l’intégration au sein de l’UE. Pour le moment la question de l’adhésion n’est pas à l’ordre du jour. Ce projet s’inscrit dans un plan à long terme. Je pense qu’à la fin de l’année, nous pourrons conclure un accord d’association avec l’UE. Nous coopérons très étroitement avec l’OTAN. Mais l’admission au sein de l’alliance n’est pas non plus une perspective rapprochée. Nous voudrions nous organiser afin d’édifier en Géorgie un État européen contemporain qui serait évidemment basé sur nos valeurs traditionnelles. Nous souhaitons aussi avoir des relations chaleureuses avec tous nos voisins. Nous nous entendons bien avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Turquie et les pays riverains de la mer Noire. J’espère sincèrement que nos relations avec la Russie se réchaufferont également.» T


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