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    Egypte : la libération de Moubarak fait le jeu des Frères musulmans

    Egypte : la libération de Moubarak fait le jeu des Frères musulmans

    Photo : EPA
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    Les nouvelles autorités égyptiennes ne se sont pas tout de suite décidées à remettre en liberté l’ex-président Hosni Moubarak, qui se trouve maintenant assigné en résidence surveillée. Remis « à moitié en liberté », Moubarak a été placé le soir du 22 août à l’hôpital « Maadi » ou au centre médical pour les militaires en retraite.

    Le premier ministre du gouvernement égyptien de transition Hazem al-Beblawi et le commandant militaire du Caire ont signé la nuit du 21 au 22 août le décret approprié. Les libéraux et les partisans des Frères-musulmans se disent mécontents et indignés par la remise en liberté du « pharaon », comme les Egyptiens surnomment Moubarak. Les uns et les autres ont lutté contre lui pendant les événements de 2011. Fait paradoxal : l’attitude envers Moubarak unit les uns et les autres. Sa semi remise en liberté fait, selon les experts, le jeu des Frères musulmans dont les leaders affluent tous les jours à la prison de Tora, au Caire.

    Les Egyptiens comprennent que la mise en liberté de Moubarak, malade, 85 ans, est une « révérence » à l’armée qu’il a créée dans son aspect actuel pendant sa présidence. Certains politiciens libéraux vont jusqu’à signaler la « restauration » de l’ancien régime.

    Moubarak a été arrêté pendant la « révolution » de 2011 et a passé en réclusion deux années et demie. La dernière accusation de corruption a été annulée mercredi 21 août. Les avocats de Moubarak ont prouvé qu’il n’en était pas coupable.

    L’ex-officier de l’aviation de guerre a présidé l’Egypte entre 1981 et 2011. Une enquête sera engagée sur son implication dans la fusillade des manifestants en janvier 2011. Les audiences reprendront le 25 août.

    La levée des accusations de Moubarak accentuera les contradictions entre l’armée et ses partisans laïques mécontents de la remise du tyran en liberté. Plusieurs d’entre eux rejoindront, peut-être, les Frères musulmans, ce qui renforcera sans aucun doute les positions des islamistes, estime l’expert de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie Andrei Korotaev :

    « L’un des leaders des Frères-musulmans a dit récemment : « notre organisation a évolué 85 ans sous la pression des régimes répressifs. Nous nous sommes habitués à travailler dans ces conditions. C’est notre zone de confort. Les autorités nous poussent dans un sens inverse. La position des responsables militaires ayant mis le cap sur l’emploi de la force nous paraît étrange. Comptent-ils faire ce que n’ont pas réussi Nasser et Moubarak ? »

    Le Caire essaie de faire tout pour que les touristes russes affluent à nouveau dans le pays. Il est possible que leur nombre baisse en octobre vu la recommandation du ministère russe des AE de s’abstenir de visiter le pays des pyramides. Le ministre égyptien du tourisme Hisham Zazua a assuré le 19 août les Russes que  les zones balnéaires au bord de la mer Rouge étaient absolument sécurisées.   /N

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