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    Est-il possible de réformer la NSA ?

    Est-il possible de réformer la NSA ?

    © Collage : La Voix de la Russie
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    Barack Obama a promis de ne plus écouter les conversations téléphoniques du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, dont les sièges se trouvent à Washington. Le président US a ordonné à la NSA de se déconnecter des lignes de ces deux principales institutions financières internationales. La Maison Blanche n'a pas toutefois communiqué depuis combien d'années durait la surveillance.

    Cela peut  paraître étonnant, mais les responsables de l'administration n'emploient pas les verbes au passé lorsqu'ils parlent de la NSA. Ils n'utilisent que le présent ou le futur, comme si le scandale d'espionnage de l'agence n'avait pas eu lieu. La Maison Blanche insiste sur des réformes radicales qui devraient affecter l'agence d'espionnage électronique. Ses adversaires croient que cela se réduira à des retouches cosmétiques.

    La commission du renseignement du Sénat a approuvé un projet de loi sur la réforme de la NSA. Le document prévoit l'interdiction d'intercepter massivement des communications téléphoniques et des courriels. La collecte de données sur ces communications n'est autorisée que sous certaines conditions. Pourtant ces « conditions » seront définies par les représentants de l'agence elle-même. Les adversaires du projet au Sénat préparent leur propre projet interdisant la surveillance massive et n'autorisant que de rares interceptions ayant un fondement juridique rigoureux.

    Quant à la Maison Blanche, il paraît qu'elle passe à la contre-offensive, en tenant des propos d'après lesquels la NSA n'aurait rien fait d'extraordinaire mais qu'elle aurait légèrement franchi la barre servant de fil rouge aux représentants de l'administration. Selon eux, les médias ont fait éclater un scandale qui dénature les faits. C'est notamment ce qu'a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry au cours d'une conférence vidéo lors du sommet international Open government à Londres. « Nous avons réussi à prévenir des chutes d'avions, des explosions de maisons et des meurtres puisque nous avons appris ces projets à l'avance », a-t-il déclaré.

    « Je tiens à vous assurer que les droits des innocents n'ont pas fait l'objet d'abus. Nous ne faisons que collecter des informations. Je suis d'accord que parfois, nous sommes allés trop loin, de façon exagérée. Aussi le président se propose-t-il d'éclaircir la situation. On passe en revue nos actions pour que les droits de chacun ne soient pas dévoyés ».

    Néanmoins, M. Kerry n'a cité aucun exemple concret de prévention des attentats terroristes grâce à l'espionnage global de la NSA.

    L'avocat, blogueur et journaliste Glenn Greenwald, le premier à avoir publié les révélations d'Edward Snowden, estime que de tels exemples n'existent pas. Il a rappelé que les services secrets des Etats-Unis ne sont même pas parvenus à prévenir l'attentat de Boston du 15 avril. Selon lui, la NSA est passionnée par la collecte de données pour le plaisir du processus. Elle en a amassé tant que cela est devenu contre-productif. Greenwald compare la situation aux recherches d'aiguilles dans une fabrique d'aiguilles dont les locaux sont remplis de foin :

    « Plus les informations sur les gens innocents collectées par la NSA sont nombreuses, plus contre-productive devient son activité. Plus minces deviennent ses possibilités de prévenir des attentats terroristes. Ils ont collecté tant d'informations qu'ils ne savent plus ce qu'ils ont. Ils ne sont plus en mesure de la traiter, de synthétiser des milliards d'unités d'information et d'en tirer des conclusions indispensables ».

    La possibilité de réformer l'appareil de la NSA est une grande question. Personne ne s'attend certes à ce que la réforme de la NSA soit radicale : nul pays ne se livre à de telles réformes des services de renseignement. Pourtant il est tout à fait possible de mesurer ses appétits et ses activités incontrôlées de la part de l'administration. Ceci à condition d'avoir de la volonté politique. Il est difficile de dire jusqu'où iront ces réformes. Car c'est l'administration d'Obama qui a embrayé le pilote automatique pour la NSA. Selon le service d'études du Congrès américains, à la fin des années 1990, les sommes assignées au renseignement (CIA, Pentagone, NSA, département d'Etat et autres) s'élevaient à 25-30 milliards de dollars. Maintenant, elles ont presque triplé pour atteindre 78 milliards. Il est difficile de s'arrêter net ayant un tel financement.   N

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