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    Nino Bourdjanadzé : les problèmes en suspens avec la Russie menacent la stabilité de l'Etat (Partie 2)

    Nino Bourdjanadzé : les problèmes en suspens avec la Russie menacent la stabilité de l'Etat (Partie 2)

    Photo: RIA Novosti
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    La présidentielle en Géorgie sera disputée par 23 candidats le 27 octobre. Nino Bourdjanadzé, candidate à la présidence géorgienne et chef du parti Mouvement démocratique – Géorgie unie, a accordé un entretien exclusif à La Voix de la Russie.

    Quelle sera la politique étrangère de la Géorgie si vous remportez la présidentielle ? Etes-vous disposée à améliorer les relations avec la Russie ?

    Bien sûr que oui. L'activité dans l'arène politique extérieure revêt pour moi une grande importance. Cela pour renforcer la sécurité et l'indépendance de la Géorgie, pour régler des problèmes. Ainsi, des problèmes en suspens dans les relations avec la Russie font peser une menace réelle sur la stabilité et un développement normal de l'Etat. Il est écrit noir sur blanc dans mon programme que le règlement des rapports avec la Russie est une des priorités. Il va de soi nous ne devons pas le faire au détriment des relations amicales avec les autres pays.

    Nous aurons des relations normales avec l'Occident, mais nous tenterons de faire en sorte que les relations russo-géorgiennes sortent de l'impasse. Nous nous attacherons à approfondir notre coopération sur la base de l'avantage mutuel. Je ne me fais pas d'illusion, je sais que nous ne pourrons pas le faire vite.

    J'ai rencontré le président Poutine, nous avons discuté de la quasi-totalité des problèmes russo-géorgiens. Je ne dirais pas que nos opinions convergent totalement, mais j'ai constaté l'envie de comprendre notre position et de trouver une sortie de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons. Aussi puis-je dire avec certitude que je pourrai mener des négociations compliquées, mais normales avec la Russie qui finiront par aboutir à des résultats positifs.

    Un règlement négocié du conflit avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud est-il possible ?

    L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sont les questions les plus douloureuses. Lorsque notre patriarche s'est rendu en Russie, il a dit à M. Poutine que l'Abkhazie et l'Ossétie étaient des plaies ouvertes sur le corps de la Géorgie. Je pense que nous avons la possibilité et la chance de régler les relations, parce que nous avons une longue histoire de rapports positifs. Nous devons mener un dialogue direct avec les Abkhazes et les Ossètes et je le ferai obligatoirement. Il faut rétablir la confiance entre nos peuples, les ponts qui ont toujours existé entre nous. Si la Russie est du moins neutre, nous saurons régler ces problèmes.

    Ce serait une grande percée si la Russie jouait en effet un rôle de pacificatrice dans le règlement de ces conflits. Cependant ce sont les Géorgiens, les Abkhazes et les Ossètes qui ont le dernier mot, parce que c'est à nous de nous entendre. Je pense que les Akhazes et les Ossètes partiront des intérêts de leur peuple et que les Géorgiens doivent leur montrer que notre union et le règlement du conflit sont dans ces intérêts. Pour ce qui est de la Russie, nous devons lui montrer qu'il est dans son intérêt d'avoir les relations de bon voisinage avec une Géorgie unie et non pas divisée ou hostile.

    Peut-on rétablir les rapports diplomatiques entre la Russie et la Géorgie sans régler cette question ?

    Avec ou sans rapports diplomatiques, nous devons mener un dialogue et un processus de négociations à part entière avec la Russie au niveau le plus élevé. J'en suis absolument convaincue.

    Vous êtes considérées comme une femme politique pro-russe. Est-ce que cela va vous empêcher pendant les élections ?

    Qu'entendez-vous par femme politique pro-russe ? La femme qui veut avoir les relations normales avec la Russie ? Pour moi, le plus important c'est l'intérêt de la Géorgie. Il est dans l'intérêt de mon pays d'avoir des relations normales avec la Russie, exemptes des difficultés qui existent. Tous ceux qui me soutiennent me considèrent comme une femme politique pro-géorgienne et non pas pro-russe, pour laquelle les intérêts de son Etat priment sur le reste. On m'a qualifiée de traîtresse pour être venue à Moscou, pour avoir serré la main à Poutine et m'être entretenue avec lui. Mais je m'occupe de la politique, je suis patriote et pour moi il est plus important de savoir ce qu'on dira de moi dans une vingtaine d'années.

    Est-il difficile d'être femme dans la politique géorgienne ?

    Je ne sais pas s'il est difficile d'être femme dans la politique des autres pays. La politique est une chose difficile, parce que les principes qui sont les miens compliquent la vie, en général, et d'autant plus dans la politique. Je pense que l'homme doit répondre de ses paroles et des ses actes. Il faut être honnête, ce qui est difficile dans la politique. C'est difficile dans la vie, mais surtout dans la politique. Je ne suis pas enchantée par les méthodes utilisées par les hommes politiques géorgiens.

    Nino Bourdjanadzé de quoi s'occupe-t-elle outre la politique ?

    Pour le moment, de rien : il ne me reste plus de temps. D'habitude j'aime lire et je lis toujours au moins quelques pages avant de m'endormir. Mais pas au cours du dernier mois et demi. J'aime le théâtre et les théâtres de Moscou me manquent. J'aime la musique classique. En hiver, j'aime faire du ski. J'aime les fleurs, les chiens, parfois faire la cuisine. Mais vous comprenez que pour cela il me reste très peu de temps.

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