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    Sotchi 2014 dans la politique régionale et mondiale

    Sotchi 2014 dans la politique régionale et mondiale

    Photo: RIA Novosti
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    A l'approche des XXII Jeux olympiques de Sotchi qui s'ouvrent le 7 février 2014 certains spécialistes dans le domaine de la sécurité régionale et internationale sont enclins à accorder une attention élevée, peut-être même superflue, aux défis et problèmes auxquels la Russie peut être confrontée.

    La quasi-totalité des événements militaires et politiques dans la région du Caucase et dans les territoires attenants sont envisagés sous cet angle. Ainsi, l'inspection des troupes et les manoeuvres en mer Noire en mars 2013 ont été interprétés par les experts comme des scénarios de la défense de « l'axe Sotchi » avant les JO la qualifiant d'objectif militaro-politique majeur.

    En d'autres termes, les JO de Sotchi sont envisagés dans le contexte de la sécurité régionale dans le Caucase. Il s'agit, au fond, d'appliquer à la situation actuelle l'ancienne expérience de destabilisation dans la région. Les experts ne mentionnent pas ouvertement les événements d'août 2008 qui ont coïncidé avec le début des JO de Pékin, mais les parallèles sont évidentes.

    Jusqu'à ces derniers temps, la Géorgie exprimait activement son mécontentement par le fait que les préparatifs des Jeux étaient menés à proximité des territoires géorgiens « occupés ». Il est question de l'Ossétie du Sud agressée par la Géorgie le 8 août 2008 et de l'Abkhazie qui ont été reconnues par la Russie comme Etats indépendants peu de temps après ces événements. Le régime du président Saakachvili s'évertuait à obtenir que les Jeux de 2014 soient organisés dans un autre endroit, invoquant notamment le facteur de sécurité.

    La situation a changé après la victoire du parti Rêve géorgien aux élections législatives d'automne 2012. Le premier ministre Bidzina Ivanichvili a déclaré que la Géorgie devait participer aux Jeux olympiques et en mai 2013 le CNO géorgien a voté à l'unanimité pour l'envoi d'une équipe nationale à Sotchi.

    De l'avis de spécialistes, la détente dans les relations russo-géorgiennes n'est pas encore irréversible. A Tbilissi on entend toujours des voix appelant à attirer l'attention à la position de Géorgie sur l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud à l'occasion des JO. Les arguments sont primitifs : personne ne stigmatisera la Géorgie pour une telle démarche, tout le monde la comprendrait, mais si la Géorgie garde le silence la Russie décidera que sa politique est justifiée et exercera une pression encore plus forte sur la Géorgie. Néanmoins des actions du gouvernement géorgien traduisent la volonté de faire sortir de l'impasse les relations avec la Russie.

    Un autre facteur inquiétant de la sécurité régionale est la possibilité hypothétique de voir rebondir le conflit entre les Azéris et les Arméniens dans la zone du Haut-Karabakh. Les experts trouvent que cette zone peut être destabilisée par une aggravation – en attendant hypothétique – de la situation autour de l'Iran. L'ordre d'idée est suivant. Dans le cadre de la préparation d'une frappe contre les sites nucléaires iraniens, les Etats-Unis peuvent être intéressés à disposer d'une tête de pont dans le Caucase et, plus largement, dans la région de la mer Caspienne. De ce point de vue, le secteur méridional du littoral, c'est-à-dire le secteur d'Azerbaïdjan, est l'endroit le plus convenable. Les frictions entre Bakou et Téhéran sont notoires. D'une façon ou d'une autre, toute destabilisation liée à l'Iran concernera obligatoirement la région du Caucase.

    Il convient également de retenir que les Jeux de Sotchi sont préparés et se dérouleront au moment où la tension géopolitique s'accentue notablement entre la Russie et l'Occident. Depuis plus de 20 ans certaines forces utilisent le Caucase du Nord en tant que « levier » principal servant à destabiliser la Russie. En ce qui concerne le Caucase du Sud, ce corridor de transport eurasien est considéré comme un moyen de priver Moscou de ses avantages objectifs en matière d'extraction et de transport d'énergie.

    Enfin, tout permet d'envisager un regain d'activité, à la veille des JO, de différentes mouvances islamistes qui considèrent le Caucase du Nord comme un point d'application de leurs forces.

    Il va de soi que toutes les menaces susmentionnées, aussi bien réelles que pas tout à fait, demandent une approche préventive d'ensemble de la part de l'Etat russe. Des experts font des cojectures les plus variées, parfois exotiques mais nouvelles et originales.

    Le Caucase est une région des traditions, rappellent certains auteurs. Ces traditions se sont formées avant l'apparition dans la région du christianisme et de l'islam. Elles pénètrent le mode de vie et déterminent les normes morales et éthiques. Tout le monde connaît l'hospitalité caucasienne, le respect mutuel et l'honoration des personnes plus âgées. Si l'on essaie de combiner le contenu philosophique et culturel des Jeux olympiques de l'Antiquité avec la majestueuse tradition culturelle millénaire du Caucase, une telle symbiose dans le cadre du concept des Jeux de Sotchi ouvrira, peut-être, des possibilités nouvelles et supprimera des vieilles menaces.

    En d'autres termes, il est proposé de passer graduellement de la sécurité des Jeux concrets à la stabilisation de toute une région. La région que les Jeux de Sotchi présentent au monde en qualité de vecteur des traditions sacrées.

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