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    « Allo USA, comment me recevez-vous ? »

    « Allo USA, comment me recevez-vous ? »

    © Photo : Flickr.com/AfghanistanMatters/cc-by
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    « Allo USA, comment me recevez-vous ? » Tel est le titre ironique de l’article publié récemment par le Tageszeitung allemand et consacré aux perspectives de la future mission de l’OTAN en Afghanistan après le retrait des forces de la coalition internationale prévu en 2015. Or, les atermoiements de la partie afghane lors des négociations sur l’accord bilatéral américano-afghan n’arrangent guère les choses, notamment le problème de l’immunité juridique des militaires du futur contingent US en Afghanistan constitue une pierre d’achoppement. A leur tour, les alliés européens attendent, selon le journal, le signal du grand frère pour prendre leurs propres décisions.

    La détermination du statut des militaires allemands en Afghanistan dépendra de celui des militaires américains. Philip Hammond, homologue britannique de de Mezière, a également exprimé l’espoir que la nécessité de l’accord répondait aux intérêts de toutes les parties.

    La lourde machine militaire et bureaucratique de l’OTAN continue cependant de progresser vers les objectifs fixés. Le Spiegel allemand a publié un document confidentiel de 24 pages intitulé « Analyse de planification stratégique » (Strategic Planning Assessment) adopté à la récente rencontre des ministres de la défense de l’OTAN à Bruxelles. Il y est justement question de la future mission de l’Alliance dans la région de l’Hindou Kouch...

    L’évolution de la situation actuelle est le point le plus intéressant de ce document. Ses auteurs sont pessimistes et ne voient aucun changement en mieux. « Aussi, le document propose-t-il aux membres de la nouvelle mission d’assurer la protection de leurs conseillers militaires par leurs propres moyens. La réalité de la nouvelle mission de l’OTAN dépend de la partie afghane », résume le Spiegel. Thomas Ruttig, coprésident du centre analytique international (Think Tank) a également mis en doute la réalité de la nouvelle mission dans son entretien avec la Voix de la Russie :

    « Il n’y pas de décision officielle sur la nouvelle mission de l’OTAN après 2014 et aucun mandat ad hoc n’existe, a précisé Ruttig. Dès lors, il est impossible de dire de quoi elle aura l’air. Il faut également ajouter que d’autres contingents militaires seraient présents en Afghanistan mais on ignore en quoi consisteront leurs missions. »

    Dmitri Danilov, directeur du département de sécurité européenne de l’Institut de l’Europe, estime que la situation qui s’est actuellement crée dans l’Hindou Kouch, est assez embrouillée :

    « Les scénarios négatifs peuvent se déclencher rapidement et de façon imprévisible.

    C’est pour cette raison que les autorités afghanes cherchent, naturellement, à obtenir le maximum de garanties pour se ménager des voies de retraite. Par contre, les États-Unis ont une marge de manœuvre assez limitée. Les difficultés dans les rapports avec les partenaires et les problèmes internes empêcheront vraisemblablement Obama de prendre des décisions qui s’écarteraient des repères déjà fixés. »

    Et, pendant ce temps, l’arbitraire de la police locale à l’égard de ses concitoyens et les attaques des militaires afghans contre leurs « compagnons d’armes » occidentaux, règne comme par le passé en Afghanistan, alors que les Européens attendent le «signal » de leur grand frère de l’Otan. T

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