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    Le « lion » européen allait rugir. S’est-il ravisé ?

    Le « lion » européen allait rugir. S’est-il ravisé ?

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    Lors d'un évènement organisé par la faculté des hautes études internationales de l'Université John Hopkins et l'ambassade de l'UE à Washington, Viviane Reding, vice-président de la Commission Européenne en charge de la justice, s’est exprimée contre l’introduction du sujet de protection des données personnelles dans les négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) entre l’UE et les Etats-Unis.

    Cela veut dire que l’UE ne veut pas en fait nuire à l’éventuel traité et ne va pas soulever à ce propos la question de surveillance électronique, pratiquée par l’Agence nationale de sécurité (NSA) des Etats-Unis. Comme l’a raconté dans son interview à La Voix de la Russie le dirigeant de l’indépendant Centre de la protection des données personnelles à Kiel allemande Dr Thilo Weichert, se référant à des collègues de la Commission Européenne et du Parlement Européen, certains milieux n’ont pas du tout intérêt à adopter un règlement européen plus rigoureux sur la protection des données personnelles. Le rôle des lobbies des Etats-Unis y est de même grand, selon M. Weichert. Et pas seulement appuyant les intérêts de géants informatiques sur Internet et des sociétés commerciales, mais aussi l’administration américaine.

    « Tu rugis bien, lion, - aurait-on pu remarquer à l’adresse de l’Europe, écrit avec ironie la revue politique allemande Cicero. – C’est ce qu’on a du moins cru à un certain moment avant le sommet de l’UE à Bruxelles. Surtout lorsque Mme Merkel a lancé cette phrase aux journalistes : « Espionner des amis est inadmissible ! ». Mais le lion n’a pas rugi. Il n’a même pas bougé. Il n’a que cillé, pas plus ». Comme la revue l’a résumé, le scandale avec les écoutes du portable d’Angela Merkel aurait pu accélérer l’adoption d’un nouveau Règlement sur la protection des données personnelles. Mais il ne l’a pas fait et il est peu probable qu’il le fasse.

    Par quoi doit-on expliquer un tel pessimisme ? Par une exagération de journaliste ? Non, a répondu par téléphone à notre correspondant le dirigeant de l’indépendant Centre de la protection des données personnelles à Kiel allemande Dr Thilo Weichert.

    Hélas, ce n’est pas une exagération. C’est une évaluation bien réaliste, bien que pas définitive. Il est question d’un système juridique fondamental de protection des données personnelles, dont le projet a été approuvé à l’unanimité le 21 octobre à la réunion du comité pour les questions intérieures et juridiques du Parlement Européen. Alors que le gouvernement fédéral s’est rangé du côté de la Grande-Bretagne et de la Hongrie, cherchant à bloquer le dit projet. Et avec cela l’argumentation de la partie allemande est particulièrement cynique - l’Allemagne aurait assuré le plus haut standard en matière de protection des données, tandis que l’UE pourrait le miner.

    On n’a pas à s’attendre aux perspectives de changement des approches de la Maison Blanche de la vie privée des citoyens – européens, comme les siens. C’est ce que considère du moins le directeur adjoint de l’Institut de l’analyse politique et militaire, Alexandre Khramtchikhine.

    « Je pense qu’une atteinte au droit à la vie privée de toute façon aura lieu, - dit l’expert. – S’il y a une possibilité technique de contrôler et de surveiller, elle sera mise en œuvre. Personne ne l’interdira et n’y renoncera. On ne saura lutter contre cela que par des méthodes techniques, et non avec des déclarations politiques. »

    Il est difficile de comprendre que le projet de réforme cardinale du règlement sur la protection des données personnelles soit mis en sommeil, écrit la revue Cicero. « Le lion a bondi et s’est laissé choir sur le plancher, en s’aplatissant comme une carpette », conclut l’édition.

     

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