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    Une frappe US contre la Syrie enterrerait l'ONU

    Une frappe US contre la Syrie enterrerait l'ONU

    © Photo : Anna Forostenko/La Voix de la Russie
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    Une frappe éventuelle contre la Syrie engendrer une nouvelle vague de violence et le conflit débordera au-delà des frontières syriennes, écrit le président de Russie Vladimir Poutine dans une tribune du New York Times.

    Vladimir Poutine a exposé en direct à la population des Etats-Unis et aux hommes politiques américains la position de la Russie sur la situation dans le monde et plus particulièrement autour de la Syrie. « Une frappe éventuelle contre la Syrie effectuée par les Etats-Unis, malgré la ferme opposition de nombreux pays et de dirigeants politiques et religieux de premier plan, comme le pape, fera des victimes innocentes et provoquera une escalade du conflit qui risquerait de s’étendre bien au-delà des frontières de la Syrie », a déclaré le président russe. Utiliser la force sans l’aval du Conseil de sécurité de l'ONU est, selon lui, dangereux parce que cette structure risquerait alors de connaître le sort de la Société des Nations qui s'est disloquée suite à l'absence de leviers réels d'influence sur la situation internationale.

    Le directeur de l'Institut de la planification stratégique, Alexandre Goussev, estime qu'aux Etats-Unis on commence à comprendre qu'une ingérence militaire dans le conflit syrien serait sans perspectives, bien que certains responsables politiques américains n'en tiennent pas compte.

    « Le comportement de l'élite politique des Etats-Unis est assez agressif. Les républicains poussent les démocrates, avec Barack Obama à leur tête, à instaurer la démocratie américaine en Syrie. La Russie, consciente qu’il est important de régler le conflit par des moyens politiques, a une position logique et constructive sur la Syrie. Cela parce qu'aucun Etat au monde ne doit s'ingérer d'une manière agressive dans les affaires intérieures d'un autre Etat. »

    Des experts font remarquer que l'initiative de la Russie sur le contrôle international des stocks d'armes chimiques en Syrie suscite un écho positif dans la société américaine et au sein de l'administration du président Obama qui ne brûlait pas d'envie de s'immiscer dans le conflit. Vladimir Poutine note dans son article que « personne ne remet en question le fait de l'utilisation d’agents toxiques en Syrie. Cependant toutes les raisons existent de croire que c’était le fait non pas de l'armée syrienne, mais des forces d'opposition, pour provoquer une intervention de ses puissants sponsors étrangers, qui se seraient alors retrouvés dans le même camp que les fondamentalistes. »

    Le directeur de l'Institut des Etats-Unis et du Canada, Sergueï Rogov, est convaincu que l’abandon par les Etats-Unis de l’idée d'une intervention militaire et la conjugaison des efforts visant un règlement politique du conflit syrien non seulement permettront d'éviter de nouvelles victimes au Proche-Orient, mais aussi profiteront aux relations entre nos pays.

    « Une occasion unique se présente de réaliser une percée et de résoudre le problème syrien par la voie politique. Cela changerait radicalement les relations russo-américaines si nous parvenions, sous l'égide de l'ONU, à prévenir conjointement l'utilisation de l'arme chimique en Syrie et procéder ensuite à son démantèlement. »

    L'expert souligne que la Russie et les Etats-Unis ont de grandes chances de mettre au point une position commune. Le fait que le président russe se soit adressé en direct à l'opinion publique américaine crée des conditions propices à un compromis. T



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