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    Afghanistan : liberté d’action et immunité pour les troupes US

    Afghanistan : liberté d’action et immunité pour les troupes US

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    Le sort du régime de Kaboul dépend beaucoup trop de Washington. Les experts estiment que l'inflexibilité apparente du président afghan au sujet des conditions du séjour ultérieur des troupes américaines dans le pays est un jeu.

    Les négociations entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le président de l’Afghanistan Hamid Karzaï tenues le week-end dernier, sont qualifiées d’échec dans les médias mondiaux. Mais ce n’est pas tout à fait juste, puisque les conditions de base de l’accord sur la sécurité entre Washington et Kaboul ont déjà été approuvées par le conseil national des doyens afghans.

    L’accord sur la sécurité stratégique prévoit le maintien dans le pays, après le retrait des forces internationales de l’ISAF en 2014 d’un contingent militaire américain de dix mille personnes pendant dix ans. Ces délais peuvent être prolongés. Dans les points stratégiques de l’Afghanistan, on prépare déjà neuf grosses bases américaines.

    Kerry et Karzaï n’ont pu s’entendre sur deux conditions, importantes pour les Etats-Unis. La première, c’est le droit des Américains de mener seuls des opérations spéciales sans concertation avec Kaboul. La deuxième, c’est l’immunité juridique pour les militaires américains dans le pays.

    Karzaï a dit aux négociations avec Kerry qu’une question aussi sérieuse devait être résolue par le peuple afghan représenté par le parlement et le conseil des doyens.

    Pour beaucoup, la rhétorique antiaméricaine est liée avec un marchandage politique que mène Kaboul avec Washington, selon l’expert du Centre d’étude de l’Afghanistan moderne Nikita Mendkovitch. En échange de la création des bases militaires dans la région, Kaboul essaie de gagner certains avantages.

    Il faut prendre en compte des élections présidentielles qui doivent avoir lieu en avril de 2014, a noté Mendkovitch dans une interview à La Voix de la Russie.

    « Puisque les Etats-Unis ont une position assez dure sur plusieurs questions, vu les états d’esprit antiaméricains en Afghanistan, Karzaï devra faire preuve pendant la période préélectorale d’une intransigeance plus grande à l’égard des Etats-Unis, les critiquer davantage, ce compliquera le processus des négociations. Je crois que l’Afghanistan a intérêt à accueillir dans le pays des troupes étrangères qui peuvent soutenir le régime dans la lutte contre les Talibans. »

    L'antiaméricanisme de façade de Hamid Karzaï et des autres politiques ne reflète pas les préférences géopolitiques réelles de l’élite afghane. On ne peut pas exclure que les ambitions politiques et personnelles puissent nuire au processus de négociations entre Kaboul et Washington. T

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