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    Les cartes de crédit des Européens dans le collimateur de la NSA

    Les cartes de crédit des Européens dans le collimateur de la NSA

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    L’Europe est sous le choc. Bruxelles et Strasbourg sont indignées par le comportement de la NSA qui surveillait les paiements internationaux des particuliers. Les experts estiment cependant que cette indignation finira par tourner court parce que l’UE est trop intéressée par la coopération avec les États-Unis pour se laisser entraîner dans un conflit réel.

    La surveillance des opérations financières était pratiquée par la division spéciale de la NSA Follow the money. Les documents des archives de Snowden montrent qu’elle contrôlait depuis 2010 les paiements internationaux par cartes de crédit effectués via les plus grands opérateurs dont Visa. L’opération avait pour but d’avoir accès aux transactions effectuées par les titulaires de ces cartes en Europe, en Afrique et au Proche-Orient. Les informations ainsi collectées étaient entrées dans une base de données spéciale qui comptait environ 180 millions de relevés en 2011. Les Américains se conduisent souvent suivant le principe

    « tous les coups sont permis en cas de besoin », estime l’ombudsman financier Pavel Medvedev :

    « Ils craignent les terroristes comme la peste après les événements tragique du 11 septembre et les mesures qu’ils ont prises depuis se sont avérées efficaces. Certaines d’entre elles étaient peu recommandables mais les juristes savent que la loi peut être enfreinte si son respect entraîne des conséquences bien plus terribles. »

    Les europarlementaires fulminent. Les sociaux-démocrates, les libéraux et même les fractions de gauche ont demandé la suspension de l’accord USA-UE sur le traitement et la communication des données sur les paiements par cartes bancaires dans le cadre du programme américain visant à identifier le financement du terrorisme. Leurs émotions sont parfaitement compréhensibles parce que les politiciens cherchent à flatter l’opinion publique qui est terriblement indignée, estime Pavel Sviatenkov, expert de la Fondation Perspective historique :

    « Cette indignation n’aboutira à aucune démarche réelle parce que l’Union Européenne est intéressée à la coopération avec les États-Unis. D’autre part, le fait que les services de renseignement se surveillent mutuellement et surveillent les gens du commun, n’a rien de nouveau. »

    Le scandale devient routinier : tout le monde sait ce qui se passe mais personne ne sait ce qu’il faut faire. C’est d’autant plus vrai que les États-Unis ne renonceront jamais à la possibilité de surveiller le monde entier. T


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